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Enfants non scolarisés : un enjeu toujours d’actualité

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Aujourd’hui, alors que s’approche l’échéance des objectifs du Millénaire pour le développement et que la communauté du développement réfléchit à de nouvelles cibles, on constate que, parmi les enfants qui vont à l’école, nombreux sont ceux qui n’apprennent pas suffisamment. Mais surtout, il y a encore plus de 120 millions d’enfants et de jeunes adolescents qui ne sont pas scolarisés. Pour un enfant sur dix en âge d’aller au primaire et un enfant sur sept en âge de suivre un premier cycle au secondaire, le droit à l’éducation reste un vœu pieux.

© Banco Mundial

Le plus alarmant, peut-être, c’est que les statistiques montrent un relâchement continu de la dynamique nécessaire pour toucher ces enfants. Entre 2000 et 2007, la disparition des frais de scolarité, la construction d’écoles et le recrutement d’enseignants ont permis des avancées considérables sur le front de l’accès universel à une éducation de base. En chiffres absolus, ces progrès ont été essentiellement le fait d’un petit nombre de pays. Rien qu’en Inde, le nombre d’enfants non scolarisés a chuté de 16 millions entre 2000 et 2011 (dernière année pour laquelle les données sont disponibles). Dix autres pays ont également beaucoup contribué à la progression de la scolarisation : l’Algérie, le Burundi, le Ghana, la République islamique d’Iran, le Maroc, le Mozambique, le Népal, le Pakistan, le Yémen et la Zambie. Ces 11 pays ont représenté plus de de la moitié de la baisse du nombre d’enfants non scolarisés enregistrée depuis l’an 2000 dans l’ensemble du monde.
 
Aujourd’hui, cependant, 58 millions d’enfants âgés d’environ 6 à 11 ans ne sont pas scolarisés, et 63 millions d’adolescents (entre 12 et 15 ans) ne sont pas inscrits à l’école. La diminution du nombre d’enfants non scolarisés a connu un coup d’arrêt en 2007. En outre, comme le montre le graphique ci-dessous, la proportion d’enfants non scolarisés est également restée pratiquement la même depuis 2007. Et ce sont les filles, les enfants pauvres et ceux qui vivent dans les zones rurales ou les plus isolées qui payent le plus lourd tribut.
 
Évolution du taux d’enfants d’âge scolaire non scolarisés (au primaire et au premier cycle du secondaire) entre 2000 et 2012

© UNESCO

Les dernières statistiques portant sur les enfants non scolarisés sont disponibles dans un rapport que l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU) et l’UNICEF ont publié en janvier 2015. Ce rapport, qui expose tout un jeu d’indicateurs qui permettent de mieux identifier ces enfants, met en évidence les obstacles qui entravent leur accès à l’éducation : la moitié des enfants non scolarisés vivent dans des pays touchés par un conflit ; la discrimination fondée sur le sexe continue largement à desservir les filles dans de nombreux pays (même si dans certains pays, et tout spécialement dans les Caraïbes, les résultats des garçons sont inférieurs à ceux des filles) ; le travail des enfants est également identifié comme un problème majeur, de même que la langue dans laquelle l’enseignement est dispensé, tout particulièrement pour les populations autochtones ; les enfants souffrant de handicaps demeurent exclus des systèmes éducatifs, mal adaptés à leur prise en charge. Tous ces facteurs sont en outre exacerbés par la pauvreté. Dans beaucoup de pays, les ménages à faible revenu ne peuvent assumer les coûts directs liés à la scolarisation de leurs enfants (frais de scolarité, uniformes ou manuels scolaires) ou les coûts indirects découlant de leur non-participation aux tâches ménagères ou à l’apport de revenus.
 
Ce rapport est assorti d’un instrument d’exploration statistique qui permet de dépasser le cadre des chiffres absolus pour dégager les principaux facteurs d’exclusion. Cet outil montre en particulier dans quelle mesure l’appartenance sexuelle, le lieu de vie (opposition entre milieu rural et urbain) et la pauvreté influent sur la probabilité d’être scolarisé tardivement, de quitter l’école prématurément voire même de ne jamais en passer le seuil. Cet outil statistique, mis au point par l’ISU, permet donc d’identifier précisément les priorités à suivre pour toute politique ou intervention efficace au profit de ces enfants.
 
Le rapport de l’ISU-UNICEF plaide pour un panachage d’interventions sur l’offre et sur la demande, ainsi que pour des réformes systémiques. Enfin, il en appelle à une implication plus importante des États et des donateurs pour honorer une promesse toujours non tenue à ce jour : celle de l’éducation pour tous.
 

Commentaires

Soumis par Thierry Kubwimana le

Pour le cas du Burundi, les ecoles primaire ont ete debordees depuis le decret de gratuite et les enseignants sont mal payes. Or il y a bcp d'enseignats au chomage a cause du manque d'infrastructures ecoliers dans les zones rurales.On pourrait construire des ecoles privees en zones rurales, pour que les familles plus ou moins aisees envoient leurs enfants dans ces ecoles, et reduisent ainsi l'effectif des enfants dans les ecoles publiques. Avec le concours de l'unesco et de l'unicef on pourrait arriver a une moindre charge pour les cours et les livres. Si la banque mondiale financait une partie de la construction, l'etat pourrait ffournir les espaces necessaires et les familles fournir du bois pour faire fabriquer les pupitres dans des ecoles techniques de l'interieur du pays.

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