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Couverture de santé universelle : faire du neuf avec du vieux, est-ce forcément une mauvaise option ?

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couverture médicale universelle
Il est facile de comprendre pourquoi le concept de couverture universelle des soins de santé est devenu si indéfinissable.

À l’origine, l’idée paraissait sans doute simple. De nombreux pays ne « couvraient » qu’une partie de leur population et un certain nombre d’entre eux s’efforçait d’étendre cette couverture aux populations « non couvertes ». La Chine, par exemple, s’est lancée dans cette voie en 2003 afin d’étendre la couverture médicale aux populations rurales qui en étaient dépourvues depuis l’effondrement de l’ancien système de coopératives médicales rurales provoqué par la décollectivisation de l’agriculture en 1978.

Toutefois, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que quelqu’un fasse remarquer que, d’une certaine manière, tout le monde était déjà couvert. En Chine, les centres de santés ruraux ont continué à recevoir des subventions après 1978. La Thaïlande disposait d’un réseau d’établissements de santé publics avant même la mise en place de son système de couverture universelle. Au Mexique, les familles dont aucun membre n’était couvert par la sécurité sociale avaient accès à un réseau d’établissements publics gérés par le ministère de la Santé avant même le lancement du programme Seguro Popular.

La couverture était déjà universelle : ce n’était donc pas la question. Le problème tenait plutôt au fait que tout le monde ne bénéficiait pas du même niveau de couverture médicale

Qu’est-ce qui coûte 260 milliards de dollars par an à la planète ?

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De nos jours, l’accès à un téléphone portable est plus répandu que l’accès à des sanitaires. Au rythme actuel, on manquera à près d’un demi-milliard de personnes près la cible des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) relative à l’assainissement. Quant à la cible relative à l’eau potable, même si elle a été atteinte dès l’année dernière, on compte encore près d’un milliard de personnes dans le monde qui sont privées d’accès à une source d’eau potable améliorée.

Les experts de l’eau et de l’assainissement n’ignorent rien de ces statistiques, pas plus que la communauté du développement en général. Mais ce que l’on appréhende sans doute moins bien, c’est le coût économique de cette crise de l’eau et de l’assainissement.

Pour les pays en développement, le manque d’assainissement et d’approvisionnement en eau entraîne des pertes annuelles avoisinant 260 milliards de dollars (a), soit 1,5 % de leur PIB. La réalisation simultanée des OMD en matière d’eau et d’assainissement représenterait un gain supérieur à 60 milliards de dollars par an sachant que, pour un dollar investi, des interventions conjointes sur ces deux plans rapportent 4,3 dollars.

L’essentiel des gains réalisés (plus de 70 %) tient au temps économisé dans les déplacements pour atteindre les installations sanitaires et les équipements d'alimentation en eau, ainsi que dans l’attente une fois arrivé à destination.

Objectifs et indicateurs, pauvreté et partage

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Dans sa Lettre annuelle, Bill Gates fait valoir l’importance de l’évaluation. Le changement, nous rappelle-t-il, est souvent un processus graduel ; sans bon instrument de mesure, il est donc difficile de savoir si nous allons dans la bonne direction. Il n’est guère surprenant que, dans le monde de la technologie, de nouvelles méthodes d’évaluation de la production énergétique et un micromètre capable de mesurer de minuscules distances aient contribué de manière cruciale au progrès. Bill Gates a raison d’insister sur ce point. C’est pourquoi il est important d’établir des indicateurs qui nous permettent d’évaluer nos interventions même si elles relèvent des domaines sociaux et économiques.

Il est intéressant de noter que la lettre de Bill Gates a été publiée alors même que le Groupe de la Banque a entrepris de définir des objectifs et des indicateurs du bien-être qu’il s’emploiera à appuyer et à appliquer en sa qualité d'organisme multilatéral. Nous espérons être prochainement en mesure de rendre publics nos cibles et indicateurs. Ce blog a pour objet de donner aux lecteurs une idée des questions qui se posent et de les inviter à nous faire part de leurs suggestions.

La hausse du prix des ailes de poulet passe mal en ces temps de Super Bowl mais elle est surtout riche d’enseignement

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Mauvaise nouvelle pour les millions d’Américains adeptes du Super Bowl : le prix des incontournables chicken wings a flambé ! En cause (entre autres), la hausse des cours du maïs, attisés par la sécheresse de l’été dernier, la pire que les États-Unis aient connu depuis 50 ans. D’ailleurs, 2012 aura été l’année la plus chaude jamais enregistrée dans les archives américaines.

Mauvaise nouvelle pour les 850 millions de personnes sous-alimentées dans le monde : les caprices de la météo perturbent la production de produits vivriers à l’échelle planétaire. Des prix alimentaires élevés et instables sont devenus la nouvelle norme. En cause (entre autres), des événements climatiques toujours plus extrêmes.

La Banque mondiale reste fidèle à son engagement aux côtés des communautés forestières

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À la Banque mondiale, nous sommes convaincus que la réalisation d'évaluations internes indépendantes est un outil essentiel du renforcement de notre action. Les résultats de ces évaluations, lorsqu'elles sont réalisées avec rigueur et fondées sur des bases probantes, ont pour utilité d’éclairer la conception des programmes mondiaux et d’accroître l'impact des interventions des pays et de leurs partenaires sur le processus de développement.

Le Groupe de la Banque mondiale est doté d’un Groupe indépendant d'évaluation (IEG), chargé précisément de ces évaluations internes. L’IEG a notamment examiné la mise en œuvre de la stratégie de la Banque mondiale pour le secteur forestier. Cette stratégie, adoptée en 2002, met l'accent sur les avantages que présentent la préservation et la gestion des forêts du point de vue du développement ainsi que sur le renforcement des mesures de sauvegarde environnementale et sociale.

Des services bancaires pour tous en Afrique de l’Ouest

Il y a quelques semaines, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé une bonne nouvelle : au cours des cinq dernières années, la proportion de la population bancarisée dans la région a progressé de plus de 5 points, passant de 9 % en 2006 à 14,3 % à la fin 2011.

Les banques postales et les institutions de microfinance, qui ont un statut juridique particulier dans la région, desservent près de 9 % de la population, tandis que les 5 % restants sont servis par les banques commerciales.

Cette évolution témoigne du rôle important que continue de jouer le secteur de la microfinance pour l'accès aux services financiers des personnes à bas revenus. Elle indique aussi qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, d’autant plus qu’il existe toujours d’importantes disparités entre les pays — par exemple, 28,3 % de la population est bancarisée au Bénin, contre 2,6 % seulement au Niger.

Inondations au Mozambique et dérèglement climatique

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Au Mozambique (a), la saison des pluies a tourné au drame pour 110 000 habitants de la vallée du Limpopo : ces derniers jours, l’eau a tout submergé, champs, villes et villages, obligeant des milliers de personnes à se réfugier sur les hauteurs. Pour l’instant, 40 victimes seraient à déplorer ; l’ampleur de la catastrophe est telle que le bilan pourrait s’élever à terme à 150 000 sinistrés.

Un avion de reconnaissance des Nations Unies a survolé la vallée lundi dernier, photographiant les centaines d’hectares de terres agricoles noyées sous des eaux boueuses à la suite de la crue du fleuve Limpopo et de ses affluents — c’est précisément dans ce genre de circonstances que l’on prend la mesure de l’importance du rôle humanitaire joué par l’ONU.

Le printemps arabe : opportunité d'inclusion financière ?

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Par Mayada El-Zoghbi, Michael Tarazi et Nadine Chehade.

Crédit photo : Yavuz SaryildizLa fin de l’année 2011 a été incontestablement une époque cruciale dans le monde arabe avec les premiers soulèvements enregistrés en Tunisie et en Égypte, qui se sont ensuite étendus à la Libye, au Yémen et à la Syrie. L'année 2012 a suscité de grandes attentes dans le sillage du renversement des anciens régimes et de leur remplacement par de nouveaux gouvernements apportant avec eux l'espoir de sociétés plus équitables et d'opportunités accrues pour tous, notamment pour le grand nombre de jeunes de la région.

Les nouveaux gouvernements s'emploient, non sans mal, à entreprendre des réformes, face aux attentes d'une rue désormais revendicatrice et agitée, tout en essayant de faire naître des démocraties dans une région qui a encore beaucoup à découvrir de la vie démocratique. Le moins que l'on puisse dire est que l'année 2012 a été riche en rebondissements. Mais peu à peu, des progrès apparaissent sur de nombreux fronts – politique, économique et judiciaire. Au premier plan de ces réformes figure la nécessaire émergence de mécanismes et de résultats profitant à tous, l'élargissement de l'accès aux services financiers étant de plus en plus considéré comme l'un des éléments qui permettra d'y parvenir.

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