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Développement du secteur public

Quelles sont les Sources de la Corruption ?

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Dans un précédent blog j’ai évoqué les facteurs qui concourent à faire de la corruption un sujet désormais central dans les débats autour de ce qui constitue une gestion économique saine. L’origine de la corruption est un aspect connexe : d’où vient-elle, de quoi se nourrit-elle et comment est-elle devenue cet obstacle à un développement économique durable ?

Les économistes semblent d’accord sur un point : l’apparition de pratiques corrompues est liée aux attributs d’un État en matière de répartition des richesses. Pour le meilleur ou pour le pire, l’État a pris une place grandissante dans l’économie au cours des 100 dernières années : en 1913, les 13 plus puissantes économies du monde (qui assuraient l’essentiel de la production mondiale) affichaient un rapport dépenses publiques/PIB d’environ 12 %. En 1990, ce rapport était passé à 43 % et, dans bien des cas, il dépassait les 50 %. Cette montée en puissance est associée aux multiples avantages découlant du contrôle de l’État mais aussi aux différentes solutions dont dispose un État pour imposer des coûts sociaux. Même si omniprésence étatique ne rime pas toujours avec corruption généralisée — les pays nordiques le montrent bien — il faut reconnaître que plus les interactions entre fonctionnaires et citoyens sont nombreuses, plus les occasions pour les seconds de vouloir graisser la patte aux premiers (pour bénéficier d’avantages indus ou pour s’affranchir de responsabilités ou de coûts qui leur incombent) augmentent.

La Corruption est un Sujet moins Tabou Aujourd’hui qu’il y a Vingt-cinq ans. Pourquoi ?

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Pour ceux d’entre nous qui nous sommes intéressés à la corruption pendant l’essentiel de notre carrière, le constat est évident : quelque chose s’est passé au tournant des années 1990 dans la manière dont la communauté du développement envisageait la corruption et son impact sur le processus de développement. L’évolution a d’abord été timide : la réticence à aborder une question dont on pensait qu’elle débordait largement dans la sphère politique a persisté tandis qu’il était toujours plus question de l’importance de la « bonne gouvernance » pour un développement réussi. Comment expliquer un tel changement ? La première raison qui vient à l’esprit, c’est la chute du mur de Berlin et l’effondrement consécutif de l’économie planifiée, longtemps considérée comme une alternative viable à l’économie de marché. Personne n’en doutait : la faillite de la planification ne devait rien à des politiques monétaires inadaptées mais tout aux manquements généralisés des institutions, parmi lesquels un cocktail délétère fait d’autoritarisme (et donc d’impunité) et de corruption.

Des subsides en liquide !

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Un excellent article (a) est paru cette semaine dans le journal The Economist sur la pertinence, pour la lutte contre la pauvreté, des transferts en espèces (conditionnels ou non) versés aux plus démunis. Disant de cet article qu'il s'agissait sans doute du « meilleur traitement journalistique de ce sujet », Chris Blattman (a), l'un des chercheurs dont les travaux ont apporté de l'eau à ce moulin, souligne avec regret le fait que ce genre de papier ne suscite généralement aucun intérêt de la part du comité Pulitzer. Quoi qu’il en soit, l’idée en question présente un immense potentiel pour changer les choses.

Transferts de fonds - réduire la pauvrete actuelle et futureIl est établi (a) depuis un certain temps que les allocations versées aux parents à la condition qu’ils envoient leurs enfants à l'école ou chez le médecin améliorent concrètement les résultats en matière de santé et d'éducation. Plus récemment, des études (a) ont montré que les transferts en espèces non conditionnels pouvaient avoir les mêmes effets. Les travaux (a) de Chris Blattman démontrent qu'il est financièrement plus fructueux de donner de l'argent aux jeunes inactifs pour qu’ils développent un projet plutôt que d'utiliser ces fonds pour leur proposer des cours de formation professionnelle.