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L’emploi repart, surtout dans les pays émergents

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L’un des aspects les plus navrants de la fragile reprise économique, après la crise mondiale, concerne la lenteur de la création d’emplois. Dans les pays développés comme dans les pays en développement, les chômeurs se comptent par millions (près de 200, selon les estimations de l’OIT) et ceux qui ont encore un emploi redoutent pour la plupart de le perdre ou de voir leurs revenus et leurs prestations stagner. Heureusement, le pire pourrait être derrière nous en certains points du globe. Si le marché du travail dans des pays développés comme les États-Unis se rétablit peu à peu, de nombreux pays en développement s’en sortent mieux, malgré une croissance économique atone.

Selon la dernière édition de Job Trends, publiée aujourd’hui par la Banque mondiale, les marchés du travail des pays en développement poursuivent leur redressement graduel alors même que la croissance a marqué le pas au quatrième trimestre 2011 (dernière période pour laquelle nous disposons de données sur le chômage et l’augmentation du PIB, des salaires et de l’emploi dans les 24 pays de notre échantillon). L’Europe de l’Est et l’Asie centrale y sont pour beaucoup, avec un taux de chômage à 6 %, contre 6,7 % au quatrième trimestre 2010, et une hausse des salaires de 8,3 %. La Lituanie poursuit ainsi son net redressement depuis la crise financière, avec une forte progression de l’emploi. En Turquie et, dans une moindre mesure, en Russie et en Arménie, le renforcement de la croissance s’est traduit par une baisse substantielle du chômage et une hausse plus prononcée des salaires.

Même scénario en Amérique latine et aux Caraïbes, où le chômage a régressé et les salaires augmenté. Au Mexique, l’un des pays les plus touchés par la crise mondiale, les travailleurs ont bénéficié de l’accélération de la hausse de l’emploi et des salaires et de la résorption du chômage, à 4,8 %, contre 5,3 % un an plus tôt. Quant à mon pays, le Brésil, le chômage a continué d’y refluer, avec un taux moyen de 5,2 % au quatrième trimestre 2011, malgré une croissance économique particulièrement morose, des chocs météorologiques contraires et le ralentissement de la demande chinoise.

Le chômage en Chine est resté stable alors même que l’économie décélère. Les Philippines et la Thaïlande affichent de meilleures performances, malgré un net tassement de la croissance du PIB. Enfin en Afrique du Sud — où le chômage reste très élevé — le ralentissement de la hausse des salaires a favorisé une progression supérieure de l’emploi. Reste à espérer que cette tendance se confirmera.

Toutes ces évolutions sont certes réconfortantes mais l’heure n’est pas à l’autosatisfaction. La zone euro fait flotter une menace sur la reprise mondiale et tout accident de parcours rejaillira forcément sur la trajectoire économique de bon nombre de pays en développement. Pour l’instant, du Brésil à la Russie et de la Chine à l’Afrique du Sud, les marchés du travail ont manifesté leur résilience devant le ralentissement de la croissance du PIB. Mais rien n’est plus favorable à l’emploi qu’une croissance alerte, dynamique et sans exclus. Nous en sommes encore loin.

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