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Jim Yong Kim : « Nous devons rendre la croissance plus équitable »

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Financement, innovation et créativité : dans un discours prononcé à la veille des Assemblées annuelles, Jim Yong Kim a insisté sur la nécessité de relancer la dynamique qui permettra de faire face aux nombreux défis auxquels le monde est confronté et sur le rôle essentiel qui incombe au Groupe de la Banque mondiale.

Certes, l’extrême pauvreté recule rapidement et les revenus des 40 % les plus pauvres de la population s’améliorent, mais « les progrès sont encore trop lents », et les inégalités trop fortes, a souligné le président Jim Yong Kim.
« Nous devons rendre la croissance plus équitable », a-t-il déclaré dans son allocution à la Brookings Institution, l’un des plus principaux think tanks de Washington.

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale cité par le président Kim, les inégalités de revenu ont globalement baissé entre les nations et au sein de la population, mais leur niveau est tel qu’elles « entravent encore la croissance et engendrent de l’instabilité ».

Le monde doit faire face aujourd’hui à une croissance basse, aux mutations technologiques et au changement climatique. À l’horizon 2030, a rappelé Jim Yong Kim, « près de la moitié des populations extrêmement pauvres vivront dans des pays fragiles et touchés par des conflits », tandis que « dans les pays émergents et à faible revenu, on estime que le déficit annuel de financement des infrastructures s’élève à 1 500 milliards de dollars ».

« Force est de constater que nos activités n’ont pas atteint une envergure suffisante pour avoir l’impact nécessaire sur la croissance des pays en développement », a reconnu le président du Groupe de la Banque mondiale. Et d’ajouter : « Nous nous trouvons dans une période peu ordinaire. Nous ne pouvons donc pas nous contenter de mesures ordinaires ».

Jim Yong Kim a exposé les axes d’action qui permettront d’accélérer le développement en mobilisant plus d’investissements privés en direction des marchés émergents et des pays les plus pauvres, en particulier en faveur de l’infrastructure. Le Groupe de la Banque mondiale va s’employer plus vigoureusement à réduire les risques pour « encourager les investisseurs à s’engager dans des pays et des projets qu’ils n’auraient jamais envisagés auparavant » et qui bénéficieront ainsi des milliers de milliards de dollars de financements dont ils ont besoin. Une approche qui exige de « redoubler de vigilance », selon le président du Groupe de la Banque mondiale, pour veiller à ce que « les privatisations n’entraînent pas l’exclusion des catégories pauvres et marginalisées ».

« Sans un surcroît de capitaux, nous aurons du mal à convaincre les pays de porter leurs investissements dans les ressources humaines au niveau que nous jugeons nécessaire pour former une main-d’œuvre à même de soutenir la concurrence dans l’économie de demain », a souligné Jim Yong Kim.

Le modèle de développement traditionnel qui conduit à la prospérité économique, à savoir le passage de l’agriculture de production à une industrie manufacturière légère puis à une industrialisation à grande échelle, risque de ne plus être opérant aujourd’hui du fait de la technologie et de la mécanisation. Selon des études fondées sur des données de la Banque mondiale, la proportion d’emplois menacés par l’automatisation est de 69 % en Inde, 77 % en Chine et jusqu’à 85 % en Éthiopie, a indiqué le président Kim.

« On ne peut guère exagérer l’urgente nécessité d’investir davantage et plus efficacement dans l’être humain. Je suis convaincu qu’un tel investissement déterminera l’avenir même des nations », a-t-il insisté.

Car si l’on n’investit pas suffisamment dans la santé, l’éducation et les compétences, on risque de mettre un grand nombre de personnes dans une situation où elles ne pourront pas affronter la concurrence du marché du travail, et ce « scénario est propice à de futures crises », a ajouté Jim Yong Kim.

Le Groupe de la Banque mondiale doit aussi agir davantage face aux graves menaces mondiales que constituent les crises des réfugiés, le changement climatique et les pandémies, et œuvrer davantage au renforcement de la résilience, notamment « en apportant des instruments financiers innovants qui peuvent réduire la probabilité que des catastrophes se produisent ».

 

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