Opinions - Le blog du Groupe Banque mondiale
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Humaniser les chiffres de la pauvreté en donnant une voix aux pauvres : une expérience pilote au Soudan du Sud

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Nous humanisons ce qui se passe dans le monde en en parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains. – Hannah Arendt
 
Nous savons tous qu’il est indispensable de mesurer la pauvreté pour en suivre l’évolution et pour adapter les interventions. Cependant, les chiffres ne rendent pas compte des souffrances des populations pauvres, ni des difficultés qu’elles rencontrent pour joindre les deux bouts. Prenons le cas du Soudan du Sud. Ce pays traverse une période très troublée et est le théâtre depuis 2015 de plusieurs crises. Le fragile accord de paix n’ayant pas été respecté, les affrontements entre groupes armés ont repris et, dans le même temps, les cours internationaux du pétrole se sont effondrés, privant le Soudan du Sud de sa principale source de devises. Le pays est aujourd’hui aux prises avec une profonde crise budgétaire et économique, qui a entraîné une très forte inflation, comme l’indique notre tableau de bord des prix en temps réel (a). Au Soudan du Sud, les moyens de subsistance sont de plus en plus compromis et, à 66 %, le taux de pauvreté a atteint un nouveau record.
 
À lui seul, ce chiffre illustre l’ampleur de la pauvreté dans ce pays, ce qui est bien sûr utile pour des comparaisons et des analyses qui permettront d’élaborer des politiques et des programmes d’action. Mais il ne montre pas le combat quotidien que livre la population pour survivre. C’est pour donner une dimension humaine à un chiffre abstrait que nous avons commencé à recueillir de courts témoignages vidéo (a) de Sud-Soudanais :

Ces 25 dernières années, les inégalités se sont fortement creusées au sein des pays avant d’enregistrer un repli récent

Christoph Lakner's picture
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Voici le premier d’une série de trois billets sur les dernières tendances des inégalités au niveau national.

Depuis quelque temps, les inégalités figurent en bonne place dans le débat public. Les médias mettent en avant une hausse des revenus des plus riches, de nombreux livres sont consacrés à ce sujet et de nombreux travaux de recherche tentent de prendre la mesure de l’évolution de la nature et de l’ampleur des inégalités. La plupart des études sont axées sur les inégalités au sein des pays. C’est logique, car c’est à ce niveau qu’opèrent la plupart des politiques publiques. Malgré l’attention suscitée par cette question, un problème subsiste, celui de la qualité des données. Les enquêtes auprès des ménages, effectuées par les autorités nationales dans les différents pays, constituent la source la plus facilement disponible pour ce qui est des données sur les inégalités. Mais il est extrêmement difficile de compiler et d’harmoniser ces enquêtes qui émanent de différents pays car les données ne sont pas toujours recueillies de manière uniforme ou à la même fréquence. Par ailleurs, ces enquêtes ne parviennent pas généralement à rendre compte de la tranche supérieure de la répartition des revenus. Mais nous reviendrons sur ce point plus en détail dans un prochain billet. 

Changez votre photo de profil sur Facebook pour sensibiliser le monde à la lutte contre la pauvreté

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Le 17 octobre est la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté. Le thème de cette année, De l'humiliation et l'exclusion à la participation : Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes, met en lumière le 1er des 17 objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD1), qui est aussi l'un des deux principaux objectifs de la Banque mondiale.
 
Mettre fin à la pauvreté exige un engagement continu, jour après jour. C’est à cela que nous dédions notre travail en aidant les nations à investir à la fois dans les citoyens et les infrastructures. Mettre fin à l’extrême pauvreté #CEstPossible. Montrez votre soutien en participant à notre campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Partagez des messages positifs pour que tout le monde prenne conscience que la fin de l’extrême pauvreté est à notre portée – à condition de réunir nos efforts et d’agir ensemble.
 
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Sommet sur le capital humain : les investissements dans la petite enfance sont une priorité

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En ouverture des Assemblées annuelles, le Groupe de la Banque mondiale organisait un sommet sur le capital humain afin de défendre l’utilité économique des investissements dans la petite enfance pour soutenir la croissance et le développement.

Neuf pays en développement ont répondu à l’appel, s’engageant à améliorer les programmes de nutrition, de santé et d’éducation destinés aux jeunes enfants. Face à la nécessité de lutter contre la malnutrition infantile, le manque d’activités d’éveil et d’apprentissage et d’autres problèmes retentissant sur la santé et le développement des enfants, ces pionniers devraient faire des émules dans les prochaines années.

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a souligné que, faute d’œuvrer au plein épanouissement des plus jeunes, les pays pourraient bien compromettre leur compétitivité future sur les marchés mondiaux : selon une étude récente de l’institution, les retards de croissance dans l’enfance auront en effet un coût économique majeur, amputant le PIB par habitant de 7 % en moyenne et jusqu’à respectivement 9 et 10 % en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Dans son intervention liminaire, Jim Yong Kim a souligné les dangers de la dénutrition et du manque de stimulation ainsi que les autres menaces sur la santé et le bien-être des jeunes enfants. L’UNICEF vient d’établir qu’un enfant sur 45 dans le monde a dû quitter son foyer et est aujourd’hui déraciné. Un quart des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique et sont trop petits pour leur âge, le taux pouvant atteindre dans certains cas 50 %.

Un monde où chacun compte, grâce à la technologie

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Identité pour le développement -Banque mondiale Live

Pour la plupart des gens, rien d’extraordinaire à présenter une carte d’identité pour ouvrir un compte en banque ou même patienter pendant plusieurs heures pour obtenir un permis ou une pièce d’identité. Pourtant, 1,5 milliard d’individus dans le monde continuent d’être privés de tout moyen d’établir leur identité : une situation qui leur interdit de faire ces démarches simples, mais essentielles.

Cette question de l’accès des habitants des pays en développement à une identification individuelle grâce à la technologie était au cœur d’une discussion organisée en marge des Assemblées annuelles et intitulée « État civil et développement : exploiter les solutions numériques ». Animé par le nouvel économiste en chef de la Banque mondiale, Paul Romer, le panel réunissait Sri Mulyani Indrawati, ministre des Finances d’Indonésie, Ajay Pandey, directeur général de l’Agence indienne d’identification biométrique, Justin Forsyth, directeur exécutif adjoint de l’UNICEF, Tara Nathan, vice-présidente exécutive pour les partenariats public-privé chez MasterCard, et John Giusti, responsable des questions de réglementation pour GSMA, une association de 800 opérateurs de téléphonie mobile.

Conflit et fragilité : l'emploi comme issue de secours

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banque mondiale Live

Oui, il y a actuellement dans le monde 65 millions de réfugiés, de demandeurs d’asile et de personnes déplacées au sein de leur propre pays. Oui, les conflits ne faiblissent pas, ni les souffrances extrêmes qu’ils infligent aux populations. Et, oui, il faut de toute urgence trouver des solutions politiques.

Mais comment prévenir les conflits et sortir de la fragilité ? En donnant, notamment, du travail aux gens. Ce rôle fondamental de l’emploi fait l’objet d’un consensus croissant, comme l’a illustré le débat consacré à ce sujet lors des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Washington. Les experts et les responsables publics réunis à cette occasion sont unanimes : il faut tout faire aujourd’hui pour créer des emplois dans les États fragiles et en situation de conflit.

Le directeur général et directeur des opérations par intérim de la Banque mondiale, Kyle Peters, a ouvert la discussion en rappelant qu’il faudra créer, à l’échelle mondiale, 500 millions d’emplois d’ici à 2030.
« Dans les États fragiles et en situation de conflit, ce sont cinq millions d’emplois supplémentaires par an qu’il faudra créer dans les 15 prochaines années, si l’on veut permettre aux jeunes qui entreront sur le marché du travail de construire leur vie », a déclaré Kyles Peters, en affirmant que « l’emploi est la clé du développement ».

C’est la raison pour laquelle le Groupe de la Banque mondiale a soumis à l’approbation de ses actionnaires son projet de consacrer 2,5 milliards de dollars à l’appui du secteur privé dans les pays les plus pauvres, et en particulier ceux touchés par un conflit ou jugés fragiles.

Entre Jim Yong Kim et Paul Romer, une conversation à bâtons rompus sur le développement

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Perspectives pour le programme mondial de développement : une conversation entre Jim Yong Kim et l’économiste en chef de la Banque mondiale, Paul Romer



Avant le début officiel et le rush des Assemblées annuelles, Jim Yong Kim et Paul Romer, le nouvel économiste en chef de la Banque mondiale, se sont retrouvés sous les projecteurs pour une conversation à bâtons rompus sur les enjeux du développement aujourd’hui. Pendant une heure, les deux hommes ont échangé leur point de vue sur les grandes menaces qui pèsent sur le monde, mais aussi sur les moyens qui permettraient d’y faire face. Les objectifs de développement sont ambitieux, et, pour les atteindre, il faudra faire preuve de créativité et d’innovation.

Jim Yong Kim et Paul Romer ont évoqué, entre autres thèmes, l’effet de l’automatisation sur l’emploi, l’importance de doter la population de compétences autres que techniques (humaines, sociales, relationnelles, etc.) ou encore la nécessité d’améliorer l’image de la recherche pratique sur le développement. Leur conversation, traduite simultanément en français, espagnol et arabe, a été diffusée en direct sur Banque mondiale Live.
 
Leur complicité intellectuelle est vite apparue évidente.
 
« Quand Paul a passé son entretien avec moi, celui-ci était censé durer entre 35 et 45 minutes. Finalement, de fil en aiguille, nous avons parlé pendant plus de deux heures. C’est comme ça que l’idée de cette conversation en public nous est venue à l’esprit », a raconté le président du Groupe de la Banque mondiale.

Jim Yong Kim a interrogé l’économiste en chef sur les « vents contraires » qui soufflent sur les pays en développement, le potentiel de croissance de l’Afrique, les besoins d’investissement dans le capital humain, et, surtout, il a voulu savoir en quoi pouvait consister, dans ces circonstances, le rôle du Groupe de la Banque mondiale. Mais, pour entrer dans le vif du sujet, le président du Groupe de la Banque mondiale a entamé la conversation par cette question : « Paul, pourquoi avez-vous accepté ce poste ? ».

Les atouts du secteur privé pour démultiplier les milliards de dollars de l’aide publique au développement

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Si l’on veut soutenir la croissance mondiale et assurer le partage de la prospérité, il faut agir de toute urgence pour mobiliser et rediriger vers ces objectifs des milliers de milliards de dollars provenant du secteur privé.

Depuis 1956, la Société financière internationale (IFC), la branche du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a fait en sorte d’investir plus d’un millier de milliards de dollars dans le développement du secteur privé, à partir d’un capital de 2,5 milliards apporté par ses actionnaires. Comme le montrent ses six décennies d’expérience, le secteur privé est en mesure d’offrir des solutions innovantes et commercialement viables aux défis du développement.

« Il y a un an, nous avons tous souscrit aux Objectifs de développement durable. Mais nous ne parviendrons à atteindre ces objectifs que si des fonds privés financent leur réalisation et si des entreprises privées les mettent en œuvre », a déclaré Gavin Wilson, le directeur général d’Asset Management Company au sein d’IFC, au cours d’un débat organisé dans le cadre des Assemblées annuelles 2016 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI.

« C’est la raison pour laquelle, dans la perspective de la conférence d’Addis Abeba sur le financement du développement, le slogan ‘Billions to Trillions’ s’est imposé parmi les institutions multilatérales », a-t-il poursuivi.

Comment expliquer la méfiance généralisée des citoyens à l’égard de leurs gouvernants ?

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Governance Gap, World Bank Live.

L’édition 2016 du baromètre Edelman (a) indique que plus de la moitié de la population mondiale n’a pas confiance dans ses institutions. Pourquoi une telle défiance et comment faire en sorte que les pouvoirs publics répondent mieux aux besoins de leurs administrés ? C’était la question au cœur d’un débat organisé dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI et animé par Clare Short, présidente de Cities Alliance et ancienne secrétaire d’État au Développement international du Royaume-Uni.
 
« La question de la gouvernance est éminemment complexe. Nous devons véritablement la disséquer pour mieux appréhender toutes ses intrications », a souligné Kyle Peters, directeur général et directeur des opérations par intérim de la Banque mondiale, en préambule de la discussion. 
 
Alors que la Banque mondiale consacrera la prochaine édition de son Rapport sur le développement dans le monde aux questions de gouvernance et de droit, elle se penchera notamment sur le fossé entre le discours des autorités sur les services publics et la réalité, a rappelé Kyle Peters. Ce fossé sape la bonne gouvernance, a-t-il ajouté. « Aussi devons-nous en faire plus pour mieux comprendre les causes qui sont à l’origine de ce fossé et identifier ce qui permettrait d’y remédier efficacement », a-t-il conclu. 

Jim Yong Kim : « Nous devons rendre la croissance plus équitable »

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Financement, innovation et créativité : dans un discours prononcé à la veille des Assemblées annuelles, Jim Yong Kim a insisté sur la nécessité de relancer la dynamique qui permettra de faire face aux nombreux défis auxquels le monde est confronté et sur le rôle essentiel qui incombe au Groupe de la Banque mondiale.

Certes, l’extrême pauvreté recule rapidement et les revenus des 40 % les plus pauvres de la population s’améliorent, mais « les progrès sont encore trop lents », et les inégalités trop fortes, a souligné le président Jim Yong Kim.
« Nous devons rendre la croissance plus équitable », a-t-il déclaré dans son allocution à la Brookings Institution, l’un des plus principaux think tanks de Washington.

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale cité par le président Kim, les inégalités de revenu ont globalement baissé entre les nations et au sein de la population, mais leur niveau est tel qu’elles « entravent encore la croissance et engendrent de l’instabilité ».

Le monde doit faire face aujourd’hui à une croissance basse, aux mutations technologiques et au changement climatique. À l’horizon 2030, a rappelé Jim Yong Kim, « près de la moitié des populations extrêmement pauvres vivront dans des pays fragiles et touchés par des conflits », tandis que « dans les pays émergents et à faible revenu, on estime que le déficit annuel de financement des infrastructures s’élève à 1 500 milliards de dollars ».

« Force est de constater que nos activités n’ont pas atteint une envergure suffisante pour avoir l’impact nécessaire sur la croissance des pays en développement », a reconnu le président du Groupe de la Banque mondiale. Et d’ajouter : « Nous nous trouvons dans une période peu ordinaire. Nous ne pouvons donc pas nous contenter de mesures ordinaires ».

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