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rapport sur le développement dans le monde

Accélérer le progrès vers un capital humain renforcé et une meilleure inclusion financière

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© Banque mondiale
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La semaine dernière, plus de 11 000 délégués des pays membres du Groupe de la Banque mondiale (issus des secteurs public et privé) se sont retrouvés à l’occasion de nos Assemblées annuelles en Indonésie, pour réfléchir à la manière d’accélérer les progrès vers la réalisation de notre double objectif : mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et promouvoir une prospérité partagée au profit des 40 % les plus pauvres dans le monde.  

Ces questions qui me taraudent

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Des villageois visitent l’école Anando à Kashadaha (Bangladesh). © Dominic Chavez/Banque mondiale


Pour la première fois depuis la crise financière, l’économie mondiale a de bonnes chances de tourner à plein régime ou presque en 2018, comme nous l’avons indiqué dans notre dernière édition des Perspectives économiques mondiales

Le retour de la croissance mondiale est une bonne nouvelle pour le combat que nous menons contre la pauvreté et en faveur d’une prospérité partagée dans le monde entier. Reste que je nourris des inquiétudes lancinantes face à un certain nombre de processus à l’œuvre.

En premier lieu, on assiste à travers le monde à une montée des aspirations individuelles. Il faut se réjouir de cet essor des aspirations. Conjuguées aux opportunités, elles peuvent insuffler du dynamisme et donner lieu à une croissance économique durable et solidaire. Mais je crains, comme semblent l’indiquer les travaux de recherche, que les attentes frustrées de leurs populations n’entraînent les pays sur la voie de la fragilité, des conflits, de l’extrémisme et de la migration.

Malgré le relèvement du seuil international de pauvreté à 1,90 dollar par jour, la situation de la pauvreté dans le monde n’évolue pratiquement pas. Pourquoi ?

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Depuis 1979, les chercheurs de la Banque mondiale tentent d’apprécier l’étendue de l’extrême pauvreté dans le monde. En 1990, le Rapport sur le développement dans le monde a introduit un seuil international de pauvreté de un dollar par jour, permettant un travail plus systématique. Il s’agissait dès le départ de mesurer la pauvreté monétaire par rapport à un seuil exigeant lequel devait a) refléter les niveaux de pauvreté absolue dans les pays les plus pauvres du monde ; et b) correspondre au même niveau de bien-être réel dans tous les pays. La première contrainte a conduit les chercheurs à caler le seuil international de pauvreté sur les seuils nationaux de pauvreté des pays en développement les plus démunis. La seconde les a amenés à opter pour des taux de change en parité de pouvoir d’achat (PPA), et non plus en valeur nominale, afin de convertir le seuil en dollar américain et, surtout, dans la monnaie de chaque pays en développement.

L’éducation des filles est un investissement rentable. Malala est venue nous le rappeler

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Un sentiment d ’horreur. Voilà ce que j’ai éprouvé en apprenant qu’une adolescente pakistanaise de 15 ans s’était fait tirer dessus parce qu’elle défendait simplement son droit à l’éducation. C’était l’automne dernier. Cette jeune fille, c’est Malala Yousafzai.

Le drame m’a aussi rappelé à quel point j’avais été chanceuse. Le jour où l’on m’a offert une bourse d’études à l’étranger (une rare opportunité pour la jeune Indonésienne que j’étais), ma première réaction a été de me dire que je ne pouvais pas quitter mon mari. Ma mère s’est chargée de mettre les points sur les i : soit mon époux partait avec moi et renonçait donc à son emploi, soit je refusais la bourse. Je sais que c’était sa façon à elle de pousser mon mari à me soutenir – ce qu’il a fait sans la moindre hésitation. Nous sommes donc partis aux États-Unis finir nos mastères. En parallèle, je me suis inscrite en doctorat d’économie puis nous avons eu notre premier enfant – une fille – alors que nous étions encore en troisième cycle.

Ma mère a eu dix enfants (je suis la septième) : six filles et quatre garçons. Et un doctorat. Elle a été professeur à l’Institut d’éducation du Java central. Dans son genre, c’est une pionnière, qui n’a pas voulu se contenter de la « normalité » réservée aux femmes en Indonésie à l’époque. Elle avait donc toutes les raisons de me soutenir, à sa manière.

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