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Un rapport bienvenu sur la mobilisation de la finance islamique pour les PPP

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Selon l’Islamic Financial Services Board, le marché de la finance islamique se chiffre aujourd’hui à 1 900 milliards de dollars. Son essor rapide s’est accompagné de l’élargissement de ses champs d’application, du commerce à l’industrie en passant par l’immobilier et les activités bancaires.
 
Si la finance islamique s’est également développée dans le domaine des infrastructures, son potentiel pour le financement de partenariats public-privé (PPP) est encore relativement inexploité. D’où l’intérêt, pour les pouvoirs publics et les professionnels du secteur en particulier, d’une nouvelle publication intitulée en anglais Mobilizing Islamic Finance for Infrastructure Public-Private Partnerships (a).  
 
Fruit de la collaboration du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque islamique de développement (a), qui ont bénéficié du concours financier du PPIAF (a), ce rapport constitue la première tentative systématisée de recensement et de diffusion des savoirs sur l’usage de la finance islamique pour des projets de PPP dans l’infrastructure. Ces travaux, qui viennent combler une lacune répandue parmi les professionnels du développement des infrastructures, pourront aider les pays en développement à étudier les possibilités d’utilisation de la finance islamique (a) et à exploiter ce qui pourrait constituer une ressource supplémentaire précieuse au regard de besoins d’infrastructure croissants.

De fait, cette initiative ne saurait mieux tomber : l’économie mondiale devra investir quelque 90 000 milliards de dollars dans les infrastructures d’ici à 2030, ce qui signifie qu’il faudra doubler des dépenses qui s’élèvent actuellement entre 2 et 3 000 milliards de dollars par an.

La mobilisation de la finance islamique s’inscrit dans la démarche de maximisation des financements pour le développement adoptée par le Groupe de la Banque mondiale. Cette nouvelle approche poursuivie par l’ensemble des banques multilatérales de développement découle d’un constat sans appel : les modes de financement classiques ou conventionnels ne permettent pas à eux seuls de répondre aux besoins d’infrastructures essentielles dans les pays en développement ni d’atteindre les Objectifs de développement durable. La finance islamique a toute sa place dans cet enjeu, et la nouvelle publication s’attache à créer les conditions de sa valorisation.

Élaboré à la suite d’une série d’ateliers (a) et de forums (a), le rapport décrit les instruments de la finance islamique les plus souvent utilisés pour financer des projets de PPP, en mettant en lumière la manière dont ils s’insèrent dans les montages destinés au développement de divers types d’infrastructure.

Plusieurs études de cas, qui apportent un éclairage utile sur le recours à ces différents instruments et sur leur application dans la pratique, mettent en évidence les questions communes que pose l’association de sources de financement islamiques et classiques au sein d’un même montage financier.

Par exemple, le complexe hospitalier de Konya (a), qui entre dans le cadre d’un programme de modernisation du système de soins en Turquie, est parvenu à optimiser son mode de financement en réunissant des prêteurs classiques et des bailleurs de fonds islamiques. Idem en ce qui concerne l’extension de l’aéroport Reine-Alia, en Jordanie (a), premier PPP réussi dans le secteur aéroportuaire au Moyen-Orient qui a donné naissance au plus grand aéroport international du pays, élément central de son réseau d’infrastructures de transport, de commerce et de tourisme.

 
Complexe hospitalier de Konya Karatay, vue d’artiste, Rapport annuel 2014 de YDA Group.

Les études de cas présentées dans le rapport montrent que les instruments de la finance islamique sont suffisamment souples pour pouvoir s’adapter à des projets, secteurs et pays variés. Compte tenu de la souplesse inhérente à la finance islamique, et sous réserve que les professionnels concernés soient capables de résoudre les difficultés propres à un projet ou à un pays, il est possible d’exploiter cette ressource dans la quasi-totalité des systèmes nationaux de marchés publics.

Cette publication conjointe du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque islamique de développement marque un jalon important dans la connaissance du potentiel de la finance islamique pour les partenariats public-privé dans l’infrastructure. Alors que l’on assiste à des innovations importantes dans le montage des projets, ce socle de connaissances peut faire l’objet d’une large diffusion auprès des décideurs publics et privés intéressés par les PPP, le financement de projet et le potentiel de la finance islamique.

Le rapport est disponible ici (a).

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