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#Music4Dev en 2015 : relever le défi de l'extrême pauvreté en musique

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Mettre fin à la pauvreté.
 
Il n'y a pas si longtemps l'idée semblait encore impossible, voire ridicule : qui aurait pu croire que l'on pourrait se fixer pour objectif de mettre fin à l'extrême pauvreté d'ici 2030 ? Mais des progrès considérables ont été réalisés en 25 ans, nous sommes passé de près de 2 milliards de personnes vivant dans l'extrême pauvreté à moins de 1 milliard. Pourtant, il y a toujours trop de gens plongés dans cette extrême pauvreté, et il nous reste donc beaucoup de travail à accomplir.

L'action commence par la sensibilisation. Si les gens ignorent quels changements sont nécessaires, alors ces changements ne se produiront jamais. C'est à cette fin que nous avons créé une série musicale, #Music4Dev, pour sensibiliser au défi de l'extrême pauvreté. Nous accueillons des artistes du monde entier venus partager leur musique avec nous à la Banque mondiale et avec vous tous qui nous suivez et relayez ces vidéos sur les réseaux sociaux.

En partageant leurs chansons, ces artistes internationaux participent à dffuser des messages de sensibilisation en lien avec les défis du développement, et espèrent insuffler à ceux qui les entendront l'envie de rejoindre l'action contre la pauvreté. Découvrez les artistes que nous avons reçus à ce jour, consultez leurs interviews et profitez de leur musique. Nous sommes impatients de rencontrer de nouveaux artistes en 2016 et de vous les faire découvrir ainsi que leur engagement contre la pauvreté. Nous vous invitons à rejoindre, comme eux, le mouvement #EndPoverty.
 

Nneka, auteur-interprète, Nigéria.


 

Depuis que Nneka a sorti son premier album Victim of Truth en 2005, la jeune star nigériane figure parmi les plus ardents défenseurs des droits des femmes et de la lutte contre la corruption en Afrique. Elle enfonce le clou avec son quatrième album, My Fairy Tales, qui évoque cette fois les difficultés auxquelles les Africains de la diaspora sont confrontés. Elle s'est rendue au siège de la Banque mondiale pour faire connaître sa musique et s’exprimer sur les droits des femmes. « Avec ma musique, je veux faire passer des messages sur ces problèmes », explique-t-elle. « J'ai grandi au Nigéria où la liberté des femmes est restreinte à bien des niveauxJ'ai été élevée dans un système où le respect passe par la peur. »

Nneka Lucia Egbuna a partagé la scène avec des artistes comme The Roots, Femi Kuti et Damian Marley, Nneka prête sa notoriété à des ONG telles que le Fonds pour le développement des femmes africaines (AWDF), dont elle est l'ambassadrice culturelle. Elle est également cofondatrice de la Fondation ROPE (Reach Out, Organize, Practice, Experience), un organisme caritatif qui aide les jeunes à s'exprimer à travers l'art. ROPE s'est récemment associée à la Fondation WAGA (War Affected Girls and Adults) pour venir en aide aux femmes victimes d'abus sexuels en Sierra Leone.

Nneka compte bien continuer à mettre sa musique au service de l'émancipation des femmes, et adresse ce conseil à ses fans : « Quoi que vous fassiez, ayez confiance en vous et ne laissez personne vous intimider ! ».
 

Drew Holcomb, chanteur de Country de Nashville, États-Unis

La fin de la pauvreté, ça ressemblerait à quoi ? Pour le chanteur Drew Holcomb, ce serait l’ouverture de nouveaux horizons pour tous. « La pauvreté ferme le champ des possibles. Elle anéantit toute perspective d'une vie meilleure pour soi et pour sa famille », affirme-t-il. « Quand j'entends ‘mettons fin à la pauvreté’, je vois de nouveaux horizons s'ouvrir pour tout le monde. »

Drew Holcomb effectue quelque 150 concerts par an avec son groupe The Neighbors, ce qui lui donne largement l’occasion de sensibiliser son public à l’importance de la responsabilité citoyenne. « Grâce au tremplin de la musique, nous pouvons non pas faire pression sur ceux qui nous écoutent mais les informer sur certaines réalités », explique le chanteur de 33 ans. « Souvent, les gens aimeraient faire quelque chose mais ils ne savent pas par où commencer. Les problèmes semblent si énormes que l'on se dit ‘mais qu'est-ce que je peux y faire ?’. Mais nous avons découvert que les gens, dès lors qu'ils ont conscience d'un problème, ont tendance à vouloir faire un geste. »

Depuis qu’ils sont parents (d’Emmylou, deux ans, et Huck, deux mois), Drew Holcomb et sa femme, Ellie, qui est également membre du groupe, sont encore plus résolus à agir afin de leur transmettre un monde meilleur. « Nous voudrions tant que tous les enfants aient la même chance », confie Drew Holcomb. « J'imagine un monde où mes enfants pourront participer à la résolution des problèmes de la même manière que ma femme et moi avons tenté de le faire. »
 

D'Banj, chanteur de variété, Nigéria

Figurant parmi les artistes africains qui ont connu le plus grand succès au cours de la dernière décennie, le chanteur nigérian D'Banj a remporté de nombreuses récompenses, notamment celui de meilleur artiste africain aux MTV Europe Music Awards de 2007, et d'artiste de l'année 2009, simultanément aux MTV Africa Music Awards et aux BET Awards. Avec plus de 1,4 million d'abonnés rien que sur Twitter, son aura sur les réseaux sociaux est immense. Le fait que D'Banj utilise son statut de star pour sensibiliser le public aux questions de développement fait de lui un puissant allié dans la lutte contre la pauvreté.

En 2014, D’Banj  a révolutionné la lutte contre l’extrême pauvreté sur le continent africain. Il a mené une campagne panafricaine qui a rassemblée près de 3 millions de citoyens africains en appelant leurs gouvernements à investir plus dans l’agriculture et à soutenir les petits agriculteurs – et cela a fonctionné. En 2015, pour le 10e anniversaire de sa carrière musicale, il continue sa croisade contre l’extrême pauvreté et consacre son attention sur l'année de l’Union africaine dédié à l’autonomisation des femmes. « Je pense que, pour mettre fin à la pauvreté partout dans le monde, nous devons nous attaquer aux causes profondes et commencer par résoudre des problèmes de base tels que l’égalité des sexes et l’agriculture», explique-t-il. « Pour mettre fin à la pauvreté, il faut qu'il y ait une réelle égalité hommes-femmes. Ce qui est bon pour lui est bon pour elle ! »
 

Rahim Alhaj, icône de la scène musicale iraquienne

Il a appris très jeune à jouer de l’oud à Bagdad, sa ville natale. Plus tard, il a composé des chansons contre le dictateur qui a dirigé l’Iraq d’une main de fer pendant trois décennies. Il a été emprisonné, torturé, puis finalement contraint de quitter son pays bien-aimé en 1991, avant de trouver refuge aux États-Unis. 

Rahim Alhaj s’est récemment rendu au siège de la Banque mondiale, à Washington. Le célèbre musicien iraquien, dont l’œuvre est peuplée de messages qui touchent aux enjeux humanitaires et planétaires, s’est exprimé sur le rôle de la musique et sa capacité à conscientiser les populations et à résoudre des problèmes mondiaux. « 
Une musique qui parle des tragédies des peuples, quel que soit le pays, peut avoir un grand impact », affirme le compositeur. « La musique est pour moi un instrument visuel et sonore pour faire changer les choses. »

Rahim Alhaj a notamment abordé la question de la crise actuelle des réfugiés, avec ces millions de personnes qui fuient les dévastations de la guerre en Syrie et en Iraq, mais aussi au Yémen, en Afghanistan et ailleurs, pour gagner des pays voisins ou l’Europe.
 

MzVee, chanteuse de afropop/R&B, Ghana

La chanteuse start ghanéenne envisage la chanson comme un moyen de porter haut son espoir suprême : mettre fin à la pauvreté. « Les gens n'arrivent pas à scolariser leurs enfants, ils ne peuvent pas poursuivre leurs rêves à cause de la pauvreté », dit-elle. « Si on arrive à éliminer la pauvreté, cela permettra d'aider les gens à accomplir ce qu'ils veulent dans la vie. Rien ne les en empêchera. »
 
Aux yeux de MzVee, de son vrai nom Vera Hamenoo-Kpeda, l’éducation est la clé pour mettre fin à la pauvreté.
« L’éducation est ce qui relie tout », explique-t-elle. « Il y a cet adage qui dit : ‘donnez à un homme un poisson et il aura à manger pour un jour ; apprenez-lui à pêcher et il aura à manger toute sa vie’. »
 
De la parole aux actes, MzVee a mis en place un fonds de bourses d’études pour favoriser l’accès des filles à l’éducation. « Une fois que vous avez fait des études, tout se passe mieux », assure-t-elle. « Grâce aux études, vous pouvez prendre l'ascenseur social, vos chances de réussite sont plus élevées et vous avez plus de moyens. Vous vous bonifiez ! »
 
La chanson « End Poverty » est un appel à l’action et à l’union de tous pour rejoindre la lutte contre la pauvreté ». Elle dit, en ghanéen, « Mikataa mi wor deka », ce qui signifie « nous devons tous nous rassembler ». Comme le rappelle MzVee, mettre fin à la pauvreté est une « mission qui nous incombe à tous ».
 

 

Fantastic Negrito, chanteur de Blues, États-Unis


Pour Fantastic Negrito (Xavier Dphrepaulezz dans le civil), la musique noire est un moyen de célébrer et de préserver la culture afro-américaine : « C’est la musique des esclaves noirs de l’Amérique sudiste. Je suis issu de cette tradition, et je ne considère pas qu’être descendant d’esclaves soit honteux. Cela fait partie de notre histoire. » Sa musique est aussi un hommage aux légendes du blues du Delta du Mississippi, comme R.L. Burnside ou Skip James. Surtout, sa musique rend compte de l’expérience des Noirs en Amérique : « Il n’y a pas un Noir aux États-Unis qui n’ait pas été confronté au racisme », explique-t-il. « Mais la ‘négritude’ mérite d’être célébrée, et c’est ce que je fais avec ma musique. »
 

 

Fally Ipupa, chanteur, République démocratique du Congo 

Son succès, il veut en faire profiter son continent, l’Afrique. Fally Ipupa utilise sa popularité pour sensibiliser son public aux défis que l’Afrique doit relever. Ses fans à travers le monde le savent bien, Fally Ipupa est un artiste engagé, à la fois contre la pauvreté et les inégalités. S’il s’engage en premier lieu dans son pays, la République démocratique du Congo, il a récemment commencé à développer des projets en Côte d’Ivoire et ne compte pas s’arrêter là. C’est pour l’aider à réaliser ces projets qu’il a créé une fondation, la FIF, dont l’objectif est de redonner le sourire aux Africains les plus vulnérables. Comment ? En leur facilitant l’accès à ce qui leur fait le plus défaut – l’eau, les écoles, les soins médicaux – et en les tenant à l’abri de ce qui les oppresse – les conflits, les aléas climatiques et les maladies.
 

Dengue Fever, groupe de rock cambodgien

De 1975 à 1979, le Cambodge a été en proie à la violence sanguinaire des Khmers rouges, qui a coûté la vie à deux millions de personnes. Les artistes et les intellectuels étaient particulièrement visés ; le simple fait de porter des lunettes suffisait à rendre un individu coupable aux yeux du régime. C’est par l’éducation des jeunes générations que le pays a pu renouer avec les arts et la musique. La volonté d’éveiller et sensibiliser les jeunes cambodgiens aux arts nationaux a aussi une dimension économique, puisqu’elle se traduit par des emplois pour les professeurs et, potentiellement, pour leurs élèves. Une cause que soutiennent les musiciens de Dengue Fever, par le biais de leurs nombreux fans et de leur action caritative aux côtés du Cambodian Living Arts, une association d’action locale œuvrant à la réhabilitation des arts traditionnels.

Pour les populations pauvres, il est absolument capital de pouvoir travailler. Cchom Nimol, chanteuse du groupe et elle-même d’origine cambodgienne, en est la preuve vivante. 

Elle a grandi dans un camp de réfugiés en Thaïlande. Durant des années, sa famille est restée sans nouvelle de sa sœur, restée au Cambodge. Puis, à la fin des années 80, ils l’ont entendue chanter à la radio. Toute la famille se retrouve alors de nouveau réunie au pays. Après avoir remporté un télé-crochet (les « Apsara Awards »), Cchom Nimol décide de tenter sa chance aux États-Unis en 2001. La chanteuse devenue star est un modèle dans son pays natal. « Je vis ici depuis quinze ans mais j’aime retourner chanter au Cambodge », confie-t-elle. « Je suis heureuse de pouvoir aider mon pays et lutter contre la pauvreté. »


Vous souhaitez en savoir plus ? Voici les interviews complètes avec quelques chansons en bonus :

Commentaires

Soumis par Idriss Diouf le

excellentes videos c est tres bien que les artistes du monde entier participent a repandre le message contre la pauvrete merci Banque Mondiale

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