Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Santé, nutrition et population

Les leçons de Carabayllo : la lutte contre la tuberculose impose des choix difficiles

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Melquiades, un patient atteint d'une forme aggravée de la tuberculose


À seulement 17 ans, la pauvreté et la tuberculose condamnaient Melquiades Huaya Ore à une mort certaine. Il était si maigre que les médecins pouvaient faire le tour de son bras avec leurs mains, et que l’on voyait ses côtes à travers sa peau.

Melquiades n’avait aucune chance de survivre : il allait rejoindre les rangs des victimes d’une maladie qui cause chaque jour 4 000 décès dans le monde et qui constitue une grave menace pour la santé publique. Dans le monde, 9,6 millions de personnes, dont un million d’enfants, ont contracté la tuberculose en 2014.

Le jeune garçon était atteint de la pire forme de tuberculose, celle qui résiste aux médicaments les plus puissants et les plus efficaces. Il était si malade qu’il avait même du mal à avaler les comprimés.

C’était en 1993. Melquiades vivait dans le district de Carabayllo, une région très pauvre située à une trentaine de kilomètres au nord de Lima, au Pérou.

Là, une petite équipe très motivée, composée d’infirmiers, d’agents de santé communautaires et de médecins (dont l’actuel président du Groupe de la Banque mondiale) a aidé à mettre sur pied une organisation non gouvernementale, Socios en Salud (« partenaires pour la santé »).

Pour mettre fin à l'extrême pauvreté, il va falloir innover et penser autrement

Korina Lopez's picture
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En Inde, les mauvaises conditions d’hygiène sont à l’origine de 1 décès sur 10. La solution ? Encourager chaque foyer à s’équiper d’un cabinet de toilettes et éduquer les citoyens à l’importance de l’hygiène. Le gouvernement a ainsi pris l’initiative d’une campagne insolite baptisée « pas de toilette, pas d’épouse ». Il s’agit de tirer parti d’une tendance de plus en plus en vogue dans le pays : les toilettes font désormais partie des biens apportés par le futur marié dans sa dot. La généralisation de lieux d’aisance salubres et sûrs conduira à un environnement plus propre, tout en améliorant la qualité de l’eau et l’état de santé général de la population. Et quand on est en bonne santé, on est plus à même d’étudier, et donc de réussir sa scolarité et, pour finir, de s’en sortir économiquement. #BienPlus que des toilettes, c’est le gage d’une bonne santé.











Les obstacles qu’il faut surmonter pour parvenir à mettre fin à la pauvreté sont bien connus : mauvaises conditions d’hygiène et problèmes d’assainissement, inégalités entre les sexes, difficultés d’accès aux soins médicaux, à l'éducation, aux services financiers... pour n’en citer que quelques-uns. On les connaît mais impossible de trouver une solution qui fonctionne pour toutes les populations, dans toutes les régions du monde. D'où la nécessité de solutions ingénieuses, répondant à des besoins spécifiques à l'aide des ressources disponibles. Et ces solutions se trouvent parfois là où on s'y attend le moins.https://www.youtube.com/watch?v=ps1cOsfS4sM

Les femmes, premières victimes du virus Zika

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 EPA / Percio Campos
Une femme enceinte devant sa maison dans le bidonville de Beco do Sururu, à Recife, au Brésil.
Crédits: EPA / Percio Campos


Depuis le début de l’année et la flambée épidémique du virus Zika, le monde découvre avec effroi ces clichés de bébés atteints de microcéphalie qui font la une des informations. Ces jeunes victimes incarnent le coût humain de cette épidémie, même si le lien de causalité entre le virus et cette maladie congénitale n’est encore formellement établi.

Couverture de santé universelle – l’heure est venue d’agir

Jim Yong Kim's picture
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Enfermeras cuidan de los recién nacidos en Freetown, Sierra Leona. © Dominic Chávez / Banco Mundial

 

TOKYO, Japon — En 1961, le Japon a mis en place une couverture de santé universelle, accomplissement exceptionnel pour un pays sortant d’un conflit. Grâce à des services de santé de qualité largement et financièrement accessibles, la santé des Japonais s’est améliorée – ce qui leur a permis de profiter de vies plus longues et plus prospères que les habitants de pratiquement tous les autres pays du monde.

Pourtant, pour des milliards d’autres – en particulier ceux qui vivent dans des pays en développement – les soins de santé, y compris les plus basiques, demeurent hors de portée. Selon les estimations, 65 % seulement de la population mondiale avaient accès à des services de santé de base en 2013. 

Mettre fin aux gaz torchés pour parer au changement climatique

Anita Marangoly George's picture
Mettre fin aux gaz torchés peut procurer de l’énergie à des millions de personnes


Six mois. Quarante-cinq entités participantes. Nous sommes désormais en bonne voie pour créer une norme de fait mondiale et ambitieuse dans le secteur du pétrole et du gaz.

Santé mondiale : le cancer est-il un domaine négligé ?

Hellen Gelband's picture

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Paul Farmer s’est récemment exprimé dans ces pages (a) sur l'ouvrage Essential Surgery, premier volume publié de la troisième édition du Disease Control Priorities (DCP3), dont huit autres tomes sont à venir. Ce livre sur la chirurgie mettait en lumière, selon lui, un aspect longtemps négligé dans la santé mondiale. Il expliquait ainsi les raisons de ce manque d’intérêt : « L’opinion qui prévalait était que la charge des affections chirurgicales était trop basse, les coûts chirurgicaux trop élevés et la prestation des soins trop compliquée ».

Journée mondiale de lutte contre le sida : une stratégie en 4 points pour juguler l’épidémie

David Wilson's picture
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Cette année, la Journée mondiale de lutte contre le sida est marquée par des progrès remarquables (mais peu médiatisés) dans la lutte contre le VIH et les autres principales maladies infectieuses. Au cours de cette année, les diagnostics et les traitements du VIH ont franchi un cap décisif : des tests de charge virale plus fiables ainsi que des traitements à la posologie moins élevée, moins toxiques mais plus efficaces sont désormais commercialisés à moindre coût. En fait, le prix des médicaments n’a jamais été aussi bas : les traitements génériques de première intention représentent aujourd’hui une dépense annuelle de 95 à 158 dollars par patient, soit une baisse de 60 à 70 % sur la période 2007-2014. Et nous disposons aujourd’hui d’un comprimé combiné, contenant un inhibiteur de la protéase, moins toxique et aussi efficace que de multiples médicaments. Enfin, en Afrique du Sud, les négociations ont permis de faire baisser le prix des tests de mesure de la charge virale à 9,40 dollars.
 
Dans la lutte contre la tuberculose, un secteur où les thérapies et les diagnostics n’avaient pas évolué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (soit 70 ans !), nous disposons à présent du test Xpert (a) et de nouvelles générations de médicaments mieux tolérés, qui accroissent le taux d’élimination de la résistance aux traitements (près de 80 % contre moins de 50 % précédemment). Des traitements très performants sont également disponibles contre le virus de l’hépatite C, tandis que le laboratoire pharmaceutique Sanofi-Pasteur est en passe de mettre au point un vaccin prometteur contre la dengue.

De la crise à la résilience : aider les pays à se redresser

Joachim von Amsberg's picture
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Il y a deux semaines à peine, les habitants de la Sierra Leone ont célébré la fin de l’épidémie d’Ebola dans leur pays, en chantant et dansant dans les rues de Freetown. L’événement méritait d’être fêté, dans un pays où ce virus a fait près de 4 000 morts. 

Ces nouvelles en provenance de Guinée, du Libéria et de Sierra Leone nous rappellent combien il est important de rester vigilant en cas d’épidémies futures et de continuer à apporter un appui aux pays dont l’économie se rétablit. Je pense à Bindeh Kamara, 22 ans et quatre enfants, dont le mari est mort d’Ebola en Sierra Leone. Privée du revenu de son époux, Bindeh a du mal à acheter de la nourriture ou des vêtements, et à payer la scolarité de ses enfants.
 
Et la jeune femme n’est pas seule dans ce cas. Si le coût de l’épidémie se chiffre en premier lieu en nombre de vies perdues, ses effets socio-économiques ont également réduit à néant les avancées du développement que les pays touchés avaient peiné à réaliser. Selon un rapport récent, en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, les décès d’agents de santé imputables à Ebola pourraient entraîner une recrudescence de la mortalité maternelle, qui risque de renouer avec des taux que l’on n’avait plus observés depuis 15 à 20 ans. Ebola a également lourdement pesé sur l’agriculture, car les agriculteurs ont abandonné leurs champs, conduisant la FAO et le Programme alimentaire mondial à estimer que près d’un million de personnes pourraient souffrir de la faim.

Madagascar : développer les ressources cognitives des plus pauvres

Andrea Vermehren's picture
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​Photo : Laura B. Rawlings / Banque mondiale

Il est 8 heures. Le soleil d’hiver commence à apparaître au-dessus de la masse grise et verte des arbres surplombant le village de Tritriva, dans les montagnes du centre de Madagascar. La cour d’une église en pierre accueille déjà des femmes, dont beaucoup tiennent des enfants encore endormis dans leurs bras. Ces femmes se sont rassemblées là pour recevoir une allocation versée par l’État tous les deux mois.

Ces femmes sont pauvres et toutes vivent avec moins de 2 dollars par jour. L’argent qu’elles reçoivent de l’État représente environ un tiers du revenu dont elles disposent pour les deux mois qui séparent chaque versement : il les aidera à subvenir aux besoins de leur famille pendant tout l’hiver.
 
Instauré par les autorités de Madagascar, avec l’appui de la Banque mondiale, ce dispositif fait partie d’un nouveau programme mis en œuvre par le Fonds d'Intervention pour le Développement (FID) pour lutter contre la pauvreté dans les zones rurales du pays et pour créer des passerelles durables qui mèneront au développement humain.

Les femmes et le vélo : la solution pour les personnes restées au pays à la suite du raz-de-marée humain en Méditerranée

Leszek J. Sibilski's picture

Le monde entier est hypnotisé par les efforts désespérés que déploie le continent européen pour faire face au nombre croissant de réfugiés et de migrants qui arrivent d'Afrique et du Moyen-Orient. Pourtant, rares sont ceux qui pensent à la détresse des personnes restées au pays, aux prises avec les violences et les persécutions, ou de celles qui se trouvent toujours dans des camps de réfugiés. Certains estiment que ce sont ces personnes restées au pays qui sont la solution et sauveront l'avenir du Moyen-Orient et de l'Afrique, et qu'un excellent moyen de les aider serait de leur donner des vélos.

//www.middleeasteye.net/news/women-yemen-peddle-right-bike-1871266777#sthash.4alYKG2m.dpuf« Je vais vous dire ce que je pense du vélo. Je pense qu'il a fait plus pour l'émancipation des femmes que toute autre chose au monde. Il donne aux femmes une sensation de liberté et de confiance en soi. » – Susan B. Anthony

Pour la seule année 2015, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés a rapporté que, parmi les 520 957 personnes qui ont tenté de traverser la Méditerranée, 2 980 sont décédées ou ont disparu. On estime que 18 % de ces migrants sont des enfants et 13 % sont des femmes. Selon le Comité international de la Croix-Rouge, environ 200 000 réfugiés supplémentaires prévoient de tenter la traversée d'ici la fin 2015. La vague humaine vertigineuse qui déferle sur la région est donc loin de retomber.

Aujourd'hui, il existe de nombreux conflits armés internes et entre pays voisins dans le monde, et la plupart d'entre eux se concentrent dans deux régions : le Moyen-Orient et l'Afrique. Les tentatives désespérées que déploient tant de Syriens pour fuir le régime de Bachar el-Assad et la terreur de l'État islamique pour rejoindre la sécurité de l'Europe ont capté l'attention du monde entier. Toutefois, les Syriens ne sont pas les seuls à mériter notre compassion. Bien que l'intérêt international pour l'Afghanistan se soit étiolé et que la plupart des troupes étrangères aient quitté le pays, la guerre ne fait qu'empirer. De plus, on assiste à un afflux de réfugiés désespérés en provenance d'Érythrée, d'Iraq, de Libye, du Nigéria, du Pakistan, de Somalie, du Soudan, de Gambie et du Bangladesh qui ont autant droit au statut de réfugié que les autres.

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