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Améliorer les transports malgré le manque de données sur les risques climatiques et les risques de catastrophes

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                      Photo: Beccacantpark/Flickr

Les acteurs du développement déplorent souvent l’absence de données de bonne qualité dans les régions exposées à des catastrophes naturelles, ce qui rend difficiles l’élaboration de modèles quantitatifs et les analyses détaillées permettant d’évaluer la faisabilité d’un projet.
 
Mais la situation est en train de changer : aujourd’hui, grâce au progrès technologique, les pouvoirs publics et les organisations de développement disposent de nouveaux moyens pour remédier à la pénurie de données. Au Belize, par exemple, la Banque mondiale et les autorités nationales ont conçu ensemble une approche innovante qui, en combinant créativité, expérience pratique et collecte de données stratégiques, permet d’investir dans une infrastructure routière climato-résiliente.
 
Au Belize, le sous-développement de l’infrastructure, surtout dans le secteur des transports, est l’un des principaux obstacles à l’atténuation des risques de catastrophes et à la croissance économique. Le réseau routier est particulièrement vulnérable car il est exposé à des aléas naturels (principalement à des risques d’inondation) et il n’existe pas de voies de circulation alternatives : si des routes sont coupées à la suite d’intempéries, la population ne peut plus se déplacer et toute l’économie du pays est gravement perturbée.

En 2012, les autorités du Belize ont fait de la résilience climatique l’une de leurs priorités. Elles ont demandé à la Banque mondiale de les aider à élaborer un plan pour réduire la vulnérabilité du pays aux risques climatiques, en se concentrant spécifiquement sur le réseau routier. La Banque a réuni une équipe pluridisciplinaire, composée d’experts rompus aux interventions axées sur la résilience climatique dans la région des Caraïbes. Ce plan a bénéficié de fonds du Programme conjoint pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique)/Union européenne pour la réduction des risques de catastrophes naturelles. Les fonds ont été décaissés par l’intermédiaire de la Facilité mondiale pour la prévention des catastrophes et le relèvement (GFDRR) (a).
 
La stratégie déployée au Belize en vue de remédier au manque de données comporte trois phases successives et interdépendantes.

Phase 1 : Mettre en place un cadre décisionnel solide pour déterminer les investissements routiers prioritaires
 
L’équipe a commencé par coordonner l’élaboration d’un cadre décisionnel, de façon à identifier les investissements prioritaires, sur la base de deux critères complémentaires :

  • Criticité : Quelles sont, du point de vue social et économique, les routes les plus importantes pour le pays ? Nous avons recouru à un processus d’évaluation multicritères afin de localiser les tronçons routiers les plus critiques pour l’accès aux services publics (tels que les hôpitaux et les écoles), pour le transport des produits et des services nécessaires à l’activité économique, ou pour l’évacuation des habitants en cas d’aléa, ainsi que les routes qui permettent aux populations les plus marginalisées de se déplacer. Les représentants de plus de 35 ministères, municipalités, organisations du secteur privé et de la société civile, organisations non gouvernementales (ONG) et universités ont participé à la définition de ces critères. Ils ont ensuite élaboré des indicateurs pour évaluer les critères et donné une note pour chaque indicateur, ce qui a permis une analyse quantitative approfondie du réseau routier.
  • Vulnérabilité : Comment différents tronçons routiers seraient-ils affectés par des événements climatiques, notamment par des inondations ? Afin de pallier le manque de données sur la vulnérabilité aux inondations, l’équipe a réalisé une étude détaillée de l’ensemble du réseau routier principal et secondaire, et exploré les données existantes. Elle a ainsi produit un modèle cartographique permettant d’évaluer la vulnérabilité de l’infrastructure routière, dans tout le pays. 

 
Phase 2 : Rendre compte de l’expérience à d’autres acteurs du transport
 
À la suite de la mission qu’elle a menée au Belize, notre équipe a élaboré un guide pratique des investissements dans une infrastructure de transport climato-résiliente, malgré le manque de données (a). Cette publication offre aux professionnels du transport qui travaillent dans des zones où les données disponibles sont rares un nouvel ensemble d’outils d’aide à la décision pour la planification et la gestion de l’infrastructure, ainsi que pour les investissements. Elle est destinée à un public large et divers : États, spécialistes des transports, décideurs, spécialistes de la gestion des risques climatiques et des risques de catastrophes, promoteurs privés. Ce guide s’appuie sur notre intervention au Belize, mais la démarche qu’il présente peut être adaptée à d’autres contextes.
 
Phase 3 : Rendre les données accessibles via une interface conviviale
 
Les autorités du Belize ayant besoin d’un système convivial pour accéder aux données recueillies lors de l’étude de l’infrastructure routière locale et pour mettre à profit ces données, notre équipe travaille actuellement à un programme d’assistance technique à la gestion de l’infrastructure de transport. Il s’agit de constituer une plateforme informatique qui permettra de visualiser facilement les données, de faire des recherches et d’effectuer des analyses simples. À cette fin, nous collaborons avec le ministère des Travaux publics et des Transports pour concevoir un système de gestion de l’infrastructure grâce auquel les autorités du pays pourront consulter rapidement, actualiser et gérer l’imposante base de données créée dans le cadre de ce projet.
 
Tous ces outils aideront le Belize à mieux planifier, construire et entretenir son infrastructure routière en se fondant sur l’évaluation des risques climatiques et des risques de catastrophes.
 
Le Belize s’attache maintenant à mettre en œuvre un projet d'infrastructure climato-résiliente (a), financé par la Banque mondiale à hauteur de 30 millions de dollars. Il a pu s’appuyer sur les résultats du processus décrit plus haut pour obtenir une aide financière bilatérale et multilatérale, ainsi que pour soutenir d’autres projets destinés à accroître la résilience climatique de son infrastructure routière.

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