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L’éducation : une priorité de développement à l’échelle mondiale, régionale et nationale

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L’éducation figure au premier plan des objectifs de développement durable que se sont fixés les Nations Unies et qui vont guider le programme d’action mondial pour le développement à l’horizon 2030. C’est aussi le thème qu’a choisi la Banque mondiale pour sa prochaine édition du Rapport sur le développement dans le monde. La Banque sonde par ailleurs régulièrement le point de vue d’experts en développement dans le monde entier et, systématiquement, l’éducation s’impose comme un aspect central du développement.

Dans le cadre d’un programme d’enquêtes dédié, la Banque mondiale a ainsi interrogé, ces cinq dernières années, plus de 25 000 leaders d’opinion dans le champ du développement, dans la quasi-totalité de ses pays clients, en tous points du globe. Certains pays ont été sondés à deux voire trois reprises sur la période 2012-2016.
Des représentants des autorités nationales et locales, des agences bilatérales et multilatérales, des médias, du monde universitaire, du secteur privé et de la société civile de pays en développement ont été sollicités pour répondre entre autres à cette question : « Quelle est la priorité de développement majeure dans votre pays ? » [1].

À l’échelon mondial, l’éducation s’impose comme l’une des deux priorités majeures de développement, toutes régions confondues, alors que 57 millions d’enfants dans le monde demeurent non scolarisés [2].

Pourcentage et nombre de leaders d’opinion par région pour lesquels l’éducation est une priorité de développement absolue (123 pays en développement, 2012-2016).

 

Au niveau régional, après examen des données relatives à l’Afrique subsaharienne, un territoire où plus de la moitié des enfants ne vont pas à l’école [3], on constate que l’éducation figure parmi les trois premiers secteurs de développement prioritaires chez les experts en développement de 30 pays sur les 44 sondés.
 

Pourcentage de leaders d’opinion pour lesquels l’éducation figure parmi les trois premiers secteurs de développement prioritaires (par pays, dans 44 pays d’Afrique subsaharienne, 2012-2016).


Analysons maintenant plus en détail les données recueillies au plan national. Comme en République démocratique du Congo (RDC), par exemple, où l’on estime que 50 % des enfants en âge de fréquenter l’école primaire et non scolarisés vivent dans des zones touchées par un conflit [4]. Là, l’éducation est considérée comme essentielle au développement du pays par la majorité des partenaires de développement, des parlementaires et des hauts responsables politiques, ainsi que par une partie importante des acteurs issus du secteur privé et des milieux universitaires.
 

Pourcentage de leaders d’opinion en RDC pour lesquels l’éducation est une priorité absolue de développement, par catégorie d’acteurs (nombre de répondants : 317, 2016).

Les personnes qui ont consulté le portail du Groupe de la Banque mondiale entre 2015 et 2016 semblent également corroborer cette priorité. Les résultats des sondages effectués auprès de ces internautes font en effet apparaître que l’éducation est considérée comme la priorité de développement absolue chez les répondants de pays donateurs (4 687 personnes) et comme la deuxième priorité de développement chez ceux issus de pays en développement (2 804 personnes).
 
[1] Dans l’enquête, la question est posée dans les termes suivants : « Vous trouverez ci-dessous une liste de priorités de développement pour la RDC. Veuillez identifier celles qui vous paraissent les plus importantes (en limitant votre choix à TROIS priorités) » ; le questionnaire propose 35 secteurs : éducation, santé, transport, agriculture, etc.

Commentaires

Soumis par Assogba Kokou le

Enquête bien effectuée mais il faut pas s'arrêter sur les indices il faut mettre les moyens pour atteindre les objectifs qu'on consignera dans les priorités pour chaque Etat vue que certains pays prennent la vision 2030 comme étant facultatif

Soumis par Jack BANTU le

Pourquoi le secteur reste-t-il sous financer ? L’éducation est sous budgétisée en dans beaucoup de pays comme la RD Congo. Théoriquement, il y a des montants fantaisistes alloués au secteur, mais qui ne sont jamais libérés. Les systèmes éducatifs reposent sur des programmes scolaires datant de l’époque colonial et produisent des cadres qui ne répondent pas au besoin du marché. Le personnel enseignant qui en constitue le socle vit sous le seuil de la pauvreté. Pas de système d’évaluation cohérant et régulier pour mesurer l’impact et recadrer les choses. Comment ce développent se concrétisera tant qu’il n’ y a pas de jalons visible pour faire marcher le système ?

Soumis par LOVENOU Comlan Gérard le

Comment financer de façon efficiente et efficace cette éducation? Au Bénin par exemple,la gratuité des frais de scolarité au primaire et aux filles au secondaire, a créé une croissance sans cesse des effectifs. En conséquence, il y a insuffisance des infrastructures scolaires, manque d'enseignants en quantité et en qualité. Vous pouvez aussi tirer les autres conséquences.C'est quelques raisons de ma question.

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