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Pour des données probantes de meilleure qualité sur les violences faites aux femmes

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Données sur les violences faites aux femmesLes violences à l’encontre des femmes concernent tous les pays, toutes les religions et toutes les classes sociales. Qu’elles soient physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, elles ont une incidence bien réelle sur la prospérité, la santé et le progrès social des nations. Pourtant, réunir des données probantes sur la question reste difficile.
Je profite de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, que l’on célèbre aujourd’hui, pour faire le point sur les initiatives engagées afin de rassembler des données plus solides sur ce phénomène et, plus généralement, sur les initiatives prises en vue de réduire ce déficit d’informations.

 

Les faits

  • Plus de 35 % des femmes disent avoir été exposées à des violences sexuelles (OMS).
  • Pratiquement la moitié des femmes vivant dans un pays à faible revenu trouvent une excuse à ces comportements (DHS [a]).
  • Leur « bourreau » est en général un partenaire intime (ONU [a]).
  • Les femmes vivant dans des zones de conflit sont plus exposées : en République démocratique du Congo, on dénombre en moyenne 36 viols par jour (ONU [a]).
  • Les filles mariées avant leurs 18 ans sont plus susceptibles de subir des violences, de connaître des problèmes de santé et de mourir en couches, sans parler de leur éducation, qui sera raccourcie (ONU [a]).
  • Les mutilations génitales féminines et l’excision sont courantes en Afrique et dans certains pays du Moyen-Orient. Les dernières informations de la base de données de la Banque mondiale sur les statistiques féminines (a) font état d’une prévalence supérieure à 90 % en Égypte et en Somalie (indicateur en anglais : « Prevalence of FGM/C »).


Améliorer la collecte de données complexes à obtenir

Les données sur les violences faites aux femmes sont difficiles à recueillir, parce que cette question sensible exige des méthodes spécifiques et que ce thème ne fait pas toujours partie des priorités des campagnes nationales de statistiques. Et même lorsque les pays collectent ces informations, la diversité des méthodes d’enquête employées rend les comparaisons délicates d’un pays à l’autre.
Pourtant, la communauté internationale fait des progrès. La division de la statistique des Nations Unies (a) a publié cette année de nouvelles lignes directrices pour la production de statistiques sur les violences faites aux femmes (PDF - 1,2 Mo [a]). Destiné aux bureaux nationaux de la statistique, ce document offre des conseils pratiques sur la collecte, le traitement, la diffusion et l’analyse de ce type de données.

Le prochain recueil d’indicateurs sur l’égalité des sexes (a), sélectionné par le Groupe interinstitutions et d’experts sur les indicateurs relatifs aux OMD (IAEG-GS), prévoit également des indicateurs spécifiques sur les violences à l’encontre des femmes (a) pour aider les pays à mieux comprendre quel type de données collecter.


Accéder aux données disponibles

L’internaute en quête de données en libre accès sur ce thème peut consulter le portail de la Banque mondiale sur les questions de genre (a). Quant à la base de données sur les statistiques féminines (a), elle contient d’autres informations sur la santé des femmes, leur niveau d’éducation, l’âge de leur premier mariage, leur taux d’activité, etc. Les Nations Unies ont également publié une fiche d’information (a) et une brochure (a) sur la question (PDF - 7,1Mo) et ouvert un site, saynotoviolence.org (a), que je vous encourage vivement à consulter.