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Leçons de transition pour le monde arabe

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Le 22 septembre dernier, des experts de trois pays ayant vécu une transition politique et économique sont venus apporter leurs conseils aux nations arabes où les citoyens, descendus dans la rue, ont réclamé des moyens d’expression et de participation.Pour Corazon Soliman, ministre des Affaires sociales et du développement des Philippines, il faut impérativement « développer et entretenir une culture de la citoyenneté ». Elle poursuit : « nous avons appris que la démocratie devait changer la vie des citoyens ordinaires, que nous devions tous nous engager. Il s’agit d’un processus de compréhension et de dialogue ».

Mme Soliman s’exprimait aux côtés d’autres dirigeants représentant l’Indonésie et la Turquie, lors d’une rencontre à la Banque mondiale retransmise sur le web — Vers un nouveau contrat social dans le monde arabe — et réunissant des décideurs de haut rang et des représentants de la société civile de pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Pour ces dirigeants, le secret d’une transition réussie réside dans la mobilisation en amont de la société civile, la constitution d’alliances au-delà des différences, des plans et des budgets transparents et des promesses réalistes.

Cevdet Yilmaz, ministre turc du Développement, a décrit comment les pouvoirs publics de son pays « ont appris à rendre de leurs résultats aux citoyens » : « nous avons présenté notre plan d’action aux médias, assorti d’un calendrier précis. Nos annonces étaient extrêmement concrètes ».

Cette rencontrée, animée par Marcus Noland du Peterson Institute, s’inscrit dans la volonté constante de la Banque mondiale d’aider les pays à renforcer l’expression des citoyens et la responsabilité des autorités. Elle fait suite au débat en ligne Visions et voix arabes du 24 mars 2011, qui avait permis à des responsables régionaux, des commentateurs et des militants de discuter changement social, emploi et nouveaux médias. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a appelé le 6 avril 2011 à « un nouveau contrat social pour le développement » dans la région, à la veille des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI.

M. Zoellick et Amr Lashin, directeur de la gouvernance et de l’engagement civique pour CARE-Égypte, ont signé un accord le 22 septembre garantissant à l’ONG des fonds d’amorçage pour organiser un réseau couvrant tout le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord afin de renforcer la responsabilité à travers la participation civique.

M. Zoellick, qui participait à l’événement organisé autour de la responsabilité sociale, a rappelé que l’appui apporté à la région en la matière faisait partie des initiatives les plus importantes de la Banque mondiale. Les réformes auront d’autant plus de chances de perdurer que les citoyens, qui auront pu s’exprimer, les soutiendront.

Mohamed Nada, chercheur confirmé dans une ONG en Égypte, confirme : « Quand nous manifestions, nous savions que ça prendrait du temps. Malgré les besoins urgents, nous n’attendons pas du gouvernement qu’il joue les pompiers. Nous voulons une vision d’avenir ».

Le vice-Premier ministre égyptien pour les Affaires économiques et ministre des Finances Hazem el-Beblawi, ainsi que Jalloul Ayed, ministre des Finances par intérim de la Tunisie, ont reconnu l’importance de la transparence lors de toute transition politique. Pour M. Ayed, la société civile qui a émergé partout dans le pays a un rôle essentiel à jouer pour garantir la responsabilité sociale avant les élections du 23 octobre 2011. « Notre démocratie est toute jeune et nous ignorons encore bien des choses. Nous comptons nous inspirer de l’exemple de l’Indonésie ou de la Turquie ».

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