Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Turquie

Quand la faiblesse du capital humain freine les gains de productivité : l’exemple de la Turquie et du Pérou

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Si l’on compare souvent des pays de même niveau de revenu, il est plus rare d’étudier deux pays distants l’un de l’autre géographiquement et que rien ne réunit, du moins en apparence. Pourtant, la Turquie et le Pérou ont beaucoup en commun : ces deux pays à revenu intermédiaire sont les locomotives économiques de leurs régions respectives depuis plusieurs années ; ils aspirent l’un et l’autre à accéder au statut d’économies à revenu élevé dans les dix ans à venir ; et ils dépendent l’un comme l’autre du commerce. Ils ont aussi beaucoup à perdre s’ils ne parviennent pas à introduire les changements structurels — dans l’éducation et la formation et, plus généralement, dans l’économie — indispensables pour faire en sorte que la croissance économique soit tirée par des gains de productivité. Lima et Ankara reconnaissent leur retard important par rapport aux leaders de la productivité dans le monde, et ont conscience que leur population, en plein essor, n’est pas suffisamment bien équipée pour répondre aux attentes du marché du travail. Face à de tels enjeux (identiques), les deux pays ont pour principal objectif de développement de rehausser leur niveau de productivité pour garantir une croissance continue et durable.

La technologie peut améliorer la situation des pauvres, à condition d’accompagner cette révolution

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© Sarah Farhat/Banque mondiale

À chacun de mes voyages, je constate que la technologie améliore l’existence de millions de personnes marginalisées. Dans la plupart des cas, les changements sont à peine visibles, ils se produisent à petite échelle et d’une multitude de façons. La technologie aide, silencieusement, les habitants de zones reculées, les femmes et les jeunes à sortir de leur exclusion.

Et parce que ce phénomène est discret et passe inaperçu, j’ose espérer que nous ne sommes qu’au début d’une révolution lente et néanmoins profonde. Voici les raisons de mon optimisme.

Un projet qui redonne le sourire aux petits réfugiés syriens d’Istanbul

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© Banque mondiale

Rien n’est plus gratifiant que de faire sourire un enfant. Tout particulièrement s’il a connu la guerre.
 
La photo d’Aylan Kurdi, petit Syrien de trois ans échoué sur une plage de Turquie, a fait le tour du Net. Elle nous a sidérées et nous a poussées à agir. Parce que cet enfant n’avait pas eu la chance d’atteindre vivant des terres plus clémentes, nous avons décidé d’aider les jeunes réfugiés à s’adapter à une nouvelle vie.
 
C’est dans cet esprit que nous nous sommes associées à l’organisation turque à but non lucratif Small Projects Istanbul (SPI) (a), dans le cadre du Fonds d’innovation pour la jeunesse de la Banque mondiale (YIF). Nous allions aider des enfants syriens à trouver un peu de bonheur et de joie en Turquie, après avoir quitté leur pays déchiré par la guerre.
 
Le Fonds YIF offre la possibilité à de jeunes employés du Groupe de la Banque mondiale de penser, réaliser et évaluer des projets axés sur l’innovation, l’efficacité et l’impact sur le développement. Notre idée était d’entreprendre un programme d’initiation à la langue turque, de parrainage et de soutien psychologique. Il s’agissait d’accompagner une vingtaine d’enfants exilés pour qu’ils puissent s’intégrer dans la société turque, développer une confiance en soi et avoir accès à l’éducation.
 
Notre proposition a été sélectionnée à l’issue d’un concours de projets. C’est ainsi que l’aventure a commencé...

Un rapport bienvenu sur la mobilisation de la finance islamique pour les PPP

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 Artit Wongpradu / Shutterstock.com


Selon l’Islamic Financial Services Board, le marché de la finance islamique se chiffre aujourd’hui à 1 900 milliards de dollars. Son essor rapide s’est accompagné de l’élargissement de ses champs d’application, du commerce à l’industrie en passant par l’immobilier et les activités bancaires.
 
Si la finance islamique s’est également développée dans le domaine des infrastructures, son potentiel pour le financement de partenariats public-privé (PPP) est encore relativement inexploité. D’où l’intérêt, pour les pouvoirs publics et les professionnels du secteur en particulier, d’une nouvelle publication intitulée Mobilizing Islamic Finance for Infrastructure Public-Private Partnerships (a).  
 
Fruit de la collaboration du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque islamique de développement, qui ont bénéficié du concours financier du PPIAF, ce rapport constitue la première tentative systématisée de recensement et de diffusion des savoirs sur l’usage de la finance islamique pour des projets de PPP dans l’infrastructure. Ces travaux, qui viennent combler une lacune répandue parmi les professionnels du développement des infrastructures, pourront aider les pays en développement à étudier les possibilités d’utilisation de la finance islamique et à exploiter ce qui pourrait constituer une ressource supplémentaire précieuse au regard de besoins d’infrastructure croissants.

Infrastructures scolaires et catastrophes naturelles – ce que nous savons et ne savons pas

Sameh Wahba's picture
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Crédits photo. : Tracy Ben/ Shutterstock

« Le 12 mai 2008, un séisme d'une magnitude de 8,0 sur l'échelle de Richter, qui s’est soudainement déclenché à 14 heures 28 minutes 04 secondes, a secoué la terre, déplaçant montagnes et rivières et laissant un pays fortement dévasté et divisé… »  Ceci est un extrait du rapport officiel chinois décrivant les conséquences catastrophiques du tremblement de terre qui, en frappant durement le Sichuan, a fait 5.335 morts ou disparus parmi les élèves et étudiants de la province.

Et voilà qu’il y a deux ans, au Népal, le 25 avril 2015, un séisme d’une magnitude de 7,8 a démoli ou irréparablement endommagé quelque 6.700 bâtiments scolaires. Heureusement que le séisme s’est produit un samedi, jour férié au Népal, sinon le bilan de morts et de blessés aurait pu être aussi sévère ou même bien pire qu’au Sichuan. De même, dans d’autres endroits du monde – au Pakistan, au Bangladesh, aux Philippines, à Haïti, en Équateur et, le plus récemment, au Mexique – des établissements scolaires ont été touchés par des catastrophes naturelles.

 Pourquoi les bâtiments scolaires s’effondrent-ils ?

Les gestionnaires de la dette peuvent-ils sauver le monde ?

M. Coskun Cangoz's picture
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C’était il y a dix ans, juste avant la crise mondiale. Lehman Brothers ne s’était pas encore effondré, Fannie Mae et Freddie Mac n’avaient pas encore été mises sous tutelle. Les gestionnaires de la dette estimaient que les marchés étaient moins instables et que l’avenir était moins incertain. En Turquie, nous mettions en œuvre le programme de réforme d’après-crise.

Un jour, le professeur de mon fils de 13 ans m’a invité à parler de mon travail à ses élèves à l’occasion de la « journée des carrières professionnelles », qui vise à familiariser les enfants avec différents métiers. J’ai accepté l’invitation de l’enseignant, puis l’inquiétude a commencé à me gagner : le gestionnaire de la dette publique que je suis exerce effectivement un emploi « différent », mais pas nécessairement « passionnant ».  

Du canot pneumatique à l’épreuve de natation à Rio : une histoire de résilience

Bassam Sebti's picture
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Photo : HCR
Photo : HCR


Par une glaciale journée d’octobre 2015, Rami Anis, 24 ans, embarque à bord d’un canot pneumatique sur la mer Égée. Il quitte la Turquie à destination de l’Europe, dans l’espoir d’une vie meilleure, loin de la guerre et des difficultés.

En regardant les autres personnes sur le bateau, il est horrifié : il y a des enfants, des hommes et des femmes. Bien qu’étant un nageur professionnel, il est obsédé par l’idée qu’ils puissent ne jamais arriver à bon port.

« Avec la mer, on ne plaisante pas », affirme le réfugié syrien.

Mais le 11 août, Rami n’aura pas peur de se jeter à l’eau, car c’est aux Jeux olympiques qu’il va nager. Au terme d’un voyage éprouvant, il a réussi à atteindre la Belgique. Parti d’Istanbul, il s’est rendu à Izmir, puis en Grèce, avant de démarrer un périple à travers la Macédoine, la Serbie, la Croatie, la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne et enfin la Belgique.

Rami participera aux Jeux olympiques 2016 à Rio de Janeiro en tant que membre de l’équipe d’athlètes réfugiés — la première en son genre — et défilera à la cérémonie d’ouverture avec le drapeau olympique, juste devant le Brésil, pays hôte de la compétition.

Des chercheurs travaillent sur les violences subies par les réfugiées syriennes

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En général, c’est avec un bâton ou du fil de fer qu’il la battait. Son corps était couvert de marques de toutes les couleurs : rongé par la disparition de son fils et la perte de son travail à cause de la guerre en Syrie, le mari de Hamada, en pleine dépression, passait sa colère sur la mère de ses enfants.

On le sait : la guerre fait partie des multiples formes de violences auxquelles les femmes sont exposées et, pour certaines réfugiées syriennes, elle ne fait que perpétuer des comportements qui avaient déjà cours dans leur pays ravagé par la guerre : elles ont été battues, contraintes d’avoir des rapports sexuels et obligées de taire ces abus pour ne pas se faire tuer — et cela, par leurs propres époux.

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Ces femmes sans défense ont subi des violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Comment gérer ce problème qui ne fait qu’ajouter à la détresse de femmes réfugiées ? 

En collaboration avec l’association Women and Health Alliance International, une équipe de chercheurs s’intéresse aux violences conjugales parmi les réfugiés syriens arrivés à Izmir, en Turquie.

Bien-être des réfugiés syriens et perspectives d’avenir

Paolo Verme's picture
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La crise syrienne fait désormais partie des pires crises humanitaires de notre temps. Les chiffres donnent le vertige : la moitié environ de la population que comptait la Syrie avant le conflit a été déplacée ; plus de 200 000 personnes sont mortes ; des millions de Syriens ont été blessés ou traumatisés ; et des millions d’autres se sont enfuis dans les pays voisins ou plus loin. Pourtant, nous n’avons que très peu d’informations sur les conditions de vie de toutes ces victimes. Rien ne filtre ou presque sur le sort des Syriens restés en Syrie. Les informations relatives aux Syriens partis vers l’Europe sont surtout anecdotiques, d’autant qu’elles confondent migrants fuyant la crise et autres types de migrants. Pour les Syriens qui se sont enfuis dans un pays voisin et qui sont enregistrés comme réfugiés, en revanche, les données ne manquent pas mais, à ce jour, elles n’ont guère encore été exploitées pour étudier la question de leur bien-être.

Un 
récent rapport coédité par le Groupe Banque mondiale et le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) tente de combler ces lacunes pour les Syriens ayant cherché refuge en Jordanie et au Liban, une situation relativement bien documentée. 
 

Le levier de la finance islamique pour la croissance et la prospérité des PME

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Les propriétaires d'un commerce se préparent à une nouvelle journée de travail au Caire, Egypte. © Dominic Chavez/Banque mondiale


Des villages les plus reculés du Bangladesh à des métropoles aussi vastes et trépidantes que Le Caire ou Istanbul, les PME sont la colonne vertébrale des économies locales dans l’ensemble du monde islamique.
 
Mon intérêt pour le potentiel de la finance islamique dans le développement des petites et moyennes entreprises remonte à la conduite d’un séminaire consacré à ce sujet en 1997. La semaine dernière, soit presque vingt ans plus tard, j’ai bouclé la boucle à Istanbul en intervenant à une conférence (a) dédiée à la mobilisation de la finance islamique pour les PME et organisée par le Groupe de la Banque mondiale, le ministère turc des Finances, la Banque islamique de développement et TUMSIAD, la principale association de PME de Turquie avec 10 000 membres à son actif.

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