« L’âge d’or de la finance est terminé » (pour reprendre le commentaire de Barry Eichengreen au sujet de la Grande Récession), mais l’âge d’or de l’industrialisation des pays en développement ne fait que commencer.
Dans une étude récente intitulée Le phénomène du « dragon chef de file » : une occasion pour les pays à faible revenu de combler leur retard (en anglais), Vandana Chandra, Yan Wang et moi-même avons montré comment le développement économique moderne s’accompagne de transformations structurelles tandis que les pays passent d’une économie agraire à une économie industrielle et comment ce développement se produit à la faveur d’un processus continu de modernisation industrielle et technologique. Depuis le XVIIIe siècle, tous les pays qui ont réussi leur industrialisation en Europe, en Amérique du Nord et en Asie de l’Est ont deux caractéristiques en commun : ils ont exploité leur avantage comparatif ; et ils ont tiré parti de l’avantage propre aux nouveaux venus pour imiter la façon dont les pays plus riches qu’eux ont réalisé leur modernisation industrielle. À l’exception de quelques pays exportateurs de pétrole, aucune nation ne s’est hissée au rang des pays à revenu élevé sans s’industrialiser. En général, il existe une corrélation étroite et positive entre l’évolution du PIB par habitant et la croissance de la valeur ajoutée dans le secteur manufacturier (figure 1). Les pays riches en terres ou en ressources naturelles qui sont parvenus au rang de pays à revenu intermédiaire sans s’appuyer sur un important secteur manufacturier ont rarement réussi à préserver leur croissance.