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Quel est le point commun entre un téléphone portable et des toilettes ?

Jose Luis Irigoyen's picture

À première vue il n’y en a guère… Et pourtant, toilettes et téléphones portables ont en commun de pouvoir contribuer à la satisfaction des besoins des plus démunis et à l’éradication de la pauvreté. De fait, l’ampleur du défi appelle à faire preuve d’imagination et d’innovation. Il y a dans le monde 2,5 milliards d’habitants qui sont dépourvus d’accès à des services d’assainissement dignes de ce nom ; dans les pays en développement, cette situation provoque la mort de plusieurs milliers d’enfants chaque jour et entraîne des milliards de dollars de pertes. Or aujourd’hui, dans le monde, plus de gens ont accès à un téléphone portable qu’à des toilettes ou des latrines. Il est donc temps de saisir tout le potentiel qu’offrent les nouvelles technologies pour la réalisation des objectifs de développement.

Certains pays s’y sont mis, laissant présager du meilleur. Ainsi au Bangladesh, un usager peut acquitter sa facture d’eau avec son portable. Au Nigéria, les agriculteurs vérifient le cours de leurs produits grâce à la téléphonie mobile. Ce même moyen permet aux mères de famille du bidonville de Kibera, au Kenya, de signaler le dysfonctionnement des latrines publiques aux autorités locales. Tandis qu’au Pérou, les commerçants ont la possibilité de créditer leur compte bancaire mobile.

L’an dernier, la Banque mondiale et plusieurs partenaires ont organisé un premier hackathon destiné à encourager les experts de l’eau et des TIC à réfléchir ensemble à des solutions originales pour remédier à la crise de l’eau dans le monde. Mixage de données, plateformes technologiques open source et nouveaux systèmes ont donné naissance à une soixantaine d’applications. Certaines d’entre elles offrent une tribune à l’expression citoyenne quand d’autres donnent accès à des données jusque-là confidentielles, introduisant un nouvel échelon de responsabilité dans le secteur.

À Nairobi, plus particulièrement, génies de l’informatique et spécialistes de l’eau ont inventé une solution technique pour étayer les travaux engagés dans le cadre du projet d’amélioration des services d’eau et d’assainissement au Kenya. Ce projet vise non seulement à accroître les investissements dans des infrastructures essentielles mais aussi à renforcer les réformes de la gouvernance. La nouvelle plateforme mise au point dans le cadre du hackathon sert le deuxième objectif : elle permet de recevoir les commentaires des usagers et accroît la responsabilisation des entreprises de services publics locales.

Au Pérou, c’est un portail cartographique qui a été mis au point et développé. Cette carte de l’eau a été conçue pour favoriser l’accès, indispensable, à des informations à jour sur les eaux de surface du pays et les ressources hydriques (cours d’eau, bassins versants, lacs, glaciers, etc.). Elle permettra à tous les citoyens de signaler des événements liés à l’eau (pollution, conflits sociaux, inondations...) et, pour la première fois, rendra toutes les données accessibles, offrant ainsi à la société civile un outil de contrôle de l’eau et de ses enjeux.

Outre qu’il a démontré l’importance des remontées d’information par les citoyens et la puissance des données, le premier hackathon mondial pour l’eau a aussi prouvé l’intérêt d’interventions intersectorielles et de la rencontre d’experts qui, en temps normal, ne se retrouvent jamais autour d’une même table. C’est là où le rayonnement international de la Banque mondiale prend tout son sens, en suscitant de nouveaux partenariats et en encourageant l’innovation dans les pays en développement.

Forte du succès de cette première édition et à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes célébrée le 19 novembre, la Banque mondiale travaille actuellement avec ardeur à la préparation et à la problématisation du tout premier hackathon pour l’assainissement, prévu les 1er et 2 décembre prochains.

De Jakarta au Cap en passant par Lahore, Pune, Dar-es-Salaam, Helsinki, New York, Londres, Lima et Dhaka, notamment, des individus vont unir leurs forces pour un weekend international de hacking productif. Il n’est pas trop tard pour participer... Pour plus d’informations, rendez-vous sur : http://www.sanitationhackathon.org/.

Commentaires

Soumis par SANOGO le
Je pense que la banque mondiale peut développer une autre politique dans différents pays au près des promoteurs des sociétés de communication. Elle va demander un minimum de cinq (5) Fcfa (je m'exprime en francs CFA parce que je suis en Afrique de l'Ouest) sur chaque achat de carte de communication. Au bout d'un moment les sociétés de communication et le ministère chargé de l'assainissement du pays en question font la situation et le montant trouvé peut faire des milliers de latrines pour nos mères, femmes et enfants. Issa Seydou SANOGO Auditeur en Master II Université senghor en Egypte Alexandrie Spécialité Gestion de l'Environnement Nationalité Malienne

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