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L’ambition de la conférence de Paris : ouvrir la voie à une croissance économique propre

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© Fabien Minh / Connect4Climate / Banque mondiale


​La conférence de Paris sur le climat nous offre une occasion unique pour notre génération de faire passer clairement le message suivant : nous pouvons promouvoir la prospérité et la croissance économique sans que les émissions de carbone polluent la Terre et nous devons agir de toute urgence face à l’instabilité et au réchauffement de la planète.

Je suis convaincu que les responsables politiques du monde entier se montreront à la hauteur de ce défi à Paris. Quant à nous, au sein du Groupe Banque mondiale, nous aiderons les pays et les entreprises que nous comptons parmi nos clients à effectuer leur transition vers un développement économique à la fois résilient et à faible intensité de carbone.

Cette transition nécessitera la mobilisation de milliers de milliards de dollars d’investissements dans les systèmes d’énergie propre, les solutions en matière de transport urbain, la remise en état des paysages et les pratiques agricoles intelligentes sur le plan climatique — mesures décrites dans les plans nationaux connus sous le nom de « Contributions prévues déterminées au niveau national ». Plus de 170 pays ont communiqué leur plan à l’Organisation des Nations Unies.

Comme beaucoup d’autres, nous avons apporté les preuves économiques démontrant que plus nous attendrons pour amorcer la transition vers une croissance plus propre et sobre en carbone, plus le coût en sera élevé. Les pays courent le risque de s’enfermer dans des scénarios énergétiques, des systèmes de transport et une expansion urbaine tentaculaire à forte intensité de carbone qui rendront la situation encore plus difficile à l’avenir.

Les autorités nationales doivent dès maintenant envoyer à tous les acteurs économiques un message fort et cohérent pour leur faire savoir qu’elles apportent leur soutien à l’utilisation de technologies, de méthodes et de services plus propres.

Cette démarche implique la suppression des subventions, néfastes et coûteuses, en faveur des combustibles fossiles, mais aussi la démonstration de la vérité des prix grâce à l’adoption d’une mesure indispensable : la tarification de la pollution au carbone. De nombreux pays et un millier d’entreprises à travers le monde sont favorables à cette tarification.
 
Le premier jour de la conférence sur le climat, je me tiendrai aux côtés des dirigeants mondiaux pour appeler d’autres pays et d’autres entreprises à fixer un prix pour les émissions de carbone. Certains de ces dirigeants sont membres du Comité pour la tarification du carbone, groupe de chefs d’État et de gouvernement et de responsables de collectivités locales qui ont engagé un dialogue avec leurs pairs pour les convaincre de prendre cette mesure nécessaire et responsable.
 
Parmi les membres du Comité, réuni par la Banque et le FMI, figurent la chancelière allemande Angela Merkel, la présidente chilienne Michelle Bachelet, le président français François Hollande, le premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, le président philippin Benigno Aquino III et le président mexicain Enrique Peña Nieto, ainsi que le gouverneur de Californie, Jerry Brown, et le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes.

Les pouvoirs publics doivent aussi mener leurs politiques de manière à conduire les entreprises et les investisseurs privés à investir dans des modes de développement propres. Il est nécessaire d’appliquer systématiquement des normes d’efficacité énergétique pour les appareils électroménagers, les bâtiments, les voitures et les véhicules utilitaires, et de prendre des dispositions fiscales pour pénaliser le gaspillage et la pollution au carbone tout en encourageant l’innovation et une utilisation efficace des ressources.

Dans cette perspective, de nombreux pays devront obtenir des financements concessionnels pour éliminer les risques associés aux investissements dans de nouveaux modèles opérationnels ou des projets de grande envergure recourant éventuellement à de nouvelles techniques, afin d’accélérer l’adoption de technologies et de modèles opérationnels et, fondamentalement, investir dans la résilience.

Une grande partie des dispositions inscrites dans les plans nationaux sur le climat est conditionnée à l’apport d’un soutien financier. Nous nous sommes engagés à porter le montant annuel de notre financement de l’action climatique à quelque 29 milliards de dollars à l’horizon 2020 — soit près du tiers des 100 milliards de dollars de contribution que les pays développés ont annoncés la dernière fois que des négociations de cette importance ont eu lieu sur la question du climat.

Les initiatives contenues dans les plans nationaux sur le climat se chiffrent en milliers de milliards de dollars, et c’est là que nous avons besoin d’une impulsion politique pour mettre en œuvre des politiques sensées et cohérentes à même de promouvoir une croissance propre et un développement économique résilient.

La conférence de Paris doit refléter l’urgence de cette tâche. La mission du Groupe Banque mondiale consiste à mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et à promouvoir une prospérité partagée au profit des 40 % les plus pauvres de la population. Dans l’histoire de l’humanité, nous sommes la première génération qui a la possibilité de mettre un terme à l’extrême pauvreté, mais les effets du changement climatique pourraient rendre cet objectif irréalisable. À Paris, nous devons faire preuve d’ambition, car notre avenir et celui de nos enfants et petits-enfants en dépendent.

Ce billet a d'abord été publié en anglais par le Huffington Post dans le cadre d'une série de publications dédiée à la 21ème Conférence des Parties (COP21) de l'ONU qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

Commentaires

Soumis par mohamed mahmoud ould sidiba le

La Révolution Industrielle,entamée il y a deux à trois siècles,, a été effectivement une véritable révolution,mais mue par sa logique propre(le profit à tout prix) et sa lancée pas facilement contrôlable.L'activité humaine d'avant, était artisanale, lente,de qualité artistique parfois, limitée et amie de l'environnement,lequel pouvait se reproduire à l'identique.La révolution industrielle a introduit la production standardisée de grande envergure qui, par les économies d'échelle permettait une diminution des coûts et l'élargissement continu des marchés pour l'absorption des produits;elle a introduit ensuite l'obsolescence programmée des produits, pour assurer des achats continus et rapprochés;mais la finalité et les dommages qui en découlaient n'étaient pas toujours pris en compte, ni même constatés souvent qu'après coup.Les effets se sont accumulés et élargis, au point de devenir inquiétants,car très palpables.Un recul n'est plus possible, mais une autre forme d'industrialisation davantage amie et plus sûre pour le milieu et donc pour l'homme,est devenue nécessaire, car salvatrice.Il y va de la survie de l'espèce humaine dans le cocon qui lui sert d'habitacle qu'est la Terre.Il est quelque peu nouveau et heureux- depuis quelques décennies- que l'humanité, malgré ses divergences a commencé à prendre conscience d'un danger collectif et non sélectif,même si ses manifestations diffèrent selon les endroits et de la nécessité d'y faire face ensemble solidairement:l'atmosphère couvre l'ensemble de la planète et ses répercussions sont aussi globales, si elle se réchauffe à l'excès et/ou devient irrespirable.La civilisation humaine a fait de grandes avancées et construit des merveilles et elle ne saurait les négliger ou en faire une proie à la cupidité ou à la vaine compétition entre Etats.

Soumis par Anonymous le

A l'ouverture du sommet de la COP21, la quasi-totalité des leaders mondiaux, ont exprimé leur volonté de s'atteler à faire face résolument au changement climatique et ses conséquences désastreuses:"pour sauver notre planète" a dit Obama, " un tournant..." ou une expression équivalente pour Hollande, qui avait souligné quelques semaines auparavant que "plus tard, il ne sera pas tard, mais trop tard".Tous les leaders des grands pays et des moins grands, ont affiché la même volonté et la même résolution.Les institutions internationales,le secteur privé et la société civile,ont été mis à contribution.Cette volonté politique est l'élément le plus déterminant, pourvu qu'elle se maintienne dans l'après COP21.Les Jalons prévus tous les cinq ans pour évaluer le chemin parcouru, sont un bon signe. Ce sommet ne peut pas, ne doit pas, être un flop.Ceux qui tiennent les volants des destinées du monde, ne peuvent le laisser se fracasser sur les récifs de lendemains incertains, quelles que soient les pressions de lobbies qui, parfois, ne s'intéressent qu'à leur propre intérêt sur le court terme; au détriment de leurs enfants et des autres générations futures. Léonard Sismonde de Sismondi disait, à juste raison:"le but de la société humaine, doit être le progrès des hommes,non celui des choses."

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