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Le rôle crucial du paiement numérique pour la réussite des entrepreneurs

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Les acteurs publics et privés ont un rôle essentiel à jouer pour promouvoir l’utilisation des paiements numériques et améliorer l’accès au système financier formel. (Photo : Dominic Chavez / Banque mondiale)
Les acteurs publics et privés ont un rôle essentiel à jouer pour promouvoir l’utilisation des paiements numériques et améliorer l’accès au système financier formel. (Photo : Dominic Chavez / Banque mondiale)
 

Dans les pays à revenu élevé, les paiements électroniques sont courants : les entrepreneurs acceptent ce mode de règlement de la part de leurs clients, et l’utilisent eux-mêmes vis-à-vis de leurs fournisseurs ainsi que du fisc, entre autres. En revanche, dans les pays en développement, où plus d’un tiers des adultes indiquent être des travailleurs indépendants (a), il s’agit d’un outil encore peu répandu, mais susceptible d’avoir d’importants effets bénéfiques à la fois sur les entreprises et sur l’ensemble de la société en rendant le système financier formel plus accessible. L’expansion rapide des téléphones portables devrait faciliter les paiements numériques dans le monde en développement, ce qui offre des avantages potentiels considérables aux entrepreneurs, sur l’ensemble du globe. Un nouveau rapport montre comment (a).​
Accroissement de l’efficience et des gains 

Le paiement numérique a de nombreux avantages, que ce soit pour un petit vendeur de fruits ou pour le directeur d’une grande usine. Par exemple, en facilitant le suivi des ventes journalières, il contribue à améliorer la gestion des stocks et la marge bénéficiaire. Ce mode de règlement dans le cadre du commerce électronique peut également élargir la base de clientèle et la visibilité d’un entrepreneur, permettant à ce dernier d’étoffer son activité pour ne plus en tirer uniquement des moyens de subsistance.

Pour les grands entrepreneurs, les applications numériques comme l’archivage en ligne et le paiement électronique des droits de licence sont à même d’abaisser les coûts de conformité fiscale (a), qui sont substantiels dans les pays en développement. Cela peut aussi encourager des entreprises à rejoindre l’économie structurée, et étendre l’assise fiscale publique. De plus, en créant un compte pour le versement électronique des rémunérations de son personnel, l’employeur peut veiller à l’exactitude et à la sécurité de ces paiements, ce qui est appréciable tant pour lui que pour ses salariés.

Autonomiser les femmes entrepreneurs

Les femmes, en particulier, peuvent tirer profit du paiement numérique. Bien souvent, les normes sociales et leurs responsabilités familiales les empêchent de se rendre chez un fournisseur ou dans une agence bancaire loin de chez elles. En leur évitant un long trajet pour aller déposer des fonds, notamment, les paiements numériques améliorent leur accès au marché et réduisent certains freins à la mobilité. Il arrive par ailleurs que les normes sociales limitent la capacité d’une femme entrepreneur à utiliser ce qu’elle gagne comme elle l’entend. Grâce aux paiements électroniques, cet argent est une ressource privée, et des membres du ménage, ou d’autres personnes, risquent donc moins d’en réclamer une partie. Des études (a) montrent que, lorsque ce revenu est géré par une femme, et non par un homme, c’est pour le bien de toute la famille. De fait, les femmes investissent davantage dans l’alimentation et dans la santé des enfants.

Des répercussions sociétales positives : progression de la bancarisation et amélioration de l’accès au crédit  

Le paiement numérique a des conséquences bénéfiques non seulement sur les individus, mais aussi sur l’ensemble de la société, car il accroît le nombre de détenteurs d’un compte en banque. Au niveau mondial, on compte encore plus de deux milliards d’adultes non bancarisés (a), dont près d’un quart de travailleurs indépendants dans les pays en développement. Les systèmes de paiement électronique commerciaux incitent fortement les chefs d’entreprise à réaliser des transactions financières formelles, avec, à la clé, davantage de transparence et moins de corruption sous forme de pots-de-vin ou d’autres activités illicites.

De plus, le paiement électronique des salaires (a) permet de proposer aux travailleurs des dépôts automatiques et des rappels ou d’autres moyens encourageant l’épargne. Il ressort des analyses (a) que ces « coups de pouce » font évoluer dans le bon sens les comportements, notamment sur le plan financier.
En outre, les paiements numériques peuvent élargir l’accès au crédit. Dans le monde, la moitié des entreprises ont besoin d’emprunter, mais 35 % seulement obtiennent un prêt bancaire ou une ligne de crédit (figure 1). En particulier, les petits entrepreneurs à revenu faible n’ont souvent pas accès au crédit formel, à cause des taux d’intérêt élevés et des garanties considérables à apporter. En déterminant automatiquement la solvabilité de ceux qui créent une entreprise ou qui la développent, les paiements électroniques peuvent aider les entrepreneurs à s’affranchir de ces obstacles. Ainsi, aux États-Unis, la prise en compte des historiques de paiement des factures d’eau, d’énergie et de télécommunications a permis de réduire sensiblement le pourcentage d’adultes dont on ne peut pas définir la solvabilité, surtout parmi les populations défavorisées et minoritaires. Appliquée à un pays en développement, cette pratique pourrait accroître très nettement l’accès au crédit, tout particulièrement pour les catégories vulnérables comme les femmes et les pauvres.

Source : Enquêtes de la Banque mondiale auprès des entreprises, diverses années, htttps://www.enterprisesurveys.org
Source : Enquêtes de la Banque mondiale auprès des entreprises, diverses années,
htttps://www.enterprisesurveys.org


Les défis à relever

Des obstacles persistants empêchent les pays en développement d’adopter réellement le paiement numérique, malgré ses avantages. Ce mode de règlement n’est pas toujours possible à cause de problèmes d’infrastructure, tels que la couverture inégale des réseaux mobiles ou les pannes d’électricité. Et, en général, les systèmes de paiement numérique nécessitent une identification officielle pour créer un compte. Or, dans ces pays, une grande partie de la population n’a pas d’identification formelle, ou opte pour une activité informelle (a), notamment les petits entrepreneurs.

Enfin, pour que l’introduction du paiement numérique soit réussie, il faut que l’entrepreneur et le client manifestent un intérêt suffisant. Certaines entreprises expérimentent des programmes de fidélité (a) et des dispositifs similaires, qui sont déjà utilisés avec succès par, entre autres, des émetteurs de cartes de crédit et des compagnies aériennes. Mais si la proportion d’entrepreneurs acceptant un paiement numérique est trop faible, les clients ne seront pas intéressés. Et, sans un grand nombre de clients désireux d’utiliser le paiement numérique, les entrepreneurs refuseront de proposer ce mode de règlement.

Remédier aux carences : quels enseignements pour les pouvoirs publics et les établissements financiers ?

Les acteurs publics et privés ont un rôle de premier plan à jouer afin de promouvoir l’utilisation des paiements numériques et d’améliorer l’accès au système financier formel. Le bon fonctionnement d’un mécanisme de paiement numérique repose sur un environnement réglementaire adapté, sur un cadre approprié pour la protection des consommateurs et sur des réseaux numériques solides. Pour atteindre ces objectifs, les pays peuvent repenser leurs politiques à l’égard des banques et des télécommunications, de façon à soutenir les services financiers numériques. De leur côté, les banques et les prestataires de services financiers devraient concevoir des produits répondant aux besoins des petits entrepreneurs, tout particulièrement en milieu rural. Ensemble, les secteurs public et privé peuvent améliorer l’écosystème des paiements numériques, et accroître les opportunités qui s’offrent aux entrepreneurs.   

Pour lire l’intégralité du rapport, cliquer ici (a)

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Commentaires

Soumis par Amah Justine le

N'oublions pas que ce mode de paiement nécessite que les utilisateurs sachent lire et écrire. A part cet autre problème qui est important, ce système est très utile, rentable et permet un gain de temps. Il faut le vulgariser.

Soumis par Daouda le

Très bel article mais il faudrait également tenir compte du niveau d'alphabétisation des populations surtout celles vivant en milieu rural. L'impossibilité de ces populations pour lire et écrire des SMS pose un blocage dans l'utilisation des SMF.

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