Face à la famine, rapprocher les interventions humanitaires et de développement
La semaine dernière, j’ai représenté le Groupe de la Banque mondiale lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies (a) consacrée à la riposte à la famine au Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen. Dans ces quatre pays, plus de 20 millions d’habitants sont victimes de la famine ou sous la menace de ce fléau dans les six prochains mois. D’où la nécessité d’agir d’urgence pour éviter que la situation ne se dégrade un peu plus.
Le Conseil de sécurité n’est a priori pas l’endroit où l’on s’attend à retrouver une institution de développement comme la Banque mondiale, surtout pour évoquer une crise humanitaire de ce type.
Concrètement cependant, la famine peut ralentir le développement par les atteintes durables qu’elle provoque sur le plan de la santé, des capacités d’apprentissage et des perspectives de gains des personnes touchées, surtout s’il s’agit d’enfants.
En outre, la prévention des conflits violents — l’une des causes directes de la famine dans ces pays — et la prise en compte des facteurs de fragilité sont au cœur des chantiers communs de l’ONU et de la Banque mondiale.
La réunion du Conseil de sécurité a permis d’approfondir notre engagement et de rechercher le soutien des pays membres afin de démultiplier nos interventions d’aide. Elle s’inscrivait dans la lignée de la réunion de haut-niveau sur la réponse à la famine (a) organisée pendant les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, en avril dernier, et coprésidée par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. Les deux organisations étaient alors convenues de mesures à prendre pour stopper la crise actuelle, affichant une tolérance zéro face à la réapparition des famines.
Dans ses remarques liminaires, la vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a rappelé le nombre alarmant de personnes menacées par la famine. Dans certains pays, la situation s’aggrave et touche particulièrement les femmes et les enfants. L’aide humanitaire et l’aide au développement continuent certes de faire la différence sur le terrain, mais 60 % des besoins humanitaires ne sont toujours pas financés.













