Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Afrique

Les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne en cinq graphiques : une reprise fragile

Gerard Kambou's picture
L’Afrique subsaharienne va bénéficier de la reprise de l’économie mondiale. Les projections montrent une hausse de l’activité économique dans l’ensemble de la région, à la faveur du raffermissement des cours des produits de base et du renforcement progressif de la demande intérieure. Cependant, en l’absence de réformes, le taux de croissance potentielle devrait rester faible compte tenu des tendances de la démographie et de l’investissement, ce qui aura pour effet de peser sur les revenus par habitant et de réduire les perspectives de réduction de la pauvreté. Ces prévisions pourraient en outre être revues à la baisse en raison d’un certain nombre de risques : une baisse persistante des prix des produits de base, un durcissement soudain des conditions de financement à l’échelle mondiale ou encore, au niveau régional, une aggravation des incertitudes politiques et des tensions sur le front de la sécurité. Une reprise mondiale plus forte qu’anticipé pourrait en revanche doper les exportations, les investissements et la croissance dans la région.

Les perspectives de croissance de l’Afrique subsaharienne s’améliorent 
 
La croissance en Afrique subsaharienne devrait s’accélérer cette année pour atteindre 3,2 %, contre un taux de 2,4 % en 2017 et de 1,3 % en 2016, et continuer de se consolider progressivement. Tandis que les trois principales économies de la région, à savoir l’Angola, le Nigéria et l’Afrique du Sud, auront du mal à stimuler leur croissance, les autres pays africains devraient enregistrer des performances plus robustes.   
 
Source : Banque mondiale
Remarque : Les parties grisées correspondent à des prévisions.

Insécurité routière : des accidents et des morts évitables qui ralentissent le développement des pays

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L’insécurité routière a encore fait la une de l’actualité en plein cœur des vacances de fin d’année : sur une route sinueuse du Pérou, un autobus percuté par un camion a chuté d’une falaise, faisant 52 morts. Les victimes rentraient pour la plupart à Lima après avoir célébré le Nouvel an en famille.
 
Hélas, ces événements tragiques sont une réalité quotidienne à travers le monde : selon des données de l’Organisation mondiale de la santé de 2015, les accidents de la route font 1,25 million de morts chaque année et entre 20 et 50 millions de blessés graves. Outre ce bilan humain, sans doute sous-estimé mais bien tangible, les accidents de la circulation ont un coût économique et social qui pèse lourdement sur les pays mais qui ne ressort pas dans les statistiques nationales. Jusqu’à maintenant, et tout particulièrement dans le monde en développement, il s’est révélé difficile de recueillir des données pourtant essentielles pour orienter la prise de décisions en matière de sécurité routière.
 

Pourquoi, malgré une croissance mondiale qui devrait être soutenue en 2018, les inquiétudes demeurent : 10 graphiques pour comprendre

Carlos Arteta's picture

La croissance mondiale devrait s’établir à 3,1 % en 2018, après l’accélération à 3 % enregistrée en 2017 du fait de la reprise conjoncturelle observée dans plus de la moitié des économies de la planète, tandis que le commerce international a connu une embellie remarquable sur fond de redressement des investissements.
 
Alors que la conjoncture s’améliore pour les pays exportateurs de produits de base, la croissance devrait repartir dans les pays émergents et en développement. Mais l’éventualité d’un ajustement désordonné des marchés financiers ou la montée des tensions géopolitiques pourraient assombrir ces perspectives.
 
L’essoufflement attendu de la croissance future dans les économies émergentes et en développement au cours des dix prochaines années suscite de profondes inquiétudes. Seules des réformes structurelles pourront endiguer ce ralentissement et contrer les effets négatifs d’une prochaine crise.

À découvrir en 10 graphiques

Savoir enseigner des compétences

Paula Villaseñor's picture

Alors que l’éducation a connu une formidable expansion à travers le monde, le sujet des compétences acquises à l’école fait désormais partie des priorités des acteurs du secteur, voire souvent leur priorité absolue. Les décideurs ayant compris qu’allongement de la scolarité ne rime pas forcément avec progrès sur le plan des apprentissages, du développement des compétences ou de la croissance économique, la plupart des pays ont commencé, surtout depuis le tournant du siècle, à engager des réformes pour une éducation axée sur les compétences. Étonnamment, cela n’a pas induit d’amélioration systématique des acquis scolaires ou, du moins, au rythme attendu. D’où cette question évidente : comment enseigner concrètement les compétences dans chaque classe pour que les plans conçus par les autorités éducatives produisent effectivement des résultats quantifiables chez chaque élève ?
 
Malgré les innombrables études sur les politiques de développement des compétences, la plupart s’attachent à avancer des recommandations pour identifier les lacunes et déployer des stratégies au niveau global. Les éléments concrets sur les mesures à prendre pour garantir le développement des compétences dans les écoles sont malheureusement plus rares. Pour moi qui ai eu à conduire un vaste programme de développement des compétences, je sais d’expérience qu’une étape incontournable consiste, même si cela peut paraître une lapalissade, à définir aussi précisément que possible les compétences qui seront enseignées et donc à consacrer suffisamment de temps à ce processus.
 

Donner la parole aux jeunes pour transformer la vulgarisation agricole

Hope Mpata's picture
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Donner la parole aux jeunes pour transformer la vulgarisation agricole ​© Neil Palmer/CIAT


Lors de la Semaine de la vulgarisation agricole en Afrique qui s’est récemment tenue à Durban, on a beaucoup entendu que la demande de produits alimentaires sur ce continent allait doubler d’ici 2050. Les opportunités de croissance et d’emploi dans l’agriculture sont donc vouées à perdurer, et c’est pourquoi la vulgarisation agricole est plus importante que jamais.

Qu’est-ce que la vulgarisation agricole exactement ? Ce terme désigne l’ensemble des services qui fournissent des conseils techniques aux agriculteurs : cultivateurs, éleveurs, pisciculteurs, etc. La vulgarisation agricole fait notamment intervenir des formateurs, des conseillers, des gestionnaires de projet et des agents de développement communautaire. En outre, ces acteurs apportent un appui administratif aux autorités locales et aident les agriculteurs à prendre des décisions et à partager leur savoir. La vulgarisation agricole, qui s’adresse aux petits exploitants sur l’ensemble de la chaîne de valeur, est cruciale pour la sécurité alimentaire, nutritionnelle et des revenus.

Santé et prospérité des nations

Jim Yong Kim's picture
© Dominic Chavez/Banque mondiale


Il y a plus de 20 ans, j’ai soigné un jeune homme, Melquiades Huaya Ore, qui vivait à Carabayllo, au Pérou, et souffrait d’une tuberculose pharmaco-résistante. À l’époque, on considérait qu’il n’était pas tenable sur la durée de traiter des patients pauvres comme lui avec les mêmes médicaments que dans les pays riches, que le coût était trop élevé et que cela n’en valait pas la peine.

Faisant fin de tous les avis, nous avons trouvé un moyen de nous procurer ces médicaments et, bien épaulés par des agents de santé communautaires, nous avons traité Melquiades avec succès. Il est aujourd’hui comptable dans son pays, et tout va bien pour lui.

L’expérience et les faits indiquent qu’il n’y a pas mieux, pour la santé, la prospérité et la sécurité, qu’un système qui soigne tout le monde sans aucune distinction.

Pourtant, la moitié seulement de la population de la planète a accès aux services de santé essentiels. Et, chaque année, près de 100 millions de personnes tombent dans l’extrême pauvreté à cause des dépenses liées aux soins. Actuellement, 800 millions consacrent au moins 10 % du budget du ménage à ces dépenses, contre 600 millions en 2000.

Les bonnes clôtures font les bons amis

Hasita Bhammar's picture
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© Center for Conservation and Research, Sri Lanka
© Crédits photo : Center for Conservation and Research, Sri Lanka


Dans le village de Bulugolla, au Sri Lanka, les habitants poussent un soupir de soulagement. On est au mois d’octobre et la récolte de riz est bonne. Les pluies ont été abondantes et les voisins, parfois un peu trop envahissants (voir photo ci-dessus), ont respecté les limites qui leur ont été fixées. Mais ce n’a pas toujours été ainsi

Comme l’explique le chef du village, « nous dépendons de la récolte de riz. De par notre culture et nos traditions, nous avons toujours vécu en bonne entente avec les éléphants, mais nous ne pouvons pas vivre sans nos rizières, c’est pourquoi nous devons empêcher les éléphants de s’y aventurer ».

Les conflits entre humains et animaux sauvages représentent aujourd’hui l’un des principaux enjeux liés à la conservation. À mesure que les populations humaines augmentent, les habitats sauvages se réduisent et les humains entrent en conflit avec les animaux sauvages pour l’accès aux ressources naturelles. En outre, les éléphants, notamment, ne peuvent pas être cantonnés dans les zones protégées car elles ne peuvent accueillir en général qu’un nombre limité de pachydermes. Au Sri Lanka, la plupart des éléphants vivent en dehors des zones protégées : on les trouve dans les rizières et les villages, sur les routes, les voies ferrées et les autres infrastructures destinées à une population humaine en augmentation. Les conflits sont inévitables, mais, si l’on ne trouve pas de solution, les espèces sauvages disparaîtront.

Avec l’aquaculture, nous pouvons réinventer notre système alimentaire et débrider le capital humain

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Une femme trie les algues qu’elle a récoltées sur l’île de Rote, en Indonésie. © Robert Jones
Une femme trie les algues qu’elle a récoltées sur l’île de Rote, en Indonésie. © Robert Jones


Et si nous pouvions réinventer le système alimentaire mondial et faire en sorte que les produits locaux, plus durables, nourrissants et diversifiés deviennent la norme et non plus l’exception ?  

Cette idée peut sembler irréaliste, mais, avec 9 milliards d’êtres humains sur la Terre en 2050 et un enfant sur trois souffrant d’un retard de croissance à cause de la malnutrition en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, c’est désormais une nécessité. Aujourd’hui, une personne sur trois ne mange pas à sa faim et le gaspillage alimentaire bat des records dans le monde.​

Selon les experts, pour que chacun ait de quoi se nourrir à l’horizon 2050, il faudra doper la production alimentaire mondiale (et réduire le gaspillage).​ D’après certaines estimations, si nous ne renonçons pas à des pratiques agricoles intenables et à des subventions mal ciblées, nos sols ne seront plus productifs au-delà des 60 prochaines années. En outre, les terres arables et l’eau douce ne sont pas elles non plus disponibles en quantité illimitée. 

Un tableau alarmant qui incite à se tourner vers d’autres sources d’aliments, et notamment vers la production alimentaire en milieu aquatique, qui, elle, est en pleine expansion : en Asie du Sud et Afrique subsaharienne, les deux régions les plus pauvres de la planète, l’aquaculture (soit, pour l'essentiel, l'élevage de poissons) progresse au rythme de 10 % par an depuis dix ans.

Coaching pour les entrepreneurs : ce qui marche et ce qui ne marche pas

Raj Nandy's picture
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The Caribbean CIC Team after the Workshop kick-off. © Elaine Tinsley
© Elaine Tinsley

Les start-up des pays émergents peinent à accéder à des programmes de mentorat, et se retrouvent, de ce fait, désavantagées. Pour remédier à cette difficulté, le Programme sur les technologies climatiques d’infoDev (a) vient de lancer deux projets pilotes de mentorat, en partenariat avec ses Centres d’innovation climatique au Ghana (a) et aux Caraïbes (a).

L’entreprise est un puissant vecteur de changement. Elle stimule la création d’emplois et la croissance économique. Dans les pays développés, les entrepreneurs technologiques sollicitent souvent un mentor pour se perfectionner auprès d’un pair chevronné, résoudre des problèmes qu’ils maîtrisent mal et manœuvrer dans des situations délicates. Dans les pays émergents, les programmes et réseaux de soutien aux entreprises sont moins institutionnalisés, les mentors de qualité plus rares, et les créateurs d’entreprise moins familiers de ce type de relation et de service.

Une compétition de plans d’affaires encourage la diaspora malienne à entreprendre dans son pays d’origine

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La diaspora malienne représente entre quatre et six millions de ressortissants. Beaucoup d'entre eux ont bénéficié d’une éducation et d’expériences riches, des atouts qui pourraient leur permettre de développer des entreprises à fort potentiel.

Cependant, entreprendre au Mali n’est pas chose aisée. C’est pourquoi Pape Wane, un producteur de télé-réalité malien, a décidé de s’associer aux incubateurs d’entreprises locaux pour lancer la compétition d’entrepreneuriat « Diaspora Entrepreneurship », afin d’identifier, promouvoir et accompagner celles et ceux, parmi les ressortissants de la diaspora, qui sont capables de saisir les opportunités entrepreneuriales offertes par le Mali, mais aussi de relever les défis uniques imposés par son contexte.

S'inspirant des codes de la télé-réalité, l’importante communication déployée tout au long de la compétition participe à la sensibilisation et la promotion auprès des jeunes maliens de l’entrepreneuriat comme une possibilité d’insertion socio-économique.

Pape Wane, fondateur de la compétition Diaspora Entrepreneurship. Crédit : Diaspora Sud Vision

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