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S’engager en faveur de la petite enfance, socle de la croissance

Marlyse Douala Bell's picture
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165 millions d’enfants de moins de cinq ans dans le monde souffrent d’un retard de croissance. #NutritionPourTous


J’ai pris conscience des problèmes insidieux de la malnutrition dans mon pays en 2013, lors d’un séminaire parlementaire organisé par l’UNICEF. J’y ai appris que 32 % des enfants de moins de cinq ans au Cameroun souffraient d’un retard de croissance. En d’autres termes, un enfant sur trois âgé de moins de cinq ans est victime de ce fléau. Aujourd’hui, je connais les effets dévastateurs de la malnutrition sur la santé des familles, des enfants et des adolescents et, par voie de conséquence, sur le développement de mon pays. En tant que parlementaire, j’ai œuvré pour améliorer la santé de mes concitoyens et mettre en place un système d’assurance maladie qui garantit une meilleure couverture santé des enfants et des jeunes les plus vulnérables. Il s’agit là de problématiques auxquelles nous sommes confrontés au quotidien dans mon pays, et j’ai été surprise d’entendre qu’elles étaient mises en avant par le président du Groupe de la Banque mondiale lorsque je me suis rendue à Washington pour assister aux Réunions de printemps de l’institution.  

À l’occasion de la récente Conférence parlementaire mondiale qui a réuni à Washington plus de 200 parlementaires, Jim Yong Kim a insisté sur la nécessité d’investir dans les premières années de la vie d’un enfant pour prévenir les retards de croissance. Le défaut d’apport de nutriments adaptés pendant la petite enfance est à l’origine de cette forme de malnutrition chronique qui peut entraîner un mauvais développement physique et cognitif, affecter la santé et les résultats scolaires des enfants et, finalement, entraver leurs capacités de travail et leur productivité à l’âge adulte. À cette même occasion, j’ai aussi pris part à une réunion de parlementaires qui m’a permis de discuter et d’échanger des idées et des outils avec d’autres élus préoccupés par ces questions, dans le but de les exploiter de retour dans nos pays respectifs et d’intensifier ainsi les efforts entrepris pour stimuler les investissements dans le potentiel des générations futures.

Enfin, j’ai participé au débat Le défi de la nutrition : libérer le potentiel humain et la croissance économique, coorganisé par le Groupe de la Banque mondiale et le département britannique du Développement international (DfID). Au cours de cette manifestation, pendant laquelle un panel de ministres et de hauts dirigeants ont exposé les actions de leurs pays pour renforcer la lutte contre la malnutrition, j’ai eu le privilège de m’exprimer au nom d’un groupe de parlementaires engagés dans la promotion des investissements dans la petite enfance, et de rendre public notre engagement en faveur de la lutte contre la malnutrition :

« Nous, parlementaires signataires, nous sommes réunis le 19 avril à la Banque mondiale. Cette rencontre a été organisée en raison de notre profond intérêt pour les questions intimement liées de la santé, de l’éducation et de la nutrition des enfants de nos pays, ainsi que pour les retombées de ces questions sur la croissance de nos économies nationales. Nous avons décidé de formaliser un groupe mondial de parlementaires pour promouvoir l’investissement dans la petite enfance. Au cours des années à venir, nous allons : 

  1. rencontrer les ministres et les commissions parlementaires des Finances de nos pays afin de promouvoir la hausse des investissements dans la petite enfance et la nutrition dans le cadre d’une ligne budgétaire dédiée ;
  2. élargir nos partenariats avec les parlementaires à l’échelle nationale et régionale pour mieux partager les expériences fructueuses et les bonnes pratiques ;
  3. lancer, à l’échelle mondiale et locale, des campagnes de sensibilisation dans les médias traditionnels et les réseaux sociaux pour mieux sensibiliser nos concitoyens ;
  4. exploiter les possibilités de financements supplémentaires en faveur de la nutrition et de la petite enfance auprès de tous les bailleurs de fonds, y compris le Groupe de la Banque mondiale.

Nous espérons que lors du prochain Sommet sur le capital humain, en octobre, nos efforts se concrétiseront par des engagements de la part de nos ministres des Finances respectifs, des chefs d’État et du Groupe de la Banque mondiale. »

Nous sommes convaincus que les parlementaires doivent aussi agir aux côtés des gouvernements, du secteur privé, des médias et des communautés. Dans mon pays, différents instruments ont été mis en place pour renforcer la lutte contre la malnutrition, notamment la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans, l’amélioration des pratiques d’alimentation des nourrissons et une collaboration intersectorielle qui rassemble les ministères de la Santé, de l’Agriculture, de l’Éducation, de la Promotion de la Femme et de la famille, et des Affaires sociales. Je vais poursuivre mon action dans ce sens à mon retour au Cameroun. Je compte rencontrer le président de l’Assemblée nationale, des représentants de la commission du budget et le ministre des Finances afin d’augmenter les financements et de créer une ligne budgétaire dédiée à la lutte contre la malnutrition.

Nous savons que des investissements avisés dans la santé et le développement des enfants contribuent à créer des communautés plus fortes, en meilleure santé et plus actives. Des interventions à la fois très efficaces et rentables sont possibles et offriront un rendement élevé pour l’économie à long terme du Cameroun, tout en améliorant la vie productive de nos concitoyens. En tant que parlementaire, je suis préoccupée par leur santé et leur bien-être. Je suis convaincue qu’investir dans la santé et le développement des enfants contribue à créer des communautés plus fortes, en meilleure santé et plus actives. En rentrant au Cameroun, je suis déterminée à me battre pour éradiquer les retards de croissance dans le pays. Et je sais que mes pairs dans plus de 20 pays du monde entier, membres du groupe « Parlementaires pour l’investissement dans la petite enfance », vont aussi œuvrer au renforcement des engagements de leurs pays et qu’ils pourront les annoncer lors du prochain Sommet sur le capital humain. Nous devons nous souvenir que l’union fait la force. C’est pourquoi nous devons tous agir, ensemble, pour investir dans ce qui constitue le socle de la croissance et du développement : nos enfants.