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Espagne

Décrypter la crise des réfugiés syriens grâce à des données en libre accès

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Décrypter la crise des réfugiés syriens grâce à des données en libre accès« Réfugiés ». « Demandeurs d’asile ». « Migrants ». « Personnes déplacées à l’intérieur de leur pays ». Telles sont les expressions du moment, pour les Syriens comme pour les journalistes. D’où ma curiosité : avons-nous des données pour mieux cerner la question ? Étant donné que je travaille au département de la Banque mondiale en charge de l’Initiative pour le libre accès aux données, j’ai écumé le web en quête de données susceptibles de nous aider.

Chacun des termes mentionnés ci-dessus décrit un mode particulier de déplacement de population, tous difficiles à quantifier mais parfaitement visibles en Syrie, du fait du conflit qui déchire le pays. Les réfugiés doivent partir s’ils veulent protéger leur vie ou leur liberté politique. Les demandeurs d’asile attendent l’acceptation officielle du dossier leur reconnaissant un statut de réfugiés. Les migrants internationaux passent d’un pays à l’autre (en général en quête de débouchés économiques même s’il peut aussi s’agir de réfugiés). Quant aux personnes déplacées à l’intérieur de leur pays, elles ont fui leur maison sans pour autant franchir la frontière.

Les taux de mortalité chez les moins de cinq ans ont été divisés par deux depuis 1990, mais c’est insuffisant pour atteindre la cible de l’OMD 4

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De nouvelles estimations de la mortalité des enfants sont publiées aujourd’hui par le Groupe inter-agence pour l’estimation de la mortalité infanto-juvénile de l’Organisation des Nations Unies (UN IGME) : elles montrent qu’à l’échelle mondiale, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de 47 % depuis 1990, passant de 90 décès pour 1 000 naissances vivantes en 1990 à 48 en 2012. Cette diminution constitue un progrès substantiel, mais son rythme reste insuffisant pour que l’on puisse atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement 4 (OMD 4), à savoir une réduction de deux tiers de ce taux de mortalité entre 1990 et 2015.
 
Néanmoins, si l’on examine ces données de plus près, il apparaît que les tendances moyennes ne rendent pas compte de l’accélération du recul enregistré ces dernières années : entre 1990 et 1995, ces taux ont diminué de seulement 1,2 % par an, alors qu’entre 2005 et 2012, la réduction annuelle moyenne est ressortie à 3,9 %. Ces récents progrès amènent à un rythme moyen proche de celui nécessaire pour être « en bonne voie » d’atteindre l’OMD 4, puisque cet objectif nécessite que la mortalité des enfants de moins de cinq ans baisse d’au moins 4 % par an. 

C’est en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne que les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans sont les plus élevés

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