Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Monde

En fauteuil roulant à travers Kingston

James Dooley Sullivan's picture

En décembre dernier, James Dooley Sullivan embarque, avec son fauteuil roulant, sur un vol à destination de la Jamaïque. Graphiste et monteur vidéo pour le Groupe de la Banque mondiale, il veut enquêter et témoigner sur ce que signifie être porteur d’un handicap dans un pays en développement. James nous fait partager son expérience et nous raconte son histoire personnelle dans une vidéo et une série de billets (lire le billet précédent).

© Laura Fravel


Je suis chanceux : à mon arrivée à Kingston, j’ai droit au seul minibus de location, dans toute la Jamaïque, à être équipé d’une plateforme d’accès pour un fauteuil roulant. Je monte à bord, avec mon fauteuil, mon collègue Peter et tout le matériel qui nous permettra de filmer mes aventures dans le monde en développement. La seule chose qui manque dans ce minibus, ce sont les amortisseurs, ce qui m’oblige à m’agripper à un siège à chaque fois que notre chauffeur, Derek, tente d’éviter les nids-de-poule sur la route qui mène à notre hôtel.

Dès que j’arrive quelque part, je dois évaluer rapidement la situation. Ici, à Kingston, la moquette de ma chambre d’hôtel est épaisse et j’ai donc du mal à faire avancer mon fauteuil, mais le lit est spacieux et d’une hauteur raisonnable. Mon nouveau fauteuil, qui fait une quarantaine de centimètres en largeur, passe tout juste par la porte de la salle de bains, mais la tablette du lavabo, en granit, me fait mal aux genoux. Parmi les points positifs : une douche avec un pommeau amovible, et que je peux atteindre. Parmi les points négatifs : le WC est très bas et il va donc falloir que je fasse très attention pour l’utiliser.

Un virage technologique à 360 degrés

Brittany Walters's picture
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Young woman checks her phone.
La transformation du paysage mondial met la Banque mondiale au défi d’imaginer des innovations et des formules qui apporteront une réponse aux problèmes urgents qui se posent dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale. (Photo: Simone D. McCourtie)

Que les nouvelles technologies influencent nos modes de communication, de production et de relation, nous le savions déjà. Ce qu’a exposé Benedict Evans (a), associé du fonds de capital-risque Andreessen Horowitz, aussi connu sous le nom de a16z (a), est, en revanche, plus inattendu. À l’occasion d’une récente intervention à la Banque mondiale (Mobile is Eating the World) (a), le célèbre gourou de la Silicon Valley a dévoilé sa vision de l’impact des technologies mobiles sur notre société et sur la communauté mondiale du développement. Exaltantes le plus souvent, troublantes parfois, voici quelques-unes de ses principales réflexions.

Face à la famine, rapprocher les interventions humanitaires et de développement

Franck Bousquet's picture
 UNICEF
Des déplacés du camp Muna Dalti, au Nigéria, font la queue pour remplir leurs bidons d’eau. Crédit photo : UNICEF


La semaine dernière, j’ai représenté le Groupe de la Banque mondiale lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies (a) consacrée à la riposte à la famine au Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen. Dans ces quatre pays, plus de 20 millions d’habitants sont victimes de la famine ou sous la menace de ce fléau dans les six prochains mois. D’où la nécessité d’agir d’urgence pour éviter que la situation ne se dégrade un peu plus.
 
Le Conseil de sécurité n’est a priori pas l’endroit où l’on s’attend à retrouver une institution de développement comme la Banque mondiale, surtout pour évoquer une crise humanitaire de ce type.
Concrètement cependant, la famine peut ralentir le développement par les atteintes durables qu’elle provoque sur le plan de la santé, des capacités d’apprentissage et des perspectives de gains des personnes touchées, surtout s’il s’agit d’enfants.
 
En outre, la prévention des conflits violents — l’une des causes directes de la famine dans ces pays — et la prise en compte des facteurs de fragilité sont au cœur des chantiers communs de l’ONU et de la Banque mondiale.
 
La réunion du Conseil de sécurité a permis d’approfondir notre engagement et de rechercher le soutien des pays membres afin de démultiplier nos interventions d’aide. Elle s’inscrivait dans la lignée de la réunion de haut-niveau sur la réponse à la famine (a) organisée pendant les Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, en avril dernier, et coprésidée par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. Les deux organisations étaient alors convenues de mesures à prendre pour stopper la crise actuelle, affichant une tolérance zéro face à la réapparition des famines.
 
Dans ses remarques liminaires, la vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina Mohammed, a rappelé le nombre alarmant de personnes menacées par la famine. Dans certains pays, la situation s’aggrave et touche particulièrement les femmes et les enfants. L’aide humanitaire et l’aide au développement continuent certes de faire la différence sur le terrain, mais 60 % des besoins humanitaires ne sont toujours pas financés.

Les 5 conférences TED qui m’ont le plus inspiré

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Jim Yong Kim, TED Talk


J’ai eu l’honneur au mois d’avril de donner une conférence TED à Vancouver, au Canada. Ces exposés ont pour objectif de susciter et diffuser des idées, et le thème de cette année, « The Future Us », invitait à nous interroger sur ce que nous réserve l’avenir. Pour préparer mon intervention, j’ai visionné d’autres conférences TED données par des collègues ou des anciens du Groupe de la Banque mondiale, des scientifiques, des écrivains, des économistes, des spécialistes des nouvelles technologies… Si j’ai trouvé chez chacun d’entre eux un éclairage précieux, voici les cinq qui m’ont particulièrement marqué...

65,6 millions de personnes déplacées de force dans le monde : que cache en réalité ce chiffre ?

Xavier Devictor's picture
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(c) Dorte Verner
Regia, une Somalienne, salue ses clientes et amies devant son échoppe dans la rue principale du camp de réfugiés de Nakivale (sud-ouest de l’Ouganda). © Dorte Verner

Une fois encore, en cette Journée mondiale des réfugiés, le dernier rapport du HCR (a) nous apprend que les conflits et les persécutions ont fait croître le nombre de personnes déplacées de force à travers le monde, avec un nouveau record de 65,6 millions fin 2016.
 
Ces chiffres ont permis de focaliser l’attention sur la gravité de la crise migratoire et d’impulser un élan au sein de la communauté internationale pour la pousser à agir. Ils ont dans le même temps eu un effet anxiogène dans de nombreux pays d’accueil, notamment dans les pays de l’OCDE. Cet enjeu, devenu central dans le débat politique, soulève en effet des interrogations sur la possibilité de prendre en charge tous ceux qui fuient les conflits, avec pour conséquence parfois de nourrir la peur et l’hostilité contre les réfugiés.

Avons-nous réellement pris pied dans un « nouveau monde » où les mouvements de population sont d’une ampleur inédite et demandent des mesures extraordinaires pour les endiguer ? Pour répondre à cette question, il faut regarder les chiffres de plus près.

L’inclusion financière des déplacés profite à tous sur le plan économique et social

Ceyla Pazarbasioglu's picture
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Soixante-cinq millions d’individus dans le monde sont des déplacés, à cause d’un conflit ou d’une guerre.

Les pays en développement accueillent 95 % d’entre eux (a).

Les déplacés ont besoin d’aide. Comme leurs communautés d’accueil, dont les infrastructures, les services publics et les marchés sont soumis brutalement à des pressions immenses, qui menacent la stabilité politique.

C’est pourquoi les institutions internationales de développement revoient leur approche des crises humanitaires et ne considèrent plus que l’aide humanitaire et l’aide au développement sont deux types d’interventions distinctes et successives. La Banque mondiale renforce régulièrement son soutien aux individus et aux communautés en situation de fragilité, de conflit et de violence (a) ou exposés à des risques de catastrophe, qui peuvent aggraver l’instabilité.

Un tourisme durable favorise l’économie bleue : investir dans la protection des océans peut rapporter gros !

Rob Brumbaugh's picture
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Un amateur de snorkeling (plongée avec masque et tuba) observe un récif de corail proche du littoral de Micronésie. © Ami Vitale

L’industrie du tourisme est l’une des plus importantes au monde, elle rapporte des milliards de dollars à l’économie mondiale et on estime qu’elle contribue à la subsistance d’un habitant sur dix de notre planète. Dans bien des pays – en développement ou largement développés – le tourisme est à juste titre considéré comme un moteur de la croissance et un moyen d’améliorer le sort de populations qui, sans les revenus qu’il génère, seraient confrontées à de grandes difficultés économiques.
                                                    
Ce tourisme repose en grande partie sur l’environnement : des sites naturels magnifiques et des paysages marins imposants attirent des millions de visiteurs à la recherche d’espace, d’un nouveau souffle et d’un contact direct avec la nature. Le tourisme côtier et maritime représente une part considérable de ces activités. C’est aussi un élément important de l’économie bleue, une économie durable et en plein essor qui représente plus de 6,5 millions d’emplois, juste derrière la pêche industrielle. Avec un taux de croissance estimé à plus de 3,5 %, le tourisme côtier et maritime devrait représenter 26 % de l’économie bleue en 2030, soit le premier segment en termes de valeur ajoutée. 

Quand les villes oublient les piétons, les mégadonnées et les technologies numériques peuvent montrer la voie…

Bianca Bianchi Alves's picture

Paraisópolis, un bidonville de São Paulo connu dans tout le Brésil, est l’un de ces endroits débordant d’activité où tout peut arriver. Bien qu’il soit situé en pleine ville, il est parvenu, contrairement à d’autres quartiers pauvres, à éviter d’être relégué à la marge pour faire de la place à des logements plus coûteux ou à des infrastructures publiques. Le quartier présente une vie associative florissante, avec plus de 40 ONG très actives dans des domaines aussi divers que la gestion des déchets, la santé, la danse ou la cuisine. Dernièrement, il a également bénéficié de plusieurs programmes de rénovation. Plus particulièrement, des investissements dans les axes routiers ont permis aux camions d’accéder au quartier, attirant ainsi des commerçants de toutes tailles, ce qui a généré une activité économique dynamique et créé des perspectives d’emploi pour ses résidents.

Dans le cadre des efforts que nous continuons à déployer pour accroître la mobilité des piétons, j’aimerais aujourd’hui mettre en lumière un projet que nous avons développé pour Paraisópolis, un bidonville de São Paulo connu dans tout le Brésil, est l’un de ces endroits débordant d’activité où tout peut arriver. Cet exemple offre des perspectives intéressantes sur le potentiel de la collecte de données sur smartphone, et comment tirer parti de cette nouvelle technologie.

L’intégration des Roms, une question toujours d’actualité

Ede Ijjasz-Vasquez's picture
Roumanie. Nicoleta Alecu rit avec une amie tandis qu'elles font la lessive devant leur maison dans une communauté de Roms, dans le village de Frumusani. © Dominic Chavez / Banque mondiale

Les Roms sont la plus importante minorité ethnique d’Europe et sans doute la plus fortement discriminée. Bien que les institutions européennes, les gouvernements, les organisations de développement et la société civile agissent depuis de nombreuses années pour favoriser l’intégration des Roms, une grande part de cette population vit dans la pauvreté et n’a pas accès à des services de base. 

Repenser le financement du développement pour répondre à des aspirations croissantes

Jim Yong Kim's picture
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Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale.

Nous avons demandé à celles et ceux qui ont participé à la conférence mondiale du Milken Institute de répondre à la question suivante : comment donner du sens à sa vie à l’ère des bouleversements technologiques ?

Il n’y a guère d’endroits au monde où vous ne verrez pas des gens utiliser un téléphone portable ou un ordinateur. À l’heure où l’internet et les médias sociaux connectent tout le monde avec tout le monde, chacun sait exactement comment les autres vivent, dans son pays comme à l’étranger. Et cette connaissance aboutit à une convergence planétaire des aspirations individuelles. Des aspirations qui ne portent pas simplement sur ce que les autres possèdent, mais qui concernent aussi l’accès à des opportunités dont beaucoup sont privés.m

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