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La Jordanie et le Liban ont besoin de l'aide de la communauté internationale

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La catastrophe que constitue la situation en Syrie atteint une ampleur que la plupart d’entre nous n’avons jamais connue. Trois ans après le début de la guerre civile, des millions de Syriens sont réfugiés dans leur propre pays et, au-delà de la Syrie, ce sont aussi d’autres pays qui sont touchés. Des millions de personnes ont cherché refuge en Turquie, en Iraq, en Égypte et, surtout, en Jordanie et au Liban. Ces pays ont ouvert grand leurs portes et leurs cœurs. À présent, le reste du monde doit les aider.

Cette semaine, j’ai pu constater sur place la générosité des Jordaniens et des Libanais. J’ai rencontré des petits Syriens dans une école primaire de Beyrouth et je me suis rendu dans le camp de Zaatari, en Jordanie, où vivent plus de 100 000 réfugiés. La Jordanie et le Liban ont ouvert leurs écoles, leurs hôpitaux et leurs communautés à près de deux millions de réfugiés. Peu de pays en développement pourraient en faire autant. Aujourd’hui, environ un quart de la population libanaise est constituée de Syriens ; ce million de réfugiés, c’est, proportionnellement, comme si toute la population du Mexique était recueillie par les États-Unis en l’espace de deux ou trois ans.

Cet afflux de population fait peser une pression colossale sur les infrastructures de la Jordanie et du Liban : sur les écoles, l’approvisionnement en eau, la collecte des ordures ménagères… Selon les estimations de la Banque mondiale, le PIB libanais s’est contracté de 2,9 % par an entre 2012 et 2014. Environ 170 000 Libanais sont tombés dans la pauvreté et le taux de chômage a doublé pour dépasser 20 %. Nous chiffrons la totalité des pertes économiques à 7,5 milliards de dollars.

Le Groupe de la Banque mondiale est venu en aide à ces deux pays. Nous avons alloué à la Jordanie une aide financière rapide de 150 millions de dollars, suivie d’un don de 60 millions de dollars consenti en coopération avec le Royaume-Uni, le Canada, la Suisse et le Fonds arabe. Et, en mars derniers, nos pays membres ont approuvé un financement additionnel de 250 millions de dollars en faveur de la Jordanie.

Nous avons par ailleurs créé un fonds fiduciaire multidonateurs pour le Liban et apporté une contribution de 10 millions de dollars au titre de notre Fonds pour la construction de la paix et de l’État (SPF). La Norvège a déjà contribué à ce fonds, la France et la Finlande se sont récemment engagées à le faire, et d’autres bailleurs ont manifesté leur intérêt.

Mais ces ressources sont loin de couvrir toute l’étendue des besoins : l’ONU a lancé un appel de fonds d’un montant de 6,5 milliards de dollars pour 2014 afin d’appuyer l’action des organismes d’aide face à l’ampleur des besoins humanitaires en Syrie et dans les pays voisins.

Je me suis rendu au Moyen-Orient en y portant un message d’espoir et d’optimisme pour l’avenir. Un jour, la guerre en Syrie prendra fin, et la région verra s’ouvrir devant elle la possibilité d’horizons plus radieux, la possibilité d’un avenir pour ses 100 millions de jeunes et pour le potentiel qu’ils recèlent. Mais, d’abord, le monde doit venir en aide aux pays qui sont confrontés à l’accueil des réfugiés syriens. Le moment est venu pour la communauté internationale d’accroître son aide en faveur de la Jordanie et du Liban.

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