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Le Népal a besoin de votre aide

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Le 25 avril 2015, un séisme destructeur frappe le Népal.
Saurav Rana/Banque mondiale.

Maintenant, vous devez tous avoir entendu parler du gigantesque séisme et des nombreuses répliques qui ont ravagé le Népal ces derniers jours. À l’heure où je rédige ces lignes, je sens une nouvelle secousse, 36 heures après le choc initial.
               
Par bonheur, ma famille est saine et sauve. Nous avons eu de la chance. La majorité des habitants de Katmandou se sont installés dans des tentes de fortune plantées dans divers espaces ouverts dans toute la ville : écoles, casernes et terrains inoccupés. Certains de ces campements sont coordonnés par les sauveteurs, tandis que d’autres sont simplement édifiés par les habitants. Par endroits, des crémations ont lieu à 5 mètres seulement de là où les gens dorment. La pluie vient encore compliquer une situation déjà très éprouvante psychologiquement. Et ce n’est que la situation à Katmandou.

Séisme destructeur au Népal
Saurav Rana/Banque mondiale

Les zones rurales, où vivent 80 % des Népalais, sont dévastées. Des villages entiers ont été rayés de la carte, ensevelis par les glissements de terrain dus aux multiples secousses. Lorsque ce n’est pas le cas, les maisons, en bois et en boue séchée, ont été réduites en poussière, laissant leurs habitants aux prises avec les éléments. Ces régions de vallons ou de montagnes comptent parmi les plus difficiles d’accès.

Le bilan humain s’alourdit d’heure en heure. Même si ma famille et moi-même sommes sains et saufs, nombre de mes amis ont perdu des proches. Beaucoup de nos connaissances n’ont plus leur maison. La petite-fille d’un membre du personnel doit être amputée d’une jambe. Ma « Didi », qui s’est occupée de moi lorsque j’étais enfant et qui est comme une deuxième mère pour moi, a perdu son cousin, écrasé dans l’effondrement de leur maison. Elle ne sait vraiment pas comment faire son deuil, car elle doit aussi veiller à sa sécurité et à celle des autres.

Notre patrimoine culturel a également subi des pertes inestimables. Des temples et des places historiques, il ne reste plus que des montagnes de gravats. Imaginez les Due Torri, à Bologne, ou le Washington Monument, à Washington D.C., réduits en miettes. Ces destructions sont un crève-cœur.

La communauté internationale a été prompte à réagir et les opérations de secours vont bon train. Des avions militaires Hercules et IL-76 font des rotations 24 heures sur 24 pour acheminer des vivres, ainsi que du matériel et des équipes de secours. Seules deux routes principales, l’une vers la Chine et l’autre vers l’Inde, relient la vallée de Katmandou avec le reste du monde. Les dégâts subis par ces deux axes limitent aussi l’aide qui peut être transportée jusqu’à la capitale par voie terrestre.
 
Séisme destructeur au Népal
Saurav Rana/Banque mondiale

Et pourtant, ce n’est que le début. Les plus grandes difficultés restent à venir. La saison de la mousson commence dans un mois à peine. Cette période pluvieuse s’accompagne en général de la recrudescence de diverses maladies telles que la dysenterie, le choléra et l’hépatite. Compte tenu du nombre des habitations détruites, les survivants continueront de trouver refuge dans des camps durant les prochains mois. Ces installations denses et bondées, où les conditions d’hygiène sont précaires, constitueront des terrains propices à la diffusion des maladies, surtout à Katmandou, où l’eau salubre vient souvent à manquer, même en temps normal.

Voici mon appel à tous ceux qui liront ces lignes.

La réaction à chaud a été formidable et nous a remonté le moral, mais cet appui devra être maintenu sur la durée. Les équipes de secours ne devront pas seulement reconstruire, mais aussi empêcher la propagation des maladies, qui devraient redoubler de vigueur à la faveur de la mousson.

Nous aurons besoin d’eau salubre, de médicaments, de vêtements imperméables et d’un soutien au niveau de l’infrastructure pour construire des camps où les personnes qui ont perdu leur logement pourront vivre dans des conditions d’hygiène correctes.
 
Vu l’ampleur des dévastations, il sera encore plus difficile de faire face à ces flambées. S’il vous plaît, aidez les organisations participant aux efforts de redressement au Népal et faites aussi connaître les risques sanitaires et les problèmes d’assainissement auxquels est confronté le pays.

Ces derniers jours ont été terrifiants. C’est la première fois que je suis confronté à ma propre mortalité : je suis assis là, dans la nuit étrangement calme, avec la certitude qu’une nouvelle secousse va se produire. Mais je veux aussi surmonter mon angoisse pour aider ma famille et tous les miens, et, une fois qu’ils seront tous en sécurité, le reste du pays.

Nous avons besoin de votre aide. Le Népal a besoin de vous.

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