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Réfugiés : pourquoi la baisse de la durée moyenne de l’exil est une fausse bonne nouvelle

Xavier Devictor's picture

La durée moyenne de l’exil continue de baisser, pour passer de 14 à 10 ans entre 2012 et 2017. La durée médiane s’est également réduite de 6 à 4 ans sur la même période, ce qui signifie que la moitié des personnes qui sont actuellement des réfugiés le sont depuis moins de 4 ans.

Personne ne souhaite connaître la situation de réfugié, et encore moins sur une période prolongée. Aussi est-il tentant de penser que la baisse de la durée moyenne d’exil constitue une évolution positive. Or, en étudiant les chiffres de plus près, on voit que la réalité est tout autre.

La délégation olympique des réfugiés : un message doux-amer au monde

Farhad Peikar's picture
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Des milliers de spectateurs se sont levés pour montrer leur soutien tandis que des millions de téléspectateurs à travers le monde ont suivi en direct les images de la première délégation olympique de réfugiés alors que ses membres foulaient le stade Maracanã lors de la cérémonie d’ouverture des J.O. de Rio.

Les six hommes et les quatre femmes qui la composent (cinq coureurs sud-soudanais, deux judokas congolais [RDC], deux nageurs syriens et un marathonien éthiopien) ont été sélectionnés parmi un groupe de 43 candidats possibles.

L'annonce de leur participation restera incontestablement l’un des moments les plus forts des Jeux olympiques de 2016. En portant le drapeau olympique, les 10 athlètes ont adressé ensemble un message d’espoir aux millions de jeunes gens contraints à l’exil.

Nous aurions tort de ne pas nous réjouir de cette initiative historique et sans précédent dans le monde du sport, et il faut saluer les nombreux acteurs qui l'ont rendue possible. Mais dans un monde idéal, une telle équipe n’aurait pas lieu d’exister. Les moments de joie, rares et précieux, générés par l'initiative ne sauraient masquer la réalité des souffrances vécues chaque jour dans les camps de réfugiés du monde entier. L’existence même de cette délégation nous rappelle que la communauté internationale a échoué à aider plus de 65 millions de personnes déplacées à retrouver leur domicile, ou ne serait-ce qu'à leur trouver un nouveau lieu de résidence permanent. Ces athlètes représentent une communauté en exil qui fuit les conflits, les guerres civiles, les agressions, les famines, la pauvreté et les maladies — dans certaines situations, l’enlisement est tel que presque tout espoir s'est envolé pour ces populations acculées.

L’exode des réfugiés syriens vers l’Europe : la survie au bout du smartphone

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© B. Sokol/UNHCR
Son smartphone est, pour Youssouf, son « bien le plus précieux ». Grâce à son portable, ce jeune réfugié peut appeler son père resté en Syrie. © B. Sokol/UNHCR


Si on étudie le contenu des sacs des réfugiés (a) qui prennent des bateaux au péril de leur vie pour rallier l’Europe, on trouvera des effets divers et variés, à l’exception d’un objet commun : un smartphone.

On a reproché à ces réfugiés de posséder un smartphone (a), mais ce que leurs détracteurs ne comprennent pas, c’est que ces appareils onéreux permettent aux réfugiés de fuir les guerres et les persécutions et qu’ils sont indispensables à leur survie en terre étrangère. Grâce à ces outils, ils peuvent également raconter leur épopée à la planète entière et relater ce qui constitue la plus grande crise de ce type depuis la Seconde Guerre mondiale (a).

Cet exode est le premier de l’ère du tout numérique et cet élément bouleverse les conditions mêmes de la fuite des réfugiés vers le continent européen. Les technologies employées par les réfugiés leur évitent bien des écueils et contribuent aussi à remettre en cause les stéréotypes à leur égard. Beaucoup de réfugiés syriens, iraquiens, afghans et d’ailleurs cheminant vers l’Europe ont montré, grâce à leur smartphone, que tous les réfugiés ne sont pas désargentés et qu’ils fuient parce qu’ils craignent pour leur vie.

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