Syndicate content

Envie de réagir ? Envoyez-nous vos questions et commentaires

La transparence, et après ? Par Michael Jarvis

La transparence mène-t-elle au développement ? Pas forcément. Du moins pas en ce qui concerne les secteurs pétrolier, gazier et minier. La transparence est importante mais loin d’être suffisante pour améliorer les conditions de vie. Une discussion en cours entre différents intervenants, sur la plateforme Gouvernance des industries extractives (GOXI), montre que la question est loin d’être tranchée.

Ainsi, selon Eva T. Thorne,

« La transparence des recettes est une composante nécessaire, mais insuffisante, des efforts visant à assurer un développement durable grâce aux industries extractives. La transparence doit aller de pair avec des institutions publiques compétentes et des dépenses publiques appropriées. L’État doit exercer un leadership et montrer sa volonté d’utiliser ces recettes pour promouvoir le développement durable. »

L’amélioration de la transparence est certes une réalité dans nombre de pays, et à l’échelle du globe, mais les citoyens sont-ils prêts et en mesure d’utiliser l’information ainsi diffusée ? Dans bien des cas, l’information est diffusée directement par les pouvoirs publics des pays producteurs, ou par les entreprises qui doivent se conformer aux dispositions législatives de certains pays, telles que, aux États-Unis, la loi Dodd-Frank. Cependant, s’il est relativement facile de rendre publiques des données, il est beaucoup moins aisé de permettre la compréhension de ces données et de susciter des débats éclairés et des actions sur la base de ces informations. Or, sans cela, la transparence ne rime à rien.

Jed Miller, du Revenue Watch Institute, craint que l’information ne devienne une fin en soi, et non un moyen.

On manque encore de données montrant clairement l’impact de la publication des données sur le développement, y compris lorsque celle-ci est déjà bien établie, comme, par exemple, via l’Initiative pour la transparence des industries extractives. Dans ce domaine, il faut une étude empirique solide. La Transparency and Accountability Initiative s’intéresse justement aux effets des interventions en faveur de la transparence et de la reddition de comptes. Son appel à propositions est salutaire, mais, malheureusement, les industries extractives ne sont pas concernées.

Une question demeure : peut-on raisonnablement établir un lien entre l’information sur les contrats ou les recettes des industries extractives et les résultats en termes de développement durable ? À en juger par la discussion GOXI en cours, nombreux sont ceux qui en doutent, même s’ils estiment que la transparence constitue une première étape essentielle. Le problème est posé. Toutes les propositions sont les bienvenues.

Donnez votre avis en participant à cette discussion ou en postant un message sur GOXI.

Plain text

  • Balises HTML autorisées : <br> <p>
  • Passage à la ligne et paragraphes automatiques.
En soumettant ce formulaire, j'accepte la politique de confidentialité de Mollom.