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Le projet jamaïcain Crimebot : l’open data sur le terrain

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Certaines zones en Jamaïque, notamment les grandes villes de Kingston et Montego Bay, connaissent un fort taux de criminalité et de violence. Il suffit d’effectuer une recherche sur Google sur « les fléaux de la Jamaïque » pour voir que la criminalité arrive en bonne place.
Dave Oakley, Kashif Hewitt, Garth Thompson et Aldrean Smith
L’équipe Crimebot (de gauche à droite) : Dave Oakley, Kashif Hewitt, Garth Thompson et Aldrean Smith

Exploiter les données pour identifier les zones où le crime sévit
L’application CrimeBot (www.crimebot.net) lutte contre le crime en offrant une fonction de géolocalisation des points sensibles et d’envoi de messages d’alerte sur un appareil mobile, selon l’emplacement de l’utilisateur. CrimeBot agit également comme instrument de riposte contre la criminalité et ses auteurs, en permettant à chacun de soumettre des informations en temps réel sur toute activité jugée suspecte. Avec l’accroissement du nombre d’utilisateurs et des informations disponibles, les zones où la criminalité est la plus élevée sont identifiées avec une plus grande précision, et la sécurité du grand public s’en trouve améliorée. Mise au point par une équipe basée en Jamaïque, CrimeBot améliore le concept « solidarité de voisinage » en appliquant la technologie mobile à la diffusion d’informations et à la collecte de données en temps réel. Pour retrouver l’intégralité de l’entretien mené sur le service Hangout de Google avec Dave Oakley, membre de l’équipe CrimeBot, vous pouvez cliquer ici (a).
 
Une technologie de collecte des données destinée à réduire les violences et la criminalité
L’équipe CrimeBot, composée de Kashif Hewitt, Dave Oakley, Aldrean Smith et Garth Thompson, s’est constituée à la faveur de Digital Jam 3, un concours d’applis conçues en Jamaïque, à l’issue duquel elle s’est vu décerner le premier prix. Avant de participer à cette compétition, le groupe avait effectué des recherches sur les questions les plus pressantes aux Caraïbes et en Jamaïque, à savoir la violence et le crime.


L’équipe a ainsi décidé d’aider les Jamaïcains à lutter contre la criminalité et à l’enrayer, après un examen fouillé des statistiques internationales et des entretiens réalisés auprès d’amis et de proches qu’ils estimaient intéressés par leur projet. Seuls 19 jours de développement ont été nécessaires pour passer du concept au prototype opérationnel.
L’équipe a découvert que 58 % des délits dans le monde ne sont pas signalés. Les interviews menées avec des utilisateurs potentiels ont révélé que beaucoup de lanceurs d’alerte en puissance craignent pour leur sécurité, accordent peu de confiance aux autorités locales ou préfèrent se faire justice eux-mêmes. Pour lever ces obstacles, CrimeBot offre une fonctionnalité d’anonymat à ceux qui signalent un délit. Si leur témoignage ne peut résoudre une affaire criminelle, il fournit cependant aux forces de police des données plus abouties, des renseignements de première main, tout en assurant aux habitants et aux touristes une plus grande protection par le biais de mesures préventives.

Traitement des données et défis
Les données « en accès libre » sur lesquelles se fonde l’application CrimeBot proviennent du Web, en particulier du site de la Jamaica Constabulary Force (la police jamaïcaine) et des portails médias comme le Jamaica Observer, Gleaner et Loop Jamaica.

L’équipe souhaiterait négocier l’obtention immédiate des informations fournies par les sources fiables citées plus haut (alors que le délai actuel peut se monter jusqu’à trois jours). Avec un échange des données en temps réel, CrimeBot pourrait diffuser des alertes plus rapidement auprès de ses utilisateurs. La rapidité des échanges d’informations est particulièrement cruciale lors des disparitions de mineurs, car elle multiplie les chances d’un dénouement heureux. Les données des agences gouvernementales qui demeuraient dans l’ombre sont désormais présentées de manière dynamique, pour être consultées ou exploitées.

Le processus d’exploitation des données collectées par CrimeBot au profit des autorités compétentes pourrait également être optimisé. Aujourd’hui, la déclaration d’un délit par un utilisateur doit suivre un processus de validation et être conservé dans la base de données de CrimeBot ; cependant, l’équipe a l’intention d’élaborer un processus de transfert immédiat des plaintes au ministère jamaïcain de la Sécurité nationale par l’intermédiaire d’une interface de programmation (API). La réussite de CrimeBot dépendra également de sa faculté à séduire le grand public, ce qui permettra d’enrichir la collecte des données et de renforcer leur utilité. C’est dans cette optique que l’équipe étudie la possibilité d’établir des partenariats avec les agences gouvernementales compétentes et des organismes de sécurité.

Résultats et perspectives
Un mois après son lancement, l’application avait été téléchargée plus de 500 fois, et 66 % des utilisateurs l’avaient adoptée, un pourcentage remarquable. Les concepteurs de CrimeBot ont prévu de développer plus en avant les applications pour iOS et Blackberry. Ils mettent tout en œuvre pour encourager l’adoption et l’utilisation en Jamaïque de leur produit, tout en recherchant la caution des pouvoirs publics et d’entités du secteur privé. Ils espèrent diffuser plus largement leur application à toute la Caraïbe et à d’autres pays, en Amérique latine et en Asie. Ils réfléchissent également à décliner leur produit au profit d’institutions qui ont des besoins en sécurité spécifiques comme les universités. Les données collectées par CrimeBot sont mises gratuitement à disposition des agences gouvernementales et d’autres organisations citoyennes, mais l’équipe songe à faire payer l’accès à son service par d’autres catégories d’utilisateurs.
 
Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur l’application CrimeBot, vous pouvez consulter la page www.crimebot.net, télécharger l’application mobile (disponible sur Google Play), suivre l’équipe CrimeBot sur Twitter à l’aide du hashtag @CrimeBot ou la contacter à l’adresse suivante : [email protected].

Le Groupe de la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement réalisent une étude sur les données en accès libre et en recensent les modes d’utilisation (a). Vous pouvez nous faire part de la façon dont vous exploitez ces données à l’adresse suivante : https://bit.ly/OpenDataOps

Nous vous invitons à nous rejoindre tous les vendredis à 10 h 30 (heure de Washington) sur Google Hangout pour débattre de l’usage des données publiques et à rencontrer les personnes passionnantes qui animent ces projets. Vous pouvez découvrir les thèmes déjà abordés et à venir, en consultant notre calendrier Hangout.

Vous pouvez enfin vous plonger dans les données financières du Groupe de la Banque mondiale disponibles sur Internet. Ces informations en libre accès concernent la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale de développement (IDA) et la Société financière internationale (IFC). Le site web comporte des séries de données sur les prêts engagés, les signatures de contrats, les fonds fiduciaires, les investissements et les états financiers. Une application mobile (a) dédiée vous permet également de « dialoguer » plus facilement avec nous des données opérationnelles et financières. Disponible en neuf langues et compatible avec les tablettes et smartphones Android et iOS, l’application est respectivement téléchargeable sur Google Store et iTunes Store.

Vous pourrez enfin prendre part aux discussions portant sur l’accès aux données financières de la Banque mondiale en suivant notre compte Twitter.

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