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L’exemple du Bénin montre que la construction d’infrastructures confiée aux communautés peut être plus rapide, plus efficace et plus rentable

Kaori Oshima's picture
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Students gather outside a PNDCC school in Benin. World Bank Photo.Dans les projets de développement pilotés par les communautés, on observe que la population locale, à laquelle est confiée la responsabilité des choix de planification et des ressources d’investissement, opte souvent pour des projets d’infrastructures à petite échelle, comme la construction de routes rurales, de petits ponts ou d’écoles. On constate aussi, comme le montre un projet mené au Bénin, que les délais et coûts de construction d’une école peuvent se révéler inférieurs lorsque c’est la communauté qui en a la charge et non un entrepreneur extérieur.

Le postulat de base du développement communautaire est le suivant : la population locale, par définition, connaît bien l’environnement qui l’entoure et ses ressources, et est donc mieux placée pour savoir comment entreprendre au mieux et dans son intérêt des projets d’infrastructures publiques qui lui sont destinées. De fait, certaines études indiquent que les travaux d’infrastructure conduits par les communautés peuvent se révéler moins coûteux que ceux placés sous la responsabilité publique ou d’entrepreneurs externes — à ce titre, Wong (2012) avance plusieurs exemples de « réalisations pilotées par les communautés plus efficaces et moins onéreuses que des travaux équivalents effectués par le biais d’autres mécanismes de prestation de service gérés par les pouvoirs publics ».

Cependant, la plupart des données disponibles se fondent sur des comparaisons entre des infrastructures réalisées par les communautés et des infrastructures similaires réalisées par d’autres entités à des époques différentes. La difficulté est de trouver ou de concevoir une expérimentation où un ensemble de projets d’infrastructures identiques serait entrepris, simultanément et en nombre suffisant, par des communautés et des tiers, afin de pouvoir juger sur pièce.

Résoudre l’équation du G8 sur la transparence des entreprises : bénéfices + résultats du développement = initiative pour un secteur privé ouvert et collaboratif

Benjamin Herzberg's picture
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Les entreprises créent de l’emploi et stimulent la croissance, mais elles peuvent faire mieux encore. Alors que la pression concurrentielle augmente et que les ressources mondiales sont de plus en plus difficiles à préserver, certaines entreprises du secteur privé ont eu la bonne idée d’adopter de nouvelles pratiques ouvertes et collaboratives qui permettent à la fois d’améliorer leurs bénéfices et de renforcer l’impact du développement.

Quel est leur intérêt à procéder de la sorte ? La démarche ne relève guère du principe de la bonne action, non. Ce dont il est question ici c’est de la place capitale que prend progressivement dans le monde des affaires la résolution des problématiques du développement tout au long de la chaîne de valeur, à travers le crowdsourcing, la réduction des coûts et la gestion des risques.

SMART Rwanda : plaçons le pays, l’Afrique et le monde entier sous le signe des TIC

Hon. Jean Philbert Nsengimana's picture
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Jean Philbert Nsengimana, ministre de la Jeunesse et des TIC du Rwanda

SMART Rwanda : ensemble, plaçons le pays, l’Afrique et le monde entier sous le signe des TIC

Le Rwanda poursuit avec détermination l’objectif de devenir une économie et une société de l’information et du savoir, ainsi qu’un pôle régional pour les TIC. Cette ambition, qui figure au cœur de notre « Vision 2020 », est également inscrite dans notre Stratégie à moyen terme de développement économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS II) de même que dans notre Plan stratégique 2013-2018 pour le secteur des TIC.

Le défi est de taille mais des jeunes sont déterminés à mettre fin aux violences faites aux femmes au Népal

Ravi Kumar's picture
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Hackathon au Népal
C’est un dimanche d’orages et de grèves à Katmandou, mais aussi une journée de hackathon (a) consacrée à un fléau silencieux : celui des violences dont sont victimes les femmes. Pour pouvoir participer à ce rassemblement, certains ont dû se lever à cinq heures du matin et parcourir plus de 12 kilomètres à pied afin de se rendre au Trade Tower Business Center de Thapathali. Voilà de quoi trouver force et inspiration.

Jeunes et solides, ces participants bénévoles sont déterminés à s’attaquer, grâce à la technologie, à des problèmes profondément enracinés dans l’ordre patriarcal de la société népalaise. Je viens moi-même de ce pays et j’ai malheureusement été témoin de ces violences à de nombreuses reprises. Au Népal, un tiers des femmes mariées ont subi une forme de violence psychologique, physique ou sexuelle dans le cadre conjugal.

Mais les choses vont changer, et ce hackathon en est un signal fort.

Unir nos forces pour vaincre les violences faites aux femmes en Asie du Sud

Maria Correia's picture
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Au Népal, 77 % des faits de violences à l'encontre des femmes se produisent à l'intérieur du cadre familial.

La violence à l’égard des femmes est un problème omniprésent dans le monde. Chez les femmes âgées de 19 à 44 ans, elle tue plus que les guerres, le cancer ou les accidents de voiture. En Asie du sud, ce fléau est largement répandu et persiste sous de nombreuses formes, comme le montrent les chiffres suivants :

  • Chaque semaine, au Bangladesh (a), plus de dix femmes sont victimes d’attaques à l’acide.
  • En Inde (a), 22 femmes sont assassinées chaque jour pour des questions de dot.
  • Au Sri Lanka (a), 60 % des femmes déclarent avoir subi des violences physiques.
  • Au Pakistan, plus de 450 femmes et filles meurent chaque année à la suite de « crimes d’honneur ».
  • Et au Népal (a), il arrive encore fréquemment que les parents vendent leurs filles dès l’âge de 6 ou 7 ans pour qu’elles deviennent des domestiques.

Nous ne pouvons pas tolérer que cela continue ainsi.

Retards de croissance dus à la malnutrition : le visage de la pauvreté

Sri Mulyani Indrawati's picture

Dans le monde, 165 millions d’enfants de moins de cinq ans sont trop petits pour leur âge, une conséquence directe de la malnutrition chronique. Les atteintes se manifestent pendant la grossesse et au cours des deux premières années de la vie, enclenchant un processus irréversible sans guère d’espoir de rattrapage, avec le risque d’avoir compromis à jamais l’épanouissement de l’individu.

Nous savons que la malnutrition tue et qu’elle entretient la pauvreté et ralentit la croissance économique. Près de la moitié des décès d’enfants dans le monde découle de la malnutrition. J’ai pu constater dans mon pays natal, l’Indonésie, à quel point les retards de croissance dus à la malnutrition étouffent dans l’œuf toute perspective d’avenir pour les enfants qui en sont victimes. Un enfant qui souffre de malnutrition réussira moins bien à l’école que ses camarades mieux nourris et décrochera plus tôt, compromettant ainsi ses chances de gagner correctement sa vie plus tard. Des données recueillies au Guatemala montrent que les garçons correctement alimentés avant leurs trois ans gagnent pratiquement 50 % de plus que les autres à l’âge adulte et que, dans la même situation, les filles ont plus de chances d’obtenir une source indépendante de revenu et sont moins susceptibles de vivre dans un ménage pauvre.

La malnutrition obère l’avenir des individus et des nations. Selon des estimations récentes, ses effets coûteraient jusqu’à 11 % du produit national brut en Afrique et en Asie. Pour mettre fin à l’extrême pauvreté et œuvrer pour une prospérité partagée, le monde doit s’engager à enrayer le fléau de la malnutrition et ses conséquences délétères sur la croissance des enfants. Cette semaine, se tient à Londres une manifestation de haut niveau sur cet enjeu crucial, à laquelle je participerai.

Mettre fin à l’extrême pauvreté : quand un petit village indien montre l’exemple

Sri Mulyani Indrawati's picture

Mettre fin à l’extrême pauvreté : quand un petit village indien montre l’exemplePhoto: Nandita Roy / Banque mondiale
« Il y a encore cinq ans, j’étais invisible », me raconte Kunta Devi, assise bien droite contre le mur de sa minuscule hutte de terre. Je suis assise par terre, en face d’elle. « Aujourd’hui, les gens m’appellent par mon nom et non plus uniquement par celui de mes enfants ».

Nous sommes dans un petit village de l’est de l’État indien du Bihar. Cette mère de huit enfants appartient à une caste d’exclus, parmi les plus fragiles d’Inde. Elle évoque le jour où, voici quelques années, son mari a perdu son travail à la suite d’un accident. Sa famille, qui avait déjà du mal à joindre les deux bouts, a alors sombré dans la faim et dans la pauvreté. Pour survivre, cette femme pauvre habituée à vivre dans l’ombre a fait preuve d’une audace incroyable : elle a rejoint un groupe d’entraide féminine de son village et emprunté de quoi élever quelques chèvres. Avec l’argent gagné, elle a pu rembourser son premier emprunt et renouveler l’opération, cette fois-ci pour louer un champ où cultiver des céréales. Puis elle a dû emprunter à nouveau, pour soigner un membre de sa famille tombé malade. Aujourd’hui, Kunta Devi a plusieurs sources de revenu et des tas de projets, notamment ouvrir un petit restaurant le long d’une route passante et déménager. Deux de ses fils viennent en effet de se marier et elle ne peut plus loger tout ce petit monde.

« Women Deliver » : Investir dans la santé génésique

Jeni Klugman's picture
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« Women Deliver » : Investir dans la santé génésique Cette semaine, j’ai eu le plaisir de me rendre à Kuala Lumpur, en Malaisie, pour prendre part à la conférence Women Deliver 2013 (a) : il s’agissait de la plus vaste assemblée mondiale de la décennie axée sur la santé et sur le bien-être des filles et des femmes. Cet événement a réuni plusieurs milliers de personnes venues de 140 pays, dont de nombreux ministres et parlementaires, dans le but de créer une impulsion et de susciter un engagement politique pour les droits et la santé génésique des filles et des femmes.

Des personnalités fortunées et puissantes se sont exprimées (Melinda Gates, Chelsea Clinton…) mais pas seulement : celles que l’on entend rarement — jeunes, minorités sexuelles, veuves, femmes handicapées ou séropositives — ont également pris la parole. La passion qui animait tous les participants (dont, soit dit en passant, 40 % étaient des hommes, ce qui constitue une proportion non négligeable pour une conférence consacrée aux femmes) a véritablement été une source d’inspiration pour moi. Tout cela m’a aussi rappelé à quel point l’expérience que j’ai connue quand j’ai eu mes enfants, en toute sécurité et dans de bonnes conditions sanitaires, était éloignée de la réalité de plusieurs millions de femmes à travers le monde. 

Science et prestation : une tentative de définition

Aleem Walji's picture

 une tentative de définitionDe retour de Dartmouth après une série de réunions au Center for Health Care Delivery Science (a), me voilà plongé dans les arcanes de la « science de la prestation ». Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, l’évoque souvent dans ses dernières interventions, en lien avec un mode d’expérimentation scientifique censé contribuer à l’amélioration des services, souvent déficients, dans les pays en développement, en particulier dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et des infrastructures de base.

J’en suis venu à la conclusion que « science » et « prestation » sont à bien des égards deux principes distincts, qu’il convient cependant de considérer dans leur complémentarité. Je m’explique.

Un câble pour connecter les Tonga au monde

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Connecter les TongaDes affiches annoncent l’arrivée d’une connexion internet à haut débit dans le centre-ville de Nuku’alofa, capitale du Royaume des Tonga.

Dans les rues du Royaume des Tonga, hoko (« connecter » en tongan) est le mot à la mode ces jours-ci.

Le 17 mai, c’est la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l'information. Pour célébrer cette date, Nuku’alofa fourmille d’activités : dans la capitale des Tonga, les opérateurs de télécommunications ont déployé leurs affiches, de nombreux adolescents ont auditionné pour incarner le nouveau visage de la campagne marketing pour l’internet, et même le Premier ministre, Sialeʻataongo Tuʻivakanō, a prévu une session publique sur Skype avec des soldats tongans actuellement en poste en Afghanistan.

Dans l'histoire des télécommunications au Royaume des Tonga, 2013 restera une année à marquer d’une pierre blanche. Et pour cause : l'inauguration imminente d'une connexion haut débit par fibre optique dans cette île parmi les plus isolées de la planète a déclenché l’enthousiasme de la population. Cette avancée, qu’une opération soutenue par la Banque mondiale (Projet régional pour la connectivité dans le Pacifique) a rendue possible, relie Fidji à Tonga par une dorsale de 830 kilomètres.

À cette occasion, j’ai interrogé diverses personnes sur leur pratique de l’internet et sur les améliorations qu’apportera le haut débit aux Tonga.

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