Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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La difficile détermination du seuil de pauvreté

Kaushik Basu's picture
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Une femme et un enfant à Madagascar © Yosef Hadar / Banque mondialeEn tant que professeur universitaire puis conseiller économique en chef auprès du gouvernement indien, je me suis longtemps basé avec la plus grande satisfaction sur les données de la Banque mondiale en matière de pauvreté à l'échelle internationale, suivant avec intérêt les tendances et analysant les différents modèles transétatiques. Je n'avais pas pour habitude de prendre un instant pour réfléchir à la manière dont ces chiffres étaient calculés. Puis, il y a trois ans, j'ai rejoint la Banque mondiale au poste d'économiste en chef.

Soudainement, c'est comme si l'on avait demandé au client d'un restaurant, qui jusqu'à présent se contentait de commander avec joie son plat préféré, de se rendre en cuisine pour préparer lui-même ce plat.

L'exercice consistant à mesurer la pauvreté constitue un défi de taille pour la Banque mondiale. Si cette pauvreté diminue, nos détracteurs nous accusent de vanter nos résultats. Lorsqu'elle augmente, les critiques nous reprochent d'œuvrer pour conserver nos postes. Et lorsque les chiffrent demeurent inchangés, on nous accuse de fuir l'une ou l'autre de ces responsabilités.
 
Il existe certes un aspect libérateur dans le fait de se savoir condamné à la critique quelle que soit l'issue. Pour autant, lorsqu'il s'est agi pour notre équipe de déterminer cette année le seuil mondial de pauvreté (et par conséquent l'incidence de la pauvreté), je n'ai pu m'empêcher d'avoir en tête cette mise en garde formulée par Angus Deaton, prix Nobel d'économie 2015 : « Je ne suis pas certain qu'il soit judicieux pour la Banque mondiale d'engager autant sa responsabilité dans ce projet ».

Devenons plus intelligents ensemble : tout un univers de données sur le développement à portée de main !

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Bien souvent, quand on discute entre amis, les données sont les grandes absentes : « C'est un problème vraiment énorme ! » Mais « énorme » à quel point, exactement ? Il est fort probable que votre interlocuteur n'en ait pas la moindre idée…. 

On dit que nous vivons aujourd'hui dans une nouvelle ère, l'« âge des données ». Banque mondiale, organismes de l'ONU, NASA, Agence spatiale européenne, universités, etc. : toutes ces institutions nous submergent de nouvelles données collectées avec grand soin auprès des pays ou via des enquêtes, ou issues des observations réalisées par les yeux toujours plus nombreux qui peuplent désormais le ciel. Les téléphones mobiles d’aujourd’hui sont plus puissants que les gros ordinateurs que j'utilisais lorsque j'étais à l'université… Et il est même possible d’avoir accès à un réseau 3G correct dans un village du Malawi.
 
Open data for sustainable development

Viet Nam : une nouvelle carte interactive pour mieux visualiser la pauvreté

Gabriel Demombynes's picture
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La Banque mondiale lance un nouveau site bilingue anglais-vietnamien qui permet de visualiser sur une carte du Viet Nam des données socioéconomiques par province et par district. Cet outil s’adresse aux journalistes, responsables politiques, chercheurs et citoyens en quête d’éléments probants sur la situation économique et sociale en différents points du territoire vietnamien. L’extrême diversité du pays, que des statistiques non désagrégées pourraient masquer, transparaît clairement.
 
Comment naviguer sur le site ? Il suffit de cliquer sur l’indicateur de votre choix (liste de gauche) puis de déplacer le curseur de la souris sur la carte. Un simple clic sur la province choisie fait apparaître un tableau synthétisant toutes les informations disponibles. Un double clic active un zoom (plusieurs niveaux possibles). Une fois le district voulu sélectionné, un simple clic permet de visualiser les données. Toutes les informations (sources comprises) peuvent être téléchargées, par province et par district. 

Des labos du savoir en réseaux : développer l’innovation à la Banque mondiale

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 développer l’innovation à la Banque mondiale Aleem Walji, directeur des Laboratoires de l’innovation à la Banque mondiale, a récemment accordé un entretien au magazine Forbes et au Skoll World Forum sur ses thèmes de prédilection : l’innovation et le développement. En voici les grandes lignes.
 
Lorsque j’ai rejoint la Banque mondiale, fin 2009, c’était pour aider l’institution à réfléchir à des solutions pour soutenir plus systématiquement l’innovation. À partir de la politique d’accès à l’information dont s’était dotée la Banque, nous avons commencé par mettre au point l’initiative pour le libre accès aux données. Dès son lancement, en avril 2010, les internautes se sont rués sur ces informations mises à leur disposition dans un format permettant le traitement, la recherche et la réutilisation des données. En quelques mois, le taux de consultation de notre catalogue de données a dépassé celui de la page d’accueil de la Banque mondiale !

La science de la prestation : apprendre et réussir grâce aux données

Aleem Walji's picture
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Devant la confusion qui entoure la notion de « science de la prestation », il est important de préciser que cette science n’est en rien une proposition « clef en main » qui repose sur l’idée d’une universalité des solutions. Par ailleurs, elle n’entend pas professer que, sur la foi d’analyses et d’éléments factuels, on aboutit à un résultat garanti.

Il y a quelques semaines, la Banque mondiale et l’Institut coréen de développement (a) ont organisé une conférence mondiale sur la science de la prestation et réuni plusieurs institutions de développement comme la Fondation Gates, la Fondation Grameen (a), l’UNICEF, le Dartmouth Center for Health Care Delivery Science (a) et la mHealth Alliance (a). Nous avons débattu à cette occasion des opportunités et des freins au développement lorsque s’il s’agit de lutter contre l’extrême pauvreté, en nous penchant notamment sur des expérimentations dans le domaine de la santé, sur le rôle de la technologie pour réduire les coûts et optimiser les effets des interventions, et sur la difficulté d’appliquer des programmes pilotes à grande échelle.

Démocratie et criminalité : un problème ancien en attente de réponses neuves

José Cuesta's picture
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Les troubles et les violences politiques qui sont survenus récemment dans le monde ont ravivé une question ancienne, qui est tellement simple qu’elle trouve souvent des réponses compliquées et peu convaincantes : la démocratie attise-t-elle ou, au contraire, désamorce-t-elle la violence ? Depuis des décennies, les sociologues, historiens, politologues, criminologues et économistes formulent des hypothèses sur les rapports entre ces deux concepts, et obtiennent toutes sortes de résultats.

Penchons-nous sur la relation entre démocratie et criminalité. On a affirmé que les démocraties entretiennent la criminalité (théorie du conflit), l’atténuent (théorie de la civilisation), commencent par l’exacerber avant de l’atténuer (perspective de la modernisation), n’ont aucune influence sur la criminalité (hypothèse nulle), ou une influence imprévisible qui dépend du stade de développement de leurs institutions politiques (théorie de l’avantage comparatif).

Dans une étude publiée récemment, j’avance que les nombreuses explications de la relation entre criminalité et démocratie pèchent par ce que j’estime être un problème d’« identification ». Ces différentes explications ne s’excluent pas nécessairement du fait de leurs déterminants, de leurs mécanismes et de leurs prévisions, c’est pourquoi il est si difficile d’en vérifier la validité. Les prévisions sont en outre imprécises, ce qui n’est guère étonnant s’agissant de concepts aussi fluctuants que la démocratisation, les transitions politiques et la maturité démocratique. Les diverses théories décrivent les dynamiques selon des notions assez vagues de stade précoce ou avancé et de court ou moyen terme. On aboutit ainsi à un large panel de prévisions pouvant correspondre à plusieurs hypothèses en même temps.

Nouvelles séries de données sur la pauvreté, le genre, l’emploi, la santé et autres thèmes : petit guide rapide

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Grâce à l’initiative de libre accès aux données de la Banque mondiale, nous mettons ici à votre disposition toute une masse d’informations : pour les seules séries chronologiques, vous trouverez quelque 8 000 indicateurs portant sur 200 pays environ. Mais une question revient souvent chez nos utilisateurs : « Quels indicateurs avez-vous sur le thème XYZ, et lequel dois-je utiliser de préférence ? » Un bon point de départ pour votre navigation est notre page de recherche par thème. Alternativement, si vous avez déjà une certaine connaissance de nos bases de données, consultez notre ensemble de séries chronologiques de données (a).

Mais nous avons aussi entrepris, en collaboration avec certains experts de la Banque pour des thèmes ou des régions donnés, de mettre en place des outils et tableaux de bord spécialisés pour vous permettre d’étudier plus à fond ou de comparer les indicateurs, et de cerner la réalité qui se cache derrière les chiffres. Vous trouverez ici des modes de visualisation créatifs et des moyens d’accéder facilement aux données sous-jacentes, qui vous permettront d’approfondir vos connaissances sur une diversité d’aspects touchant au développement.

Nos efforts ont jusqu’ici porté sur six domaines : pauvreté, genre, emploi, santé, inclusion financière, et cadre politique et institutionnel des pays africains. Nous nous donnons d’en couvrir d’autres, mais nous aimerions avoir votre avis en retour sur les domaines que vous aimeriez voir traités. Voici un petit guide rapide d’utilisation de ces nouvelles séries de données.

Mortalité infantile : des données récentes attestent de l’accélération des progrès

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Billet rédigé par Emi Suzuki (a)

Mortalité infantile

Selon de nouvelles estimations des Nations Unies et de la Banque mondiale, l’objectif du Millénaire pour le développement relatif à la réduction de la mortalité infantile enregistre des progrès substantiels mais encore insuffisants. 

Les dernières estimations de la mortalité infantile (a), publiées ce jour par le Groupe inter-agences de l’ONU pour l’estimation de la mortalité infantile (UN-IGME) — qui réunit l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Banque mondiale et la division de la Population des Nations Unies — révèlent des progrès substantiels sur le front du quatrième objectif du Millénaire pour le développement (OMD).

Tout est une question de timing : doit-on se préparer à une nouvelle crise mondiale des prix alimentaires?

José Cuesta's picture

Disponible en : English crise alimentaire

Le monde semble à nouveau retenir son souffle face à la brusque flambée des prix alimentaires, attisés par une sécheresse exceptionnelle aux États-Unis et l'absence de précipitations en Europe de l'Est[1]. Comment savoir si les toutes dernières augmentations se transformeront en une crise d'une ampleur comparable à celles que le monde a connues en 2007-2008 puis en 2010-2011 ? L'art de la prévision est délicat. La différence observée, entre hier et aujourd'hui, au niveau des prix de l'énergie — facteur qui a une influence capitale sur les cours alimentaires — incite à l'optimisme. D'autant que les gouvernements (c'est à espérer) auront appris à se méfier de toute réaction de panique, aux conséquences si douloureuses. Il n'en demeure pas moins que la volatilité des prix alimentaires mondiaux enregistrée depuis plusieurs mois, conjuguée à la faiblesse des stocks et aux alertes sur la sécurité alimentaire dans certaines régions d'Afrique de l'Est et de l'Ouest, laissent présager d'un avenir assez sombre.

Conférence sur l’ouverture des données publiques : 100 intervenants de 50 pays, ou le pouvoir des idées en action

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La deuxième Conférence internationale sur l’ouverture des données publiques (IOGDC) réunira des centaines d’experts et de partisans du libre accès aux données venus de plus de 50 pays. Cette édition portera sur les implications et l’avenir de l’open data à travers le monde, en se penchant sur le cas d’un certain nombre de villes, pays et institutions.