Syndicate content

Éthiopie

Pour remédier aux inégalités, il faut commencer tôt

Ana Revenga's picture
Cette page en : English | Español | العربية

Alors que le thème des inégalités (a) semble être aujourd’hui l’objet de tous les débats, je me réjouis, pour ma part, de voir cette question au premier plan des discussions sur le développement.

Nous pouvons envisager les inégalités sous des aspects multiples et souvent corrélés. L’inégalité des résultats est en l’une des formes les plus manifestes : il s’agit de ces différences que l’on observe dans les résultats scolaires, la réussite professionnelle ou encore les revenus et qui, en soi, ne sont pas forcément mauvaises. Voir ses efforts, son talent et ses choix de vie récompensés incite à l’innovation et à l’entrepreneuriat, et contribue à stimuler la croissance.

Cependant, toutes les inégalités ne sont pas « bonnes ». Lorsque celles-ci se perpétuent parce que ceux qui sont nés pauvres n’ont systématiquement pas accès aux mêmes chances que ceux qui sont nés riches, il en découle une profonde inégalité structurelle qui nuit à la réduction de la pauvreté, à la croissance économique et à la cohésion sociale. Or ces graves inégalités connaissent une ampleur que nous déplorons. Lorsque nous étudions ce qui se produit aujourd’hui dans de nombreux pays, nous observons des écarts de revenus considérables, persistants, voire croissants, entre les riches et les pauvres. Et nous constatons que ceux qui naissent pauvres ou défavorisés ont tendance à le rester, sans grande possibilité de s’extraire de leur condition.

Comment expliquer ce phénomène ? Et comment y remédier ? Il convient de prendre du recul sur cette question et de nous interroger sur l’origine des inégalités. C’est là que le concept d’égalité des chances entre en jeu, une notion qui renvoie grosso modo à la possibilité pour un enfant d’accéder aux services de base qui lui permettront d’exprimer son potentiel indépendamment des circonstances de sa naissance (sexe, région géographique, origine ethnique et milieu familial). Trop souvent, l’accès à des services aussi élémentaires que l’électricité, l’eau potable, l’assainissement, la santé et l’éducation est beaucoup plus limité chez les enfants nés dans une conjoncture qui les désavantage. Les enfants issus de milieux défavorisés sont placés, dès leur venue au monde, sur une trajectoire où les inégalités au berceau bornent leurs chances et leur potentiel et conditionnent leur vie future.

Retards de croissance dus à la malnutrition : le visage de la pauvreté

Sri Mulyani Indrawati's picture

Dans le monde, 165 millions d’enfants de moins de cinq ans sont trop petits pour leur âge, une conséquence directe de la malnutrition chronique. Les atteintes se manifestent pendant la grossesse et au cours des deux premières années de la vie, enclenchant un processus irréversible sans guère d’espoir de rattrapage, avec le risque d’avoir compromis à jamais l’épanouissement de l’individu.

Nous savons que la malnutrition tue et qu’elle entretient la pauvreté et ralentit la croissance économique. Près de la moitié des décès d’enfants dans le monde découle de la malnutrition. J’ai pu constater dans mon pays natal, l’Indonésie, à quel point les retards de croissance dus à la malnutrition étouffent dans l’œuf toute perspective d’avenir pour les enfants qui en sont victimes. Un enfant qui souffre de malnutrition réussira moins bien à l’école que ses camarades mieux nourris et décrochera plus tôt, compromettant ainsi ses chances de gagner correctement sa vie plus tard. Des données recueillies au Guatemala montrent que les garçons correctement alimentés avant leurs trois ans gagnent pratiquement 50 % de plus que les autres à l’âge adulte et que, dans la même situation, les filles ont plus de chances d’obtenir une source indépendante de revenu et sont moins susceptibles de vivre dans un ménage pauvre.

La malnutrition obère l’avenir des individus et des nations. Selon des estimations récentes, ses effets coûteraient jusqu’à 11 % du produit national brut en Afrique et en Asie. Pour mettre fin à l’extrême pauvreté et œuvrer pour une prospérité partagée, le monde doit s’engager à enrayer le fléau de la malnutrition et ses conséquences délétères sur la croissance des enfants. Cette semaine, se tient à Londres une manifestation de haut niveau sur cet enjeu crucial, à laquelle je participerai.

Plaidoyer pour un partage des nouvelles richesses minérales de l’Afrique entre tous les Africains

Makhtar Diop's picture

Il semble qu’il ne se passe pas deux semaines en Afrique subsaharienne sans que de nouvelles découvertes de pétrole, de gaz naturel ou de minéraux ne fassent les gros titres, pays après pays. Lorsque le gisement de pétrole Jubilee au Ghana atteindra son pic de production en 2013, il produira 120 000 barils par jour. Les gisements du bassin du rift du Lac Albert en Ouganda ont le potentiel de produire des quantités encore plus grandes. Des milliards de dollars pourraient affluer chaque année vers le Mozambique et la Tanzanie grâce aux découvertes de gaz naturel. Et, en Sierra Leone, l’extraction du minerai de fer du Tonkolili pourrait faire bondir le PIB de 25 pour cent en 2012.

Mon plus grand espoir est que tous ceux qui vivent dans ces pays d’Afrique riches en ressources reçoivent une part de cette nouvelle richesse en pétrole et en minerai.