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À quoi ressemblerait un Partenariat mondial pour une révolution des données ?

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//openclipart.org/detail/168029Le programme pour l’après-2015 fera la part belle aux données probantes. La nécessité de « financer ce qui donne des résultats » fait son chemin et les décideurs sont avides de données de meilleure qualité pour concevoir les interventions et suivre les performances. Le Groupe de personnalités de haut niveau chargé d’étudier le programme de développement pour l’après-2015 appelle sans ambigüité à une « révolution des données » dans le monde.
 
Une révolution a besoin de révolutionnaires pour exister (voici quelques-uns des pionniers en matière de statistiques). Mais comment fédérer des groupes du monde entier, dans toute leur diversité ? Le Groupe recommande la constitution d’un « Partenariat mondial pour les données sur le développement ». Dites-moi ce que vous en pensez.

Accélérer la cadence pour améliorer le volume, la qualité, la disponibilité et la facilité d’emploi des données

Ce partenariat aurait vocation à galvaniser les efforts de la communauté internationale en matière de quantité, qualité, disponibilité et facilité d’emploi des données. Autrement dit, il s’intéresserait aux failles du marché qui entraînent des lacunes dans l’emploi et la couverture des données dans les pays en développement, en faisant de ces questions une problématique prioritaire d’actualité et en réunissant les ressources et l’expertise nécessaires pour s’y atteler.

Un vaste réseau ouvert à tous et réactif aux nouvelles tendances

Ce réseau se distinguerait par la diversité des profils mobilisés et des activités engagées. Les membres du partenariat — gouvernements, bureaux nationaux de statistique, bailleurs de fonds, ONG mondiales et locales, instituts universitaires et de recherche, secteur privé et autres — seront nécessairement divers pour s’adapter aux avancées rapides de la technologie et des statistiques mais aussi aux fournisseurs et aux utilisateurs de données. Le réseau devra investir dans la recherche et préserver une certaine flexibilité pour rester en phase avec les idées et tendances émergentes.
Du fait de ces deux impératifs d’ouverture à tous et de plasticité, mais aussi de l’action attendue sur le plan de la sensibilisation et de la concertation, le partenariat prendra idéalement la forme d’un maillage de groupes de travail, fédérés par un secrétariat allégé dont la mission consistera à favoriser la collaboration virtuelle et les rencontres, l’information du public et la restitution lors de sommets de haut niveau ou d’autres manifestations de ce type.

Diagnostics et suivi au service de la définition d’objectifs

Un diagnostic d’évaluation de l’avancement statistique des pays, portant sur quatre ou cinq domaines majeurs, permettra dans un premier temps d’informer les travaux et de définir les objectifs. Ce diagnostic pourra s’intéresser aux aspects suivants :

Groupes de travail et sources de financement pour combler les lacunes statistiques

Au départ, des groupes de travail seront constitués autour de chacune des problématiques identifiées. Auto-organisés et fondés sur l’intérêt mutuel, ces groupes conjugueront judicieusement les capacités, afin de trouver des solutions aux diagnostics posés. Plusieurs thématiques seront initialement proposées mais l’évolution se fera en fonction des besoins. Tous les membres du partenariat ne seront pas obligés de s’atteler à chacune des problématiques identifiées.

Dans la mesure du possible, le partenariat fournira une source commune de financements, adaptés à la nature des problèmes à résoudre. En plus des outils existants d’appui à la production, l’emploi et l’accessibilité des données, le partenariat pourrait proposer :

  • des instruments permettant de concentrer les investissements dans les données (utiles pour définir rapidement des critères de référence) ;
  • des fonds d’« incitation » alloués en fonction de l’étape de diagnostic. Le partenariat pourrait ainsi organiser des concours internationaux pour recueillir des idées face à des problématiques prioritaires et financer ensuite la mise en œuvre des propositions ou résultats les meilleurs ;
  • des fonds d’« innovation » pour catalyser les recherches sur le meilleur emploi possible de sources de données alternatives, à mesure que celles-ci se généralisent dans les pays en développement.

Mettons-nous au travail !

Ce partenariat fonctionnera-t-il ? Difficile à dire. D’où la nécessité d’en tester le principe par des initiatives expérimentales. Nous pourrions commencer par une rapide évaluation de quelques problématiques dans certains pays, puis mettre en place des groupes de travail pilotes pour réfléchir à des moyens de combler les lacunes, en cherchant des exemples de solutions efficaces ailleurs (dans un contexte identique), afin de les appliquer. À mesure que nous identifierions de nouvelles formes de collaboration efficaces, les problèmes pris en compte pourraient être plus nombreux.

Alors, vous sentez-vous l’âme d’un révolutionnaire des données ? Pensez-vous pouvoir contribuer à lancer le mouvement ?

Le 10 octobre, suivez la discussion retransmise en ligne sur le Cadre de développement mondial post-2015 (a).

(a) indique un lien vers une page en anglais.

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