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Une compétition de plans d’affaires encourage la diaspora malienne à entreprendre dans son pays d’origine

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La diaspora malienne représente entre quatre et six millions de ressortissants. Beaucoup d'entre eux ont bénéficié d’une éducation et d’expériences riches, des atouts qui pourraient leur permettre de développer des entreprises à fort potentiel.

Cependant, entreprendre au Mali n’est pas chose aisée. C’est pourquoi Pape Wane, un producteur de télé-réalité malien, a décidé de s’associer aux incubateurs d’entreprises locaux pour lancer la compétition d’entrepreneuriat « Diaspora Entrepreneurship », afin d’identifier, promouvoir et accompagner celles et ceux, parmi les ressortissants de la diaspora, qui sont capables de saisir les opportunités entrepreneuriales offertes par le Mali, mais aussi de relever les défis uniques imposés par son contexte.

S'inspirant des codes de la télé-réalité, l’importante communication déployée tout au long de la compétition participe à la sensibilisation et la promotion auprès des jeunes maliens de l’entrepreneuriat comme une possibilité d’insertion socio-économique.

Pape Wane, fondateur de la compétition Diaspora Entrepreneurship. Crédit : Diaspora Sud Vision

« Passionnée par l'agroalimentaire, le programme Diaspora Entrepreneurship a été une belle opportunité pour lancer officiellement mon entreprise au Mali. La Diaspora est une force pour le développement de l’Afrique, elle doit s'engager davantage dans les secteurs porteurs. » dit Aissata Diakité, lauréate de la première édition de Diaspora Entrepreneurship.

Son entreprise, Zabbaan Holding, produit et commercialise des jus de fruits remettant au goût du jour des recettes traditionnelles maliennes, générant ainsi des centaines d’emplois directs et indirects en créant des débouchés stables pour de nombreux agriculteurs.

Pour la deuxième édition qui s’est tenue cette année, Diaspora Entrepreneurship a conduit un large appel à projets et a réuni des jurys d’experts afin de présélectionner les meilleurs candidats.

La Banque mondiale a soutenu l’initiative à travers un coaching technique du jury tout au long de la sélection. Pape Wane déclare : « L’appui apporté par la Banque mondiale a été décisif pour assurer une sélection rigoureuse et crédibiliser notre initiative. La confiance de l’équipe de la Banque mondiale a été une source de motivation essentielle dans la préparation de la compétition, qui en elle-même est en fait un projet entrepreneurial qui connaît des hauts et des bas. »

Sur un total de 153 candidats, dix ont été sélectionnés pour participer aux sessions finales, qui se sont tenues à Bamako en juillet et août et qui ont fait l’objet de cinq émissions télévisées diffusées sur l’ORTM – la chaîne nationale du Mali – auprès de millions de téléspectateurs.

Les finalistes ont bénéficié d’un coaching intensif pour se préparer aux pitchs de présentation et aux questions/réponses sur leurs capacités individuelles, leur maîtrise et connaissance du projet, leur proposition de valeur et impact, et leur plan d’affaires.

Mamadou Sidibé a pitché son idée énergiquement : « Les réseaux sociaux existant ne sont pas adaptés au contexte africain, où l’oralité est une culture, où il y a une multitude de langues et où moins de la moitié de la population est alphabétisée. C’est pourquoi j’ai développé l’application mobile Lenali, premier réseau social totalement vocal, qui parle les langues locales et qui est adapté pour l’avènement de la nouvelle économie numérique au Mali et sur l’ensemble du continent ! »

Samasse Traoré, fondateur et directeur de la startup Bâtir Durable, a remporté la compétition cette année. Son projet a convaincu le jury, particulièrement en ce qu’il devrait faciliter l’accès à la propriété aux Maliens et permettre au gouvernement d’améliorer et d’intensifier la construction d’écoles, de centres de santé, et de tout autre ouvrage public.

 « Une fois nos activités lancées, nous permettrons une réduction significative du coût de tout type de construction au Mali de 20% à 40%, en utilisant des matériaux locaux durables, confortables et écologiques ».

Etant donné le potentiel de ces entrepreneurs, Hassan Ouastani, directeur de la Banque Internationale pour le Mali, partenaire stratégique de la compétition et se définissant lui-même comme un « banquier citoyen, voire militant », a octroyé plus de 800.000 dollars de crédits à six des finalistes de la première édition et a l’intention de financer les lauréats de cette année à hauteur de 1,5 millions de dollars au total.
 
Hassan Ouastani, directeur de la Banque Internationale pour le Mali, octroyant un total de 800.000 dollars sous formes de prêts aux lauréats de la première édition de Diaspora Entrepreneurship. Crédit : Diaspora Sud Vision

« Pour soutenir une croissance pérenne de leurs projets, les entrepreneurs doivent être suivis de près afin d’éviter les nombreux écueils, parfois irrémédiables, que les lauréats ont rencontrés lors de la première édition malgré les financements qu’ils ont reçus. » affirme Ouastani. « C’est d’autant plus crucial qu’ils doivent s’adapter aux réalités du Mali, qui est certes leur pays d’origine, mais qu’ils ont tout de même quitté depuis longtemps. »

Compte tenu de ces défis, la Banque mondiale a décidé de financer un accompagnement technique pendant neuf mois, qui sera assuré par un consortium de trois incubateurs d’entreprises implantés à Bamako : DoniLab, Jokkolabs (a)  et Teteliso, de la phase de validation des marchés à la création légale et physique des entreprises.

« L’efficacité de Diaspora Entrepreneurship repose sur les synergies crées par les organisateurs du projet avec le partenaire financier, les structures institutionnelles et les incubateurs ; c’est un véritable cas d’école d’un écosystème favorable aux entrepreneurs de croissance » a noté la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Mali, la Guinée, le Niger et le Tchad, Soukeyna Kane.

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