Syndicate content

Des transports urbains plus écologiques et efficaces : la vision de Michael Bloomberg et de Jim Yong Kim

Donna Barne's picture

Disponible en English, Español

World Bank President Jim Yong Kim and New York Mayor Michael Bloomberg speak outside the Transforming Transportation 2013 conference.

Comment façonner la ville de demain ? Comment faire baisser la pollution, le nombre d’accidents mortels en zone urbaine ou encore les temps de transport quotidiens ? Comment réduire la pauvreté ? Ces questions ont été au cœur des interventions du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et du maire de New York, Michael Bloomberg, aujourd’hui à Washington.

La réponse à ces interrogations tient fondamentalement en quelques mots : il faut placer l’homme au centre de la ville grâce à des transports urbains plus écologiques, efficaces et performants.

« Nous devons commencer à penser autrement les déplacements en ville. La circulation nuit à l’économie », a déclaré M. Bloomberg lors de la 10e édition de la conférence annuelle Transforming Transportation (a)qui s’est déroulée sous l’égide de la Banque mondiale et du réseau EMBARQ.

Alors que 90 % de la pollution atmosphérique en ville sont induits par les véhicules à moteur, les améliorations apportées aux transports contribueront aussi à atténuer les émissions à l’origine du changement climatique, a souligné M. Kim.

Selon le président de la Banque mondiale, les retombées d’une telle action sont triples : on s’attaque au changement climatique, on rationalise les villes et on ouvre l’accès à l’emploi.

M. Kim et M. Bloomberg étaient les orateurs principaux d’une session de la conférence consacrée à l’avenir des transports urbains (a)et animée par Zanny Minton Beddoes, rédactrice en chef Économie du magazine The Economist.

Cette session portait sur un enjeu de taille : l’urbanisation rapide des pays en développement. En 2030, six habitants sur dix vivront en ville. Ces agglomérations en plein essor sont confrontées à de nombreuses difficultés : il leur faut parvenir à offrir les services appropriés à leurs habitants, gérer l’encombrement des axes routiers et la pollution, et faire face à la menace du changement climatique. Outre ses effets sur la qualité de l’air, la circulation routière provoque chaque année 1,2 million de décès, qui surviennent pour 90 % des cas dans des pays à revenu faible et intermédiaire.   

Click to watch the sessionAider les villes à remédier à cette situation relève de la « responsabilité morale » de la Banque, selon M. Kim.

Si sa grande mission réside dans la lutte contre la pauvreté et l’instauration d’une prospérité partagée, l’institution doit aussi veiller à y intégrer les générations futures, a affirmé le président de la Banque mondiale : « Les travaux que nous menons sur le développement de transports durables relèvent de cette responsabilité morale qui nous incombe, à l’égard des villes en particulier mais aussi des générations à venir. »

Selon son président, la Banque mondiale peut faire partager le fruit de son expérience pratique et documentée dans le domaine des problèmes urbains, sachant qu’elle a déjà à son actif nombre d’investissements qui contribuent à façonner les villes de demain. Elle a financé, par exemple, la mise en place d’un système de transport rapide en bus à Lagos (Nigéria), le premier de ce type en Afrique subsaharienne. En 2011, plus de 200 000 voyageurs empruntaient quotidiennement ce réseau, qui a permis de faire baisser les prix des trajets de 30 % et les temps de transport de 40 %.

Les systèmes de transport urbain doivent être conçus pour être durables et bénéfiques à tous, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux femmes et aux générations futures, a indiqué M. Kim. Comme l’a montré un rapport récent de la Banque mondiale consacré aux dangers du changement climatique (Turn down the Heat), nous nous exposons aux conséquences tragiques d’une hausse de la température mondiale à défaut de mesures d’envergure destinées à limiter le réchauffement et à bâtir des sociétés plus durables.

Si nous ne luttons pas davantage sur le front du changement climatique dans les villes — et surtout dans les mégapoles — le monde que nous transmettrons à nos enfants sera radicalement différent du nôtre, a averti le président de la Banque mondiale.

 

Envie de réagir ? Envoyez-nous vos questions et commentaires