Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Éducation

Un appel lancé depuis le Sénégal : il faut investir dans le capital humain et la protection de la planète

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Au début du mois de février, le Sénégal a été au premier plan de deux combats essentiels pour la communauté internationale : la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de la qualité de l’éducation dans un monde en pleine mutation.

Le président de la République française Emmanuel Macron et son homologue sénégalais Macky Sall ont coprésidé la conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), qui s’est tenue à Dakar le 2 février. Le GPE est une plateforme de financement qui a pour mission d’aider les pays à faible revenu à non seulement accroître le nombre d’enfants scolarisés mais aussi à faire en sorte qu’ils maîtrisent les apprentissages requis.

Cette conférence a permis aux dirigeants africains et à leurs partenaires de faire connaître leur détermination à fournir une éducation qui prépare les enfants à l’économie de demain et favorise les progrès socioéconomiques.

Quand l’éducation par le divertissement change notre conception du développement

Arianna Legovini's picture
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Améliorer le bien-être de tous ne se résume pas à proposer des services. Cela suppose aussi que chacun s’investisse activement au développement, en exigeant des services et des produits utiles au quotidien et en adoptant des réflexes propres à améliorer son existence. La prévention en matière de santé en est une bonne illustration.

En 2009, dans le cadre de notre atelier sur l’évaluation des résultats obtenus dans la lutte contre le sida organisé en Afrique du Sud, dans la ville du Cap, j’ai suivi l’intervention de Nancy Padian. Cette chercheuse en médecine au Women’s Global Health Imperative (a) a passé au crible les conclusions d’essais randomisés contrôlés testant l’efficacité des campagnes de prévention du VIH.

L’étude (a) présentée expliquait qu’une trentaine de ces campagnes avaient échoué à modifier le comportement sexuel et à faire baisser l’incidence du VIH.
Ce travail nous a donné à réfléchir : il faisait ressortir l’inefficacité de campagnes de communication qui ne parvenaient ni à changer les comportements ni à enrayer l’épidémie du VIH.
Un examen plus approfondi a mis en évidence une communication privée de trames narratives inspirantes et reposant sur des supports désuets et sans intérêt (panneaux d’affichage, dépliants, etc.).

Nous nous sommes alors posé la question de savoir si nous pouvions faire autrement.

La génération qui mettra fin aux mutilations génitales féminines

Sandie Okoro's picture
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© UNFPA
© UNFPA

Pour des millions de filles et de femmes dans le monde, l’excision et les autres mutilations génitales féminines sont une réalité à laquelle elles se trouvent confrontées au quotidien — et quand une femme me confie qu’elle a été « coupée » ou parle des conséquences de cette pratique dans sa vie, cela ne m’étonne plus. Récemment, j’ai eu le privilège de discuter avec des victimes qui se battent désormais pour mettre fin à cette pratique en une génération, me rappelant qu’une seule personne peut faire la différence.

Pour la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, célébrée le 6 février, nous apportons notre soutien au mouvement #EndFGM. Cette campagne, initiée par des victimes, gagne du terrain partout dans le monde.

Les mutilations sexuelles sont une forme de violence qui touche au moins 200 millions de filles et de femmes dans le monde. Chaque jour, 6 000 filles et femmes environ vont subir ces pratiques, avec des séquelles durables et irréversibles.

Les mutilations génitales féminines sont inextricablement liées à la lutte contre l’extrême pauvreté : elles vont en général de pair avec un mariage précoce et forcé, et un niveau d’instruction inférieur à la moyenne ; les victimes ont plus de risques d’être issues d’un milieu défavorisé et de ne pas parvenir à s’en extraire. Au-delà des chiffres et des statistiques, des chercheurs ont démontré les conséquences de ces pratiques sur la santé sexuelle et le bien-être psychologique des femmes.

Le numérique au service de l’emploi des jeunes

Gabriela Aguerrevere's picture


Comment et quand utiliser la technologie pour concevoir et mettre en place des programmes d’emploi pour les jeunes ? Avant de décider d’inclure le numérique dans un projet, il faut se demander s’il est judicieux de consacrer du temps et de l’argent à ce développement. En effet, autant la technologie peut être source de changement et apporter des solutions, autant elle reste coûteuse et chronophage. En outre, avant de vouloir essayer de résoudre un problème, il faut être certain de le comprendre pleinement.

De fait, l’accès à l’information (et en particulier aux données utiles aux jeunes) est l’un des principaux domaines dans lesquels la technologie peut nous simplifier la vie. Le site Tounes Ta3mal l’a bien compris, qui est né de la volonté de mettre en relation les chercheurs d’emploi et les recruteurs.

Ces questions qui me taraudent

Jim Yong Kim's picture
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Des villageois visitent l’école Anando à Kashadaha (Bangladesh). © Dominic Chavez/Banque mondiale


Pour la première fois depuis la crise financière, l’économie mondiale a de bonnes chances de tourner à plein régime ou presque en 2018, comme nous l’avons indiqué dans notre dernière édition des Perspectives économiques mondiales

Le retour de la croissance mondiale est une bonne nouvelle pour le combat que nous menons contre la pauvreté et en faveur d’une prospérité partagée dans le monde entier. Reste que je nourris des inquiétudes lancinantes face à un certain nombre de processus à l’œuvre.

En premier lieu, on assiste à travers le monde à une montée des aspirations individuelles. Il faut se réjouir de cet essor des aspirations. Conjuguées aux opportunités, elles peuvent insuffler du dynamisme et donner lieu à une croissance économique durable et solidaire. Mais je crains, comme semblent l’indiquer les travaux de recherche, que les attentes frustrées de leurs populations n’entraînent les pays sur la voie de la fragilité, des conflits, de l’extrémisme et de la migration.

Investir dans le capital humain, ou comment le Pérou a remporté son combat contre les retards de croissance

Carlos Ferreyra's picture
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Claudia et Olga ont bien des raisons d’être fières de leur travail. Il y a 16 ans, avec plusieurs familles de leur village, ces deux femmes ont amorcé une vraie révolution en affirmant que le destin d’un enfant ne pouvait dépendre de son lieu de naissance ou de son milieu socioéconomique. Elles ont mené leur combat au service d’une seule cause : mettre fin à la malnutrition chronique et assurer aux enfants un bon départ dans la vie à la période cruciale que constituent les 1 000 premiers jours d’existence.

Si Claudia et Olga ont initié le mouvement, le Pérou est effectivement parvenu à réduire ses taux de retard de croissance grâce aux décisions stratégiques et aux efforts constants du gouvernement péruvien et de très nombreux partenaires.

Savoir enseigner des compétences

Paula Villaseñor's picture

Alors que l’éducation a connu une formidable expansion à travers le monde, le sujet des compétences acquises à l’école fait désormais partie des priorités des acteurs du secteur, voire souvent leur priorité absolue. Les décideurs ayant compris qu’allongement de la scolarité ne rime pas forcément avec progrès sur le plan des apprentissages, du développement des compétences ou de la croissance économique, la plupart des pays ont commencé, surtout depuis le tournant du siècle, à engager des réformes pour une éducation axée sur les compétences. Étonnamment, cela n’a pas induit d’amélioration systématique des acquis scolaires ou, du moins, au rythme attendu. D’où cette question évidente : comment enseigner concrètement les compétences dans chaque classe pour que les plans conçus par les autorités éducatives produisent effectivement des résultats quantifiables chez chaque élève ?
 
Malgré les innombrables études sur les politiques de développement des compétences, la plupart s’attachent à avancer des recommandations pour identifier les lacunes et déployer des stratégies au niveau global. Les éléments concrets sur les mesures à prendre pour garantir le développement des compétences dans les écoles sont malheureusement plus rares. Pour moi qui ai eu à conduire un vaste programme de développement des compétences, je sais d’expérience qu’une étape incontournable consiste, même si cela peut paraître une lapalissade, à définir aussi précisément que possible les compétences qui seront enseignées et donc à consacrer suffisamment de temps à ce processus.
 

Un projet qui redonne le sourire aux petits réfugiés syriens d’Istanbul

Qiyang Xu's picture
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© Banque mondiale

Rien n’est plus gratifiant que de faire sourire un enfant. Tout particulièrement s’il a connu la guerre.
 
La photo d’Aylan Kurdi, petit Syrien de trois ans échoué sur une plage de Turquie, a fait le tour du Net. Elle nous a sidérées et nous a poussées à agir. Parce que cet enfant n’avait pas eu la chance d’atteindre vivant des terres plus clémentes, nous avons décidé d’aider les jeunes réfugiés à s’adapter à une nouvelle vie.
 
C’est dans cet esprit que nous nous sommes associées à l’organisation turque à but non lucratif Small Projects Istanbul (SPI) (a), dans le cadre du Fonds d’innovation pour la jeunesse de la Banque mondiale (YIF). Nous allions aider des enfants syriens à trouver un peu de bonheur et de joie en Turquie, après avoir quitté leur pays déchiré par la guerre.
 
Le Fonds YIF offre la possibilité à de jeunes employés du Groupe de la Banque mondiale de penser, réaliser et évaluer des projets axés sur l’innovation, l’efficacité et l’impact sur le développement. Notre idée était d’entreprendre un programme d’initiation à la langue turque, de parrainage et de soutien psychologique. Il s’agissait d’accompagner une vingtaine d’enfants exilés pour qu’ils puissent s’intégrer dans la société turque, développer une confiance en soi et avoir accès à l’éducation.
 
Notre proposition a été sélectionnée à l’issue d’un concours de projets. C’est ainsi que l’aventure a commencé...

L’instruction des filles et l’avenir d’une nation

Sri Mulyani Indrawati's picture
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Des lycéeennes à Berastagi, dans le nord de Sumatra, en Indonésie. © Axel Drainville via Creative Commons


Nous sommes toutes les deux entrées au lycée en 1978 à Semarang, notre ville natale. Notre établissement était situé sur une grande artère au cœur de la ville et occupait un magnifique bâtiment colonial néerlandais. La solidité de son architecture reflète bien la réputation dont jouissait notre lycée à l’époque : son directeur était un homme passionné par son métier, qui faisait tout pour encourager la discipline et l’apprentissage.

Dans notre lycée, les garçons et les filles avaient les mêmes chances d’apprendre et de s’épanouir. C’est une chose pour laquelle s’est battue Raden Ajeng Kartini, héroïne nationale et militante des droits des femmes en Indonésie. Notre établissement était équipé de laboratoires pour la chimie, la physique, la biologie et les langues étrangères. Nous avons eu la chance de recevoir un enseignement de qualité dans l’un des meilleurs lycées publics de Semarang. Notre établissement affichait également de bons résultats au niveau provincial et national.

20 projets EdTech innovants à travers le monde

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J’étudie depuis deux décennies des aspects à l’intersection entre les secteurs de l’éducation et de la technologie dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et émergents. C’est un travail fascinant : au cours des 20 dernières années, j’ai été consultant, évaluateur ou participant dans des initiatives en faveur des technologies éducatives (« EdTech ») dans plus de 50 de ces pays. Concernant le recours aux technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement, la révolution promise semble toujours imminente. Des personnes me présentent fréquemment des idées en étant convaincues que, « cette fois, c’est différent », même si, par le passé, nombre des utilisations potentielles des nouvelles technologies n’ont pas abouti.

Souvent, on me demande aussi d’aider à repérer des initiatives très attrayantes, susceptibles, individuellement ou ensemble, d’éclairer des tendances et des approches naissantes dans ce secteur :

« Je m’intéresse à des exemples de projets innovants en technologies éducatives, venant du monde entier, surtout à ceux principalement destinés à aider enseignants et apprenants dans les pays en développement. En d’autres termes, pourriez-vous m’indiquer quelques projets et entreprises que je ne connais peut-être pas, mais que je devrais connaître ? »

Je reçois ce genre de demande presque chaque semaine (et parfois plusieurs fois par jour). Vu cette fréquence, j’ai jugé utile de présenter ici brièvement 20 initiatives, émanant de toutes les régions. J’espère ainsi attirer l’attention sur des projets intéressants qui sont peut-être peu connus mais dont on peut tirer beaucoup de leçons. 

Même sans avoir la certitude que, « cette fois, c’est différent », on constate que ces projets foisonnent, et qu’une grande partie d’entre eux sont sophistiqués. Il n’y en avait jamais eu autant, dans autant d’endroits. Certains ont su mettre à profit des échecs du passé. D’autres, en revanche, reproduiront sans nul doute les mêmes erreurs, selon la définition d’Einstein : « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Espérons qu’aucun de ceux que je vais présenter ne tombera dans ce piège, même si je crains que quelques-uns ne puissent l’éviter.

Ma liste, qui mêle des initiatives avec et sans but lucratif, est délibérément sélective et non représentative (lire mes nombreuses remarques et explications qui suivent). Certains de ces projets sont forcément voués à l’échec ; d’autres seront très probablement modifiés à plusieurs reprises car ils tentent, pour reprendre la formule de Deng Xiaoping, « de « traverser la rivière en tâtant chaque pierre ». Et peut-être, je dis bien peut-être, une poignée pourrait se révéler aussi « transformateurs » qu’ils l’espèrent. 

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