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Les villes : le meilleur endroit pour promouvoir un développement durable

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Énigmatiques pour certains et source d’inspiration pour d’autres, les villes sont des moteurs de la croissance économique. À ce titre, elles sont le théâtre d’une urbanisation rapide, d’un essor des classes moyennes et d’une expansion démographique. Ces trois mégatendances exacerbent la dégradation de l’environnement mondial, mais ne constituent pourtant qu’une partie de l’immense défi que doivent relever les villes aujourd’hui.

Alors qu’elles consomment plus des deux tiers de l’énergie mondiale et qu’elles sont responsables de 70 % des émissions de dioxyde de carbone, les villes sont aussi très exposées aux effets du changement climatique. Quatorze des 19 plus grandes métropoles de la planète sont situées dans des zones portuaires. Avec l’élévation du niveau de la mer et l’intensification des tempêtes, elles vivent sous la menace de crues côtières, d’une détérioration de l’infrastructure et d’une interruption de leur approvisionnement en eau et en denrées alimentaires. Dans ces conditions, la satisfaction des besoins croissants de production et de consommation (denrées alimentaires, énergie, eau et infrastructure) des populations urbaines ne peut qu’aboutir à la sursaturation des écosystèmes ruraux et urbains.

Afin d’y remédier, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) (a), en collaboration avec le Groupe de la Banque mondiale, a lancé le programme Villes durables (a) qui cherche à mobiliser 23 métropoles dans 11 pays en développement. Originaires de l’un de ces pays, deux spécialistes du développement urbain, travaillant respectivement pour le FEM et le Groupe de la Banque mondiale, expliquent pourquoi elles tiennent à rendre les villes plus durables.

Xiaomei Tan, spécialiste des transports et du développement urbain (FEM)

J’ai grandi dans le Shanghai des années 1970, qui était une ville grise et sale, mais aussi joyeuse et pratique. C’est ainsi que s’est forgée ma conception du paysage urbain. Le charbon qu’on brûlait dans les cuisinières produisait du smog et de la pollution, et ma famille ne faisait pas exception.

L’herbe était plus verte à la campagne, où l’on pouvait également apprécier le ciel bleu et la végétation, mais où la population n’avait pas accès aux commodités modernes telles que les toilettes et l’eau courante.

Dix-huit ans plus tard, un voyage à Zurich, la première ville étrangère que j’ai visitée, a changé ma vision des choses. La pureté de l’air et les couleurs de la ville m’ont impressionnée mais aussi plongée dans la perplexité. Pourquoi les villes chinoises avaient-elles renoncé à l’air pur et à la nature en échange du confort ?

C’est au sein du FEM que j’ai pu transformer ma fascination pour les villes en solutions concrètes. Nous nous efforçons de favoriser un développement urbain durable en promouvant des modèles de conception, de planification et d’exécution mieux intégrés.

Dans le cadre d’une initiative pilote, le programme s’efforce de former un réseau solide de villes destinées à être les ambassadrices mondiales d’un urbanisme durable qui engendrera des bienfaits tangibles à l’échelle locale et mondiale. La théorie du changement appliquée par ce programme privilégie un urbanisme inclusif et fondé sur des données factuelles, qui va au-delà de la conception traditionnelle de la ville pour apporter aux populations un ensemble complet de services.

Xueman Wang, coordinatrice changement climatique et villes (Groupe de la Banque mondiale)

En quoi ce programme diffère-t-il des initiatives qui existent déjà pour les villes ?

L’avantage du programme réside dans la diversité des projets d’une ville à l’autre, qui nous permettra d’enrichir notre savoir et notre expérience sur la planification et le financement de villes durables dans le cadre d’une plateforme mondiale de connaissances. La plus grande difficulté, qui offrira aussi des opportunités, sera de trouver une approche et une vision communes à toutes ces villes. Pour ce faire, la plateforme :

  1. encouragera l’adoption d’une approche véritablement intégrée pour la définition d’indicateurs clés qui serviront à suivre et mesurer le développement durable, et pour leur prise en compte dans les activités urbanistiques ;
  2. améliorera les possibilités d’investissement dans la gestion des finances municipales et favorisera la création d’outils pour l’investissement (note de solvabilité financière des villes, obligations municipales, PPP, etc.) et l’élaboration de projets susceptibles de séduire les investisseurs ;
  3. visera un engagement systématique à long terme pour une interaction stratégique entre les villes participantes, dans le but de les conduire à institutionnaliser la planification du développement durable sur le plan national et local ;
  4. capitalisera sur le travail et les réseaux existants afin d’éviter les doublons et de rationaliser les connaissances sur les indicateurs de durabilité et les pratiques de planification.

Avec une urbanisation bien gérée, résiliente et inclusive, et une consommation rationnelle des ressources, les villes peuvent devenir les moteurs du développement durable et de la croissance économique. Si dans le monde, 100 villes à peine optaient pour une trajectoire de développement sobre en carbone, les émissions de gaz à effet de serre (GES) reculeraient de 10 % par an, selon les estimations. Puisque la croissance urbaine se concentre à 90 % dans les pays en développement, les villes sont le meilleur endroit pour construire un avenir vivable et à faibles émissions de carbone.

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