Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Afrique

L’exode de 65 millions de personnes à cause des conflits : un défi pour les acteurs du développement

Xavier Devictor's picture
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Le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) consacré aux tendances mondiales des déplacements forcés en 2015 (a) a fait l’actualité cette semaine. Année après année, le nombre de personnes déplacées de force ne cesse d’augmenter, atteignant aujourd’hui, d’après les estimations, 65 millions à travers le monde. 

65 millions. C’est un peu plus que le nombre d’habitants du Royaume-Uni. Et c’est à l’évidence un problème de développement, car les personnes déplacées font partie des populations pauvres les plus vulnérables. Leur présence transforme aussi l’environnement dans lequel les pays d’accueil et leurs habitants s’efforcent de lutter contre la pauvreté.  
 
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Ces statistiques dissimulent une souffrance humaine immense. L’histoire de chaque réfugié est bouleversante. Et lorsqu’elle est multipliée par 65 millions, cela devient une tragédie mondiale.  

Mais qui sont précisément ces 65 millions de personnes ? Ce total masque de fortes disparités entre au moins trois catégories distinctes.

Quelque 20 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile sont sous mandat du HCR. Ils ont franchi une frontière internationale pour échapper à la violence et à la persécution. Souvent livrés à eux-mêmes, ils ont peu de droits et leur avenir est incertain. La plupart sont les victimes d’une poignée de conflits qui ne datent pas d’hier : Syrie, Afghanistan, Somalie, Soudan, Soudan du Sud...

On dénombre par ailleurs 5 millions de réfugiés palestiniens. Ils répondent à une définition spécifique, et ils conserveront probablement ce statut tant que la question palestinienne ne sera pas résolue, même s’ils obtiennent la nationalité d’un pays tiers. Leur nombre augmentera avec la croissance démographique.

6 choses à savoir sur le nouveau Cadre de passation des marchés de la Banque mondiale

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 Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale
Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale

Des élèves qui commencent l’année sans manuel. Des dispensaires dans des villages qui ne disposent même pas des médicaments de base. C’est, bien des fois, la conséquence d’un système de commande publique défaillant.

Les administrations, qu’elles soient locales ou nationales, doivent être dotées d’un système de passation des marchés performant pour pouvoir fonctionner correctement et fournir les services publics dont elles ont la charge.
 

Internet mobile : l'essor des équipements éducatifs destinés aux villages isolés

Michael Trucano's picture
Contourner les obstacles
à la connectivité.

Ces quinze dernières années, des progrès considérables ont été réalisés pour fournir du matériel informatique et un accès internet aux écoles du monde entier. Malgré ces avancées, de nombreux élèves et enseignants ne sont toujours pas connectés ; ils vivent pour la plupart dans des zones rurales de pays à revenu faible ou intermédiaire (ou plus rarement dans des pays de l’OCDE).

Pour y remédier, un grand nombre de pays ont paré au plus pressé, en prenant des mesures provisoires. Ils ont ainsi testé et préconisé l’utilisation d’équipements mobiles grâce auxquels les élèves de communautés reculées peuvent accéder à un enseignement et des ressources pédagogiques numériques. 

Ces équipements, ce sont notamment des bus connectés à internet et équipés d’ordinateurs qui passent dans les villages une fois par mois. De Big Blue au Zimbabwe au Google Internet Bus en Inde, en passant par d’autres initiatives similaires dans des pays aussi disparates que la Tunisie, le Pakistan, le Rwanda, Maurice, les Philippines, la Malaisie, les États-Unis, le Canada, le Mexique et la Chine, on a assisté à l’apparition de divers types de salles de classe itinérantes à technologie embarquée, et cette tendance semble vouée à se développer largement.

Le rôle crucial de l’éducation dans le développement économique

Harry A. Patrinos's picture
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Une écolière lit un texte devant sa classe. Photo: © Steve Harris / Banque mondiale
Une écolière lit un texte devant sa classe. Photo: © Steve Harris / Banque mondiale

« Donnez à un homme un poisson, et il aura à manger pour une journée ; apprenez à un homme à pêcher, et il aura à manger toute sa vie. » - Cette maxime est attribuée à Lao Tseu, un sage de la Chine ancienne qui serait l’auteur d’un texte majeur, le Tao Te King. Il est considéré comme le fondateur du taoïsme et vénéré en tant que dieu par les taoïstes, mais aussi dans d’autres religions chinoises traditionnelles.

Dans toute l’histoire de l’humanité, il n’y a jamais eu autant d’enfants à l’école qu’aujourd’hui. En 1950, la durée moyenne de la scolarité était de deux ans en Afrique ; elle est désormais supérieure à cinq ans. En Asie de l’Est/Pacifique, elle est passée de deux à sept ans entre 1950 et 2010, soit une hausse de plus de 200 % ! À l’échelle de la planète (a), elle devrait atteindre 10 ans d’ici 2050. En un siècle et demi, les chiffres de l’accès à l’éducation dans le monde auront donc plus que quintuplé.

Changement climatique : un risque accru pour les pays les plus pauvres

Sri Mulyani Indrawati's picture

Un ouvrier agricole marche dans une rizière inondée. © Nonie Reyes/Banque mondiale

Au Bangladesh, le littoral est menacé par le montée des eaux et, à mesure que la mer grignote les côtes, la salinisation des sols progresse inéluctablement. Pour les agriculteurs, cela se traduit par un recul des cultures ; les communautés se vident, les adultes partant travailler en ville ; les poissons d’eau douce disparaissent, ce qui réduit les apports en protéines pour les populations locales ; et, à la saison sèche, les mères rationnent l’eau qu’elles donnent à boire à leurs enfants (jusqu’à deux verres par jour seulement dans certains cas).
 
Les pays développés commencent enfin à prendre le changement climatique au sérieux même s’ils y voient, en général, une menace encore latente qu’il faudra gérer dans les années à venir. Mais pour les populations pauvres des pays pauvres, surtout dans les communautés installées le long des côtes, sur des deltas ou sur des îles, le danger est bien là, au quotidien — et conditionne de nombreux aspects de la vie.

Une bonne hygiène de vie pour des sociétés et des économies en pleine forme

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Dans le salon, les grands-parents, fumeurs invétérés, laissent les volutes de cigarette envelopper leur petit-fils de 18 mois. Dans la cuisine, c’est une fillette de trois ans qui ouvre le réfrigérateur pour prendre une cannette de Pepsi. Dans la salle à manger, on nourrit un nouveau-né de sept mois d’un gâteau au chocolat bien crémeux et sucré. Dans la cour, des enfants jouent au papa et à la maman en dévorant un nombre incalculable de barres au chocolat, de gâteaux et de chips, arrosés de soda.

Je n’en crois pas mes yeux. Moi qui suis parent, j’observe ces comportements comme si j’assistais à une mort lente : je vois la maladie se glisser à l’intérieur de ces enfants et les hanter pour le restant de leur vie.

Cette scène est banale, mais il a fallu que je quitte l’Iraq et que je devienne parent pour que j’ouvre les yeux.

On ne mettra pas fin à l’extrême pauvreté sans briser le cercle vicieux de la fragilité et du conflit

Sri Mulyani Indrawati's picture
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View from cave, Mali. © Curt Carnemark/World Bank

On ne mettra pas fin à l’extrême pauvreté sans briser le cercle vicieux de la fragilité et du conflit
 
À l’horizon 2030, plus de la moitié des individus les plus démunis du monde vivront dans des pays pauvres, fragiles, touchés par un conflit ou en proie à des violences graves. Des pays où les pouvoirs publics sont incapables d’assurer les services les plus élémentaires et la sécurité, où l’activité économique est à l’arrêt et où le développement peine plus qu’ailleurs à se concrétiser. Des pays où la pauvreté atteint des sommets. Les difficultés qu’ils rencontrent se jouent des frontières : près de la moitié des 20 millions de réfugiés dans le monde sont originaires de pays pauvres, sans compter les personnes déplacées, encore plus nombreuses.
 
Certains, moins concernés par les violences, restent cependant enfermés dans des « pièges de fragilité », la menace latente d’une dégradation de la situation portant un coup d’arrêt au développement. Des pays comme la République centrafricaine (RCA), le Mali, Haïti ou le Soudan (a) ont, depuis 20 ans, bien du mal à surmonter leurs fragilités.

Pour mettre fin à l'extrême pauvreté, il faut réduire les écarts entre hommes et femmes

Sri Mulyani Indrawati's picture

A woman in a Niger village cooks for her family. Photo © Stephan Gladieu/World Bank

Pour la première fois, la pauvreté extrême est passée sous la barre des 10 %. Jamais le monde n’aura affiché autant d’ambitions pour le développement qu’aujourd’hui. Depuis l’adoption des Objectifs de développement durable et la signature de l’accord de Paris sur le climat, fin 2015, la communauté internationale recherche les solutions les plus efficaces pour concrétiser ces objectifs. Dans cette série de cinq billets, je reviendrai sur les mesures prises par le Groupe de la Banque mondiale en la matière et les initiatives qu’il envisage de lancer autour de certains axes clés pour mettre fin à la pauvreté d’ici 2030 : la bonne gouvernance, l’égalité hommes-femmes, le conflit et la fragilité, la création d’emplois ainsi que la prévention du changement climatique et l’adaptation à ses effets.

La situation des filles et des femmes dans le monde en 2016 est meilleure qu’en 2006. Mais ce n’est pas vrai pour tout le monde et certainement pas partout, notamment dans les pays les plus pauvres et les plus fragiles.

Le constat est particulièrement frappant quand on s’intéresse aux opportunités économiques : les inégalités hommes-femmes dans l’accès à l’emploi et aux financements et dans les entreprises sont certes une entrave à l’épanouissement des individus mais elles freinent aussi le développement des économies — alors même que le monde a cruellement besoin de croissance et de nouveaux emplois.

PPP : Un nouveau MOOC en français offre des études de cas et des perspectives régionales sur les partenariats public-privé

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MOOC sur les partenariats public-privé



Lorsque j’étais directeur pays de la Banque mondiale au Bénin, nous avions reçu une requête du gouvernement béninois pour l’assister dans la rédaction d’une loi sur les partenariats public-privé (PPP). Nous avons entrepris ce travail après que le secteur privé – international et local – ait promis de participer à un vaste programme d’infrastructures dont le Bénin avait grand besoin. Il fallait bien évidemment profiter de cette opportunité, et essayer de soumettre le projet de loi au vote des députés de l’Assemblée Nationale avant les élections législatives et l’élection présidentielle qui approchaient à grands pas. Dans la perspective de l’adoption d’une loi PPP, une compréhension solide des PPP peut faire une grande différence en améliorant la qualité du texte et la rapidité du processus d’adoption.

Beaucoup de ressources en anglais sont disponibles sur les PPP, ce qui n’est pas le cas pour le français ou d’autres langues. Pour les pays francophones d’Afrique plus particulièrement, où les PPP ont un potentiel important, ces ressources sont nécessaires pour comprendre la notion de PPP et savoir quand utiliser ou non les PPP pour la mise en place des infrastructures pour les services publics.

Favoriser l’investissement dans les pays fragiles

Joaquim Levy's picture
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L’extension de la centrale thermique Azito en Côte d'Ivoire améliorera l’accès à l’électricité et appuiera la croissance économique du pays. © Rebecca Post/IFC

Selon les estimations, 1,2 milliard de personnes dans le monde (soit près d’une sur cinq) vivent actuellement dans une zone touchée par un conflit ou en situation de fragilité. Certains fuient la guerre, d’autres ont échappé à une catastrophe naturelle. La plupart essaient de gagner leur vie dans un environnement très difficile.

Nous ne parlons pas ici de chiffres abstraits, mais de personnes bien réelles, qui sont confrontées à des problèmes concrets. C’est pourquoi, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, nous devons réfléchir à des stratégies susceptibles de les aider.

Nous savons que le secteur privé est indispensable à la croissance économique. C’est également vrai dans les pays qui sortent d’une crise. Ces pays ont besoin d’investissements pour créer des emplois, pour dynamiser leur croissance économique, pour engranger des recettes fiscales, pour développer leur infrastructure et pour redonner espoir à leurs citoyens. Et, pour dire les choses simplement, une société qui a tout intérêt sur le plan économique de vivre dans la paix risque moins de retomber dans un conflit.

Cependant, trop souvent, les investisseurs craignent de s’aventurer dans des pays fragiles ou touchés par un conflit. Ces pays sont certes en proie à des difficultés immenses, mais ils présentent aussi des opportunités.

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