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Yémen, Rép. du

Rousseau n’est ni le premier ni le dernier à parler d’un « contrat social »

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D’après une enquête de la Banque mondiale, qui a animé pas moins de deux sessions lors des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, « 50 % des habitants des pays arabes ne sont pas satisfaits des services publics ». Ce n’est donc pas un hasard si le mème Internet #BreaktheCycle est apparu dans un autre panel consacré à la région Moyen-Orient et Afrique du Nord qui réexaminait aussi le thème du contrat social dans les pays importateurs et exportateurs de pétrole.

Honnêtement, il était facile de reprendre certains des commentaires tweetés lors de la diffusion en direct sur le Web de l’évènement « Moyen-Orient et Afrique du Nord : Tirer les leçons des prestations de services réussies au niveau local » parce que le mème #BreaktheCycle s’applique aux combats quotidiens que mènent les habitants de cette région du monde dans le domaine des services publics, si tant est qu’ils en bénéficient.

La possibilité d’une inclusion sociale au Yémen dans le cadre du dialogue national

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Yemen. World Bank photo.

 

« Vous êtes Bangladais. La scission avec le Pakistan a-t-elle été bénéfique à votre pays ? » J’étais récemment convié à rencontrer les membres du Dialogue national au Yémen qui débattent actuellement de l’avenir de leur État. Dans ce pays, les blessures de l’histoire sont profondes, qu’il s’agisse de la guerre entre le Sud et le Nord ou des conflits dans les régions. Aussi, et sans surprise, le sujet de la sécession régionale est-il présent dans les discussions. À l’énoncé de la question, un murmure a parcouru la salle remplie de responsables politiques et de militants venus de différentes régions du Yémen. Visiblement, elle avait touché un point sensible.

La Conférence du dialogue national est un moment important dans la longue histoire du Yémen. Elle réunit l’ensemble des composantes de la vie politique et sociale yéménite — formations politiques, groupes sociaux, femmes, jeunes, représentants régionaux — avec l’objectif d’écrire ensemble l’avenir du pays. D’aucuns considèrent que ce processus est incomplet et imparfait : de fait, toutes les parties prenantes ne sont pas représentées, le risque existe que l’élite confisque le dialogue et certaines zones du pays sont encore le théâtre de conflits armés. Cependant, en dépit de ces obstacles, c’est tout à l’honneur du Yémen d’espérer fonder un État par le dialogue, loin de l’image du pays généralement véhiculée par les médias internationaux.

 

L’éducation des filles est un investissement rentable. Malala est venue nous le rappeler

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Un sentiment d ’horreur. Voilà ce que j’ai éprouvé en apprenant qu’une adolescente pakistanaise de 15 ans s’était fait tirer dessus parce qu’elle défendait simplement son droit à l’éducation. C’était l’automne dernier. Cette jeune fille, c’est Malala Yousafzai.

Le drame m’a aussi rappelé à quel point j’avais été chanceuse. Le jour où l’on m’a offert une bourse d’études à l’étranger (une rare opportunité pour la jeune Indonésienne que j’étais), ma première réaction a été de me dire que je ne pouvais pas quitter mon mari. Ma mère s’est chargée de mettre les points sur les i : soit mon époux partait avec moi et renonçait donc à son emploi, soit je refusais la bourse. Je sais que c’était sa façon à elle de pousser mon mari à me soutenir – ce qu’il a fait sans la moindre hésitation. Nous sommes donc partis aux États-Unis finir nos mastères. En parallèle, je me suis inscrite en doctorat d’économie puis nous avons eu notre premier enfant – une fille – alors que nous étions encore en troisième cycle.

Ma mère a eu dix enfants (je suis la septième) : six filles et quatre garçons. Et un doctorat. Elle a été professeur à l’Institut d’éducation du Java central. Dans son genre, c’est une pionnière, qui n’a pas voulu se contenter de la « normalité » réservée aux femmes en Indonésie à l’époque. Elle avait donc toutes les raisons de me soutenir, à sa manière.