Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Protection sociale et main-d`œuvre

Quand la routine tue des emplois

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La diffusion rapide des technologies numériques profite en général aux travailleurs dont les compétences sont difficiles à remplacer par l’ordinateur, comme la créativité, les relations interpersonnelles ou les qualités de leader. Crédit photographique : Sarah Farhat (Banque mondiale)

Si, face aux actuelles mutations du travail, les diplômes restent importants, les compétences constituent un atout particulièrement précieux.

Prenez deux enseignants, l’un en Norvège et l’autre dans un pays africain : la palette de compétences attendue du premier sera probablement différente de celle dont le second a besoin. La maîtrise de compétences numériques ou de langues étrangères, notamment, peut servir à un enseignant d’un pays développé, alors que dans le reste du monde, ces attributs ne sont peut-être pas aussi indispensables pour devenir un bon professeur.

Le défi de l’emploi est plus redoutable que jamais dans les pays les plus pauvres

Akihiko Nishio's picture
Des chercheurs à l'Institut de recherche Crops (CSIR-CRI) au Ghana. © Dasan Bobo/Banque mondiale

Au cours des dix prochaines années, près de 600 millions de personnes seront à la recherche d’un emploi, principalement dans les pays les plus pauvres du monde. À elle seule, l’Asie du Sud devra créer plus de 13 millions d’emplois chaque année pour faire face au rythme de sa croissance démographique. En Afrique subsaharienne, 15 millions d’emplois devront être créés tous les ans, soit une gageure encore plus colossale alors même que la région est moins peuplée.
 
Et le défi de l’emploi est d’autant plus complexe qu’il se pose déjà avec acuité aujourd’hui. Dans les pays les plus pauvres, bien des travailleurs sont cantonnés dans des emplois informels, faiblement rémunérés et peu productifs, le plus souvent en dehors de toute activité officielle et soumise à l’impôt. Dans le contexte d’une urbanisation rapide, les villes attirent un grand nombre de migrants internes en quête d’un travail, mais qui ne réussissent pas à trouver un emploi rémunéré de qualité, car ils ne possèdent pas les compétences recherchées sur le marché. Par conséquent, beaucoup restent au bord du chemin et leurs chances de contribuer à la croissance de leur pays sont limitées.

5 noms qui vous inspireront l'envie d'agir en cette Journée internationale de la jeunesse  

Bassam Sebti's picture
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Les jeunes sont le moteur du changement. Leur donner l’occasion et les moyens d’agir, c’est ouvrir des horizons infinis de nouvelles perspectives. Mais que se passe-t-il lorsque les jeunes de moins de 25 ans – qui représentent 42 % de la population mondiale – ne disposent pas de l’espace sécurisé nécessaire pour s’épanouir ?  
 
Selon les chiffres des Nations Unies, un enfant sur dix dans le monde vit dans des zones de conflit et 24 millions d’entre eux ne sont pas scolarisés. L’instabilité politique, les défis du marché du travail et un accès limité à la participation politique et civique ont conduit à un isolement croissant des jeunes dans les sociétés.
 
C’est pourquoi les Nations Unies ont axé la Journée internationale de la jeunesse de cette année sur le thème « Des espaces sécurisés pour les jeunes ». Ce sont des espaces où les jeunes peuvent en toute sécurité s’engager dans des questions de gouvernance, pratiquer des sports ou d’autres activités de loisir, interagir virtuellement avec le reste du monde et trouver refuge, en particulier ceux qui sont les plus vulnérables.
 
Créer ces espaces sûrs est un défi difficile à relever dans bien des régions du monde. Pourtant, nombreux sont les jeunes hommes et les jeunes femmes qui s’attèlent à la tâche tout ouvrant des perspectives pour eux-mêmes et pour les personnes défavorisées de leurs communautés.
 
C’est ce que font les cinq jeunes que j’ai choisis pour illustrer cette Journée internationale de la jeunesse : ils s’efforcent de créer des espaces sûrs pour encourager des changements positifs, depuis l’élimination des mutilations génitales féminines jusqu’à l’acquisition de compétences numériques, en passant par la promotion de la paix, de l’éducation des filles et de la réduction des écarts de réussite.

Les compétences numériques ouvrent un monde d'opportunités pour les jeunes

Zubedah Robinson's picture
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Apporter aux jeunes les enseignements et les compétences dont ils auront besoin reste un grand défi mondial. D’abord, parce que plus de 260 millions d’enfants et d’adolescents dans le monde sont encore privés d’école. Et, pire encore, parce que près de 60 % des élèves du primaire dans les pays en développement ne parviennent pas à atteindre le seuil minimal de compétences devant être acquises. Ce défi est aujourd’hui d’autant plus complexe que les nouvelles technologies modifient rapidement les compétences nécessaires pour être compétitif sur le marché de l’emploi et accéder aux débouchés disponibles. Cet enjeu est au cœur de la prochaine édition du Rapport sur le développement dans le monde de la Banque mondiale consacré aux mutations de la nature du travail. Dans les régions du monde qui, comme l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne, sont constituées en majorité d’une population jeune, cet enjeu impose d’accorder à l’enseignement des compétences numériques une place de premier plan.

Nouvelles études sur le rôle de l’agriculture dans la réduction de la pauvreté : cinq conclusions à retenir

Luc Christiaensen's picture
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Agriculteurs au Cambodge – Photo : Chor Sokunthea / Banque mondiale

Dans la communauté du développement, il est aujourd’hui largement admis que la mise en place d’une agriculture productive est cruciale pour la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. Il n’en a pas toujours été ainsi. Avant que n’éclate la crise des prix alimentaires de 2008, nombre de professionnels du développement, de responsables publics et d’économistes mettaient en effet en doute la capacité de l’agriculture à jouer encore ce rôle, en particulier en Afrique. Cet « agro-pessimisme », apparu dans les années 90 et 2000, a donné lieu à une baisse de l’intérêt des politiques publiques et des investissements pour ce secteur. Les épisodes de flambée des prix alimentaires de 2008 ont ensuite conduit à la prise de conscience qu’il fallait agir davantage pour renforcer l’agriculture dans les pays en développement.

De nos jours, les cours mondiaux des produits alimentaires sont encore supérieurs de 70 % aux niveaux antérieurs à la crise (ou de 40 à 50 % en termes réels), tandis que l’environnement commercial et institutionnel est bien plus favorable à agriculture. En Afrique, les revenus ont cependant progressé, la pauvreté a reculé, et l’urbanisation a gagné du terrain. Dans ce contexte, quelle est l’incidence de l’agriculture sur la réduction de la pauvreté aujourd’hui ? Et quel bilan tirer du traitement favorable dont a bénéficié ce secteur ces dernières années à l’aune des données les plus récentes ?
 
Ces questions sont au cœur de huit articles publiés dans un dossier spécial de la revue World Development (a). En recourant à diverses techniques analytiques (dérivations théoriques, modèles d’équilibre général calculable, économétrie), ces travaux confirment l’importance du développement de l’agriculture pour la réduction de la pauvreté, mais avec des nuances notables. Voici les cinq principales conclusions à retenir de cette série d’articles (a).

Partir ou rester ? L’incidence des allocations monétaires sur les migrations

Ugo Gentilini's picture


Alors que le monde comptera 875 millions de migrants à l’horizon 2050, on assiste à un intérêt grandissant pour les relations entre ce phénomène éminemment complexe et les politiques de développement. La question des allocations monétaires, pourtant particulièrement présente aujourd’hui dans le champ du développement, est étonnamment absente de ces discussions.
 
Dans un nouvel article cosigné avec Samik Adhikari et intitulé Should I Stay or Should I Go (a), nous dressons le bilan des études traitant de l’influence de l’aide sociale, et plus précisément des allocations monétaires, sur la mobilité internationale ou nationale.
 
Trois grands constats se détachent de cet exercice.

Sortir du piège du travail informel grâce à la technologie

Kristalina Georgieva's picture
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Women stitch handicrafts at Everest Fashion Fair Craft in Lalitpur, Nepal. © Peter Kapuscinski/World Bank
Des femmes réalisent des travaux de couture à la main lors de l’Everest Fashion Fair Craft à Patan, au Népal. © Peter Kapuscinski/Banque mondiale

Tout le monde parle de la technologie et des changements qu’elle va entraîner dans notre façon de travailler. En réalité, nul ne sait ce qu’il adviendra. La seule certitude est… l’incertitude. Comment, alors, se préparer aux emplois qui n’existent pas encore ?
 
Commençons par ce que nous savons. Le problème le plus critique pour l’avenir du travail, et qui se pose depuis plusieurs décennies, est le grand nombre de personnes vivant au jour le jour d’un emploi occasionnel, sans savoir d’une semaine sur l’autre si elles travailleront. Ces travailleurs ne peuvent pas faire des projets pour l’avenir à un horizon de plusieurs mois — encore moins de plusieurs années — pour assurer une vie meilleure à leurs enfants. C’est ce que l’on appelle l’économie informelle. Mais comme souvent avec ces termes pseudo-techniques qui érigent des barrières, il est difficile d’imaginer toute la misère à laquelle sont condamnés des millions de travailleurs et les membres de leur famille, dans le monde entier.

Quel avenir pour le travail ?

Jim Yong Kim's picture
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Vous vous demandez probablement si vos enfants et petits-enfants auront la chance de mener, comme vous, une vie professionnelle placée sous le signe des opportunités. Alors que l’économie mondiale affiche une forte croissance, il peut paraître paradoxal de voir l’avenir du travail susciter une crise existentielle. Mais c’est un fait : le rythme de l’innovation est en pleine accélération, et les emplois de demain (dans quelques mois ou quelques années) exigeront des compétences spécifiques et complexes. La ressource que constitue le capital humain se révèlera alors plus précieuse que jamais.  
 
Les pays vont devoir s’adapter aux nouvelles mutations du travail et préparer leur population aux emplois de demain. Ce défi fait partie des plus grands enjeux d’aujourd’hui. C’est pourquoi il est au cœur de la nouvelle édition de notre Rapport sur le développement dans le monde (a), actuellement en cours d’élaboration.
 
Parce que l’avenir du travail nous concerne tous, nous avons décidé cette année de jouer la carte de la transparence : pour la première fois depuis les débuts de ce rapport phare de la Banque mondiale en 1978, nous rendons publiques ses versions provisoires. Tous les vendredis après-midi, nous téléchargeons sur le site web de la Banque mondiale une version actualisée (a) du rapport, pour permettre à tous les internautes d’en prendre connaissance et de communiquer avec les auteurs. Je vous encourage vivement à consulter régulièrement notre site pour ne pas rater les avancées de nos travaux.
 
Pour ceux qui n’ont pas encore lu le rapport, voici un aperçu de ses grandes lignes directrices.

La technologie peut améliorer la situation des pauvres, à condition d’accompagner cette révolution

Kristalina Georgieva's picture
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© Sarah Farhat/Banque mondiale

À chacun de mes voyages, je constate que la technologie améliore l’existence de millions de personnes marginalisées. Dans la plupart des cas, les changements sont à peine visibles, ils se produisent à petite échelle et d’une multitude de façons. La technologie aide, silencieusement, les habitants de zones reculées, les femmes et les jeunes à sortir de leur exclusion.

Et parce que ce phénomène est discret et passe inaperçu, j’ose espérer que nous ne sommes qu’au début d’une révolution lente et néanmoins profonde. Voici les raisons de mon optimisme.

En quoi votre vie est-elle différente de celle de vos parents ? #InheritPossibility

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Participez à notre campagne sur l'évolution de la situation économique d'une génération à une autre. Racontez-nous : en quoi votre vie est-elle différente de celle de vos parents quand ils avaient votre âge ? Et comment voyez-vous la vie de vos enfants et les possibilités qui leur seront offertes par rapport à celles dont vous avez hérité ? Dans quelle catégorie socio-économique vous situez-vous ? Cette position diffère-t-elle de celle de vos parents ?

Yunus possède un magasin de tissus à Blantyre, au Malawi. La boutique est dans la famille depuis trois générations. Pour Yunus, les affaires marchent bien, mais les services essentiels, comme l’électricité et l’eau, sont plus chers qu’à l’époque de son grand-père et de son père. Il reste néanmoins optimiste.

Marija Bosheva étudie l’agriculture à l’établissement d’enseignement technique et professionnel Gjorce Petrov à Kavadarci, une ville de 38 000 habitants dans le sud de la Macédoine. Comme de nombreux élèves de son âge, elle suit des cours d’histoire, de mathématiques, de biologie et de chimie. Mais, contrairement à la plupart, elle apprend également l’œnologie...

Racontez-nous votre expérience. Envoyez-nous votre témoignage en utilisant le hashtag #InheritPossibility ou en commentant ce message sur Facebook.

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