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La montée en puissance des programmes de protection sociale en Afrique

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Jusqu’à une date très récente, les filets de protection sociale — ces programmes consistant à venir en aide aux populations pauvres et vulnérables par le biais de transferts monétaires et autres — étaient considérés comme l’apanage des pays riches ou à revenu intermédiaire. Celui qui me venait le plus souvent à l’esprit, lorsque je pensais aux dispositifs équivalents en place dans des pays en développement, c’était le programme brésilien Bolsa Familia, qui est décrit comme le plus vaste et l’un des plus concluants programmes de ce type au monde.

Mais aujourd’hui, beaucoup de pays à faible revenu sont eux-mêmes dotés de filets de protection sociale sous une forme ou une autre, et ceux d’Afrique subsaharienne ne font pas exception. Au cours des dix dernières années, 120 programmes de transferts monétaires ont été mis en place en Afrique, et il apparaît de plus en plus évident qu’ils peuvent avoir un impact sur la pauvreté et constituent un solide vecteur d’investissement dans le capital humain. Ces filets de protection sociale aident les pauvres à assurer leurs besoins fondamentaux, notamment en matière d’alimentation, de soins de santé et d’éducation. Ils peuvent aussi fournir une assistance temporaire pour aider à surmonter des crises économiques ou des problèmes climatiques. Ils aident également les ménages et les communautés à se constituer un patrimoine.

Dans le cadre des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, un séminaire intitulé « La montée en puissance des programmes de protection sociale en Afrique » a été organisé et sera rediffusé en ligne. Il a permis de faire le point sur ces programmes et leurs résultats. Il s’est attaché essentiellement à présenter un aperçu des filets de protection dans le contexte africain, à faire la corrélation entre le programme Vision 2020 Umurenge du Rwanda et le recul rapide de la pauvreté observé dans ce pays, et à examiner le rôle joué par les technologies pour rendre ces programmes plus efficaces et transparents.

Ce panel a réuni Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique,  Tamar Manuelyan Atinc, vice-présidente et responsable du réseau Développement humain à la Banque mondiale,  John Rwangombwa, ministre des Finances et de la Planification économique du Rwanda, John Staley, directeur des services bancaires mobiles et de l’innovation à Equity Bank.

Le séminaire « La montée en puissance des programmes de protection sociale en Afrique » peut être visionné, en ligne, sur http://www.livestream.com/WorldBankAfrica.

Un court métrage présentant les témoignages de personnes qui bénéficient de ces dispositifs de protection sociale en Afrique a également été diffusé dans le cadre de ce séminaire.

ll s’ouvre sur le récit d’une femme qui bénéficie depuis peu de transferts monétaires au Niger, un pays qui est depuis longtemps sous la menace de l’insécurité alimentaire. Il présente ensuite le cas d’un jeune Kenyan dont les parents sont décédés et qui a pu, grâce à un de ces transferts, développer son petit salon de coiffure et prendre ainsi en charge le reste de sa famille. Pour finir, il nous emmène en Éthiopie, où un lycéen dont la famille produit des fruits et légumes raconte comment ses parents ont pu, grâce à l’aide reçue, investir dans un système d’irrigation et faire ainsi progresser leur exploitation au point de pouvoir finalement se passer de l’aide publique.

Regardez ce film :


J’espère que le contenu de ce séminaire aura été, sera, utile à tous ceux qui s’emploient à trouver les meilleures façons d’amortir l’impact des crises pour les populations pauvres, et à investir de manière régulière et durable dans le capital humain. Rejoignez-nous, votre avis est précieux ! Cliquez ici

Ritva Reinikka est directrice en charge du développement humain au sein des services de la Région Afrique à la Banque mondiale.

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