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Notre rétrospective de l’année 2016 en 12 graphiques (et une vidéo)

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Bouleversements politiques, économiques et sociaux, conflits et violences dans le monde et flots de réfugiés et de déplacés : les raisons ne manquent pas de se sentir morose au terme de cette année 2016. Les données sont là qui illustrent certains des grands défis auxquels nous sommes confrontés mais qui témoignent aussi des progrès que nous avons accomplis en direction d’un avenir plus pacifique, prospère et durable. Retour sur l’année 2016 en 12 graphiques.
 

1. Hausse du nombre de réfugiés dans le monde. 

Au début de 2016, le nombre de personnes déplacées est passé de 60 millions à 65 millions en un an,. Plus de 21 millions sont des réfugiés. À l’exception de l’Afrique subsaharienne, les réfugiés vivent pour la plupart dans des villes où ils espèrent pouvoir vivre en sécurité, avoir un meilleur accès aux services essentiels et trouver des débouchés professionnels. Une publication intitulée Forcibly Displaced fournit un éclairage inédit sur le rôle du développement dans la réponse à la crise mondiale des réfugiés et sur les possibilités de collaboration avec des partenaires humanitaires. Parmi les initiatives qui vont dans ce sens figure notamment la décision d’apporter une nouvelle forme d’assistance financière à des pays qui, comme le Liban et la Jordanie, accueillent un grand nombre de réfugiés.

2. Entrée en vigueur de l’accord mondial sur le changement climatique

L’accord négocié à Paris en 2015 a été ratifié par 117 des 194 pays signataires, conduisant ainsi à une intensification des engagements en faveur de la lutte contre le changement climatique. L’un des principaux objectifs de l’accord porte sur la transition énergétique. Dans les pays en développement, la baisse du coût des énergies renouvelables s’accompagne d’une forte hausse de la demande. Au mois de mai, un appel d’offres pour le développement de grandes centrales photovoltaïques en Zambie a été remporté par un projet proposant un prix de 6 cents par kilowattheure produit (ou 4,7 cents/kWh sur vingt ans), soit le plus bas tarif d’énergie solaire jamais vu en Afrique — des appels d’offres précédents aux Émirats arabes unis et au Mexique s’étaient soldés, respectivement, par un tarif de seulement 3 et 4,5 cents. Selon le réseau REN21, les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives du point de vue des coûts et désormais considérées comme des sources d’énergie ordinaires.

3. Le ralentissement des échanges internationaux

La croissance du commerce mondial a enregistré en 2016 ses plus mauvaises performances depuis la crise financière mondiale. Le volume des échanges commerciaux n’a pas progressé sur une grande partie de l’année, sous l’effet notamment de l’atonie des investissements dans le monde, les biens d’équipement représentant environ un tiers des échanges internationaux de biens. Or, le commerce extérieur a été jusqu’ici un important moteur de la croissance économique mondiale, qui a contribué à réduire de moitié la pauvreté depuis 1990. Le ralentissement des échanges commerciaux internationaux risquent donc d’avoir des répercussions sur la croissance, le développement et la lutte contre la pauvreté.

4. La téléphonie mobile est plus généralisée que l’accès à l’électricité ou à l’eau

Si les pays à revenu faible ou intermédiaire connaissent une forte progression de l’accès à la téléphonie mobile (a), les autres bienfaits escomptés de la révolution numérique ne sont pas au rendez-vous : gains de productivité, meilleures perspectives économiques pour les pauvres et la classe moyenne, ou encore plus grande transparence et responsabilisation de la part des gouvernements et des entreprises. C’est ce que révèle l’édition 2016 du Rapport sur le développement dans le monde de la Banque mondiale consacrée aux « Dividendes du numérique ». Selon les auteurs du rapport, il faut consentir des efforts supplémentaires pour connecter un plus grand nombre d’habitants à l’internet et installer un environnement qui permette à tous de tirer profit des technologies numériques.
 

5. Un tiers de la population mondiale a moins de 20 ans

Dans une quarantaine de pays d’Afrique, plus de la moitié de la population a moins de 20 ans. En revanche, dans les 30 pays les plus riches du monde, les moins de 20 ans représentent moins de 20 % de la population. Selon le Rapport de suivi mondial 2015/2016 (a), le monde est au seuil d’une transition démographique majeure qui affectera diversement les pays selon leur stade de développement.

6. Il faudra créer 600 millions d’emplois au cours des dix prochaines années

Un tiers des 1,8 milliard de jeunes dans le monde n’a actuellement pas d’emploi et ne suit ni études ni formation. Sur le milliard de jeunes supplémentaires qui vont arriver sur le marché du travail au cours des dix prochaines années, seuls 40 % devraient pouvoir trouver un emploi qui existe aujourd’hui. Le monde du travail est en pleine mutation, et l’économie mondiale devra créer 600 millions d’emplois au cours des dix prochaines années rien que pour garder le rythme prévu des taux d’emploi des jeunes.

7. Une personne sur trois dans le monde n’a pas accès à des toilettes

Selon l’ONU, 2,4 milliards de personnes vivent sans installations sanitaires améliorées et un milliard d’entre elles sont obligées de déféquer en plein air. Cet enjeu est au cœur du développement : de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement sont à l’origine de maladies telles que la dysenterie, dont les effets peuvent engendrer des retards de croissance et des problèmes de malnutrition chez l’enfant. Le Groupe de haut niveau sur l’eau (a), constitué à l’initiative de l’ONU et de la Banque mondiale, rassemble plusieurs dirigeants internationaux autour de l’objectif mondial fondamental de garantir la disponibilité et la gestion durable de l'eau et de l'assainissement pour tous.

8. L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud concentrent la majeure partie des personnes vivant dans l’extrême pauvreté…

Alors que plus de 10 % de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté en 2013 (a), cette proportion était de 40 % en Afrique subsaharienne, ce qui représente 389 millions d’individus, soit plus que toutes les autres régions réunies. C’est ce que révèle un nouveau rapport de la Banque mondiale consacré à l’évolution de la pauvreté et du partage de la prospérité.

... mais l’extrême pauvreté est en recul à l’échelle mondiale

Même si les chiffres de l’extrême pauvreté continuent d’atteindre des niveaux inacceptables, les données présentées dans le rapport font état de progrès considérables depuis 1990.

9. Les deux tiers de la population mondiale vivra en ville en 2030

Chacune des 12 agglomérations urbaines les plus grandes du monde abrite plus de 15 millions d’habitants. Au cours des 25 dernières années, la population de Delhi, Shanghai et Beijing a triplé (a). Plus de la moitié de la population mondiale vit actuellement en milieu urbain, et les villes contribuent à hauteur de plus de 80 % au PIB mondial. Les mêmes facteurs de densité démographique, d’emplois et d’actifs qui déterminent si largement le succès des villes contribuent également à les rendre vulnérables aux chocs naturels et anthropiques qui les affectent de plus en plus aujourd’hui. Une publication intitulée Investing in Urban Resilience se penche sur cet enjeu : que doivent faire les villes pour renforcer leur résilience face à ces chocs, préserver des avancées durement acquises et bâtir un avenir plus sûr et prospère ?

10. Un nombre record d’économies ont mis en œuvre des réformes réglementaires

Selon l’édition 2017 du rapport Doing Business 2017, 137 économies à travers le monde ont adopté globalement 283 réformes réglementaires dans le champ de l’entreprise (a) au cours de l’année écoulée. Ce chiffre marque une progression de plus de 20 % par rapport à l’année précédente. Ces réformes portent sur la création d’entreprise, le paiement des taxes et impôts, l’accès au crédit et le transfert de propriété. Parmi les faits marquants : la Nouvelle-Zélande arrive en tête du classement Doing Business (sur 190 pays), tandis que 54 pays parmi les États les plus pauvres du monde ont mis en œuvre 113 réformes.


11. Le tabagisme a progressé dans plus de 20 pays

Dans certains pays, à revenu faible ou intermédiaire pour la majorité, le tabagisme a progressé entre 2000 et 2015. En Indonésie, par exemple, la proportion de fumeurs a bondi de presque 30 %, pour atteindre aujourd’hui plus de 70 millions de personnes. Chaque année, le tabagisme fait 6 millions de victimes, soit une personne toutes les six secondes. Si l’on ne fait rien pour y remédier, ce chiffre pourrait grimper à 8 millions en 2030.

12. Une aide financière d’une ampleur inédite pour les pays les plus pauvres du monde

Une coalition comptant plus de 60 gouvernements, représentant à la fois les pays développés et en développement, a engagé un montant record de 75 milliards de dollars pour la reconstitution des fonds de l'Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale dédié aux pays les plus pauvres. Au cours des 25 dernières années, les pays qui ont reçu l’aide de l’IDA ont enregistré des progrès sur de nombreux fronts, de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement à la diffusion de la téléphonie mobile, en passant par les taux d’achèvement de l’école primaire et la couverture de la vaccination chez les enfants.

Voir aussi :Ce que vous avez le plus commenté, partagé ou « liké » sur nos réseaux sociaux en 2016

Vidéo

10 moments clés de la Banque mondiale en 2016

Commentaires

Soumis par mohamed le

Ouii c 'est d'avoir l 'equilibre entre ces trois aspect soit economique . Social et enviromental

Soumis par Nadir BOUMAZA le

Merci pour ces mises au point aussi encourageantes qu'éclairantes. Permettez moi de vous suggérer d'associer aux résultats, une indication du facteur principal du succès et l'obstacle principal au traitement du problème considéré.

Soumis par Christiane Sigel le

En effet, pour avancer concrètement, l'analyse lucide des obstacles est nécessaire. Merci de nous éclairer !

Soumis par Mohamed sylla le

La guinée
Les guinéen ont d'aide morale, physique, et financière afin d'en avoir des personnes ressources en guinée Conakry car la guinée à tout sauf les ressources humaines merci d'avance.

Soumis par Ibrahima DIAKITE le

La Guinée en a de la ressource humaine seulement, elle n'est pas mise en contribution, je suis ingénieur et travail au Maroc dans les plus grands chantiers du royaume et je ne suis pas seule, j'ai d'autre promotionnaire qui travaille aussi dans divers domaine : architecture, Économie, Geo-information, la BTP, Mine & Carriere. Donc pour moi, il suffit juste de la bonne volonté de la part du gouvernement pour rappeler les enfants du pays a participé dans le développement économique et social du pays.
Donc on est là, il suffit de nous tendre la main...

Soumis par Kabo Gari le

merci de penser a l avenir aux indicateurs de bonne gouvernance. la mauvaise gestion gouvernementale est a mon avis de tous ces problemes car ces pays sont tous potentiellement riches.

Soumis par Raymond YUMBA le

Félicitations pour ces mises au point. De ma part, un commentaire à deux volets: souhait et suggestion. Souhait:telles les données relatives à l'emploi, à la progression de la pauvreté et à la mise en oeuvre des réformes par exemple, avoir pour les autres données les références des zones géographiques, de manière à entrevoir l'envergure des efforts à consentir dans les dix prochaines années. Suggestion: Concentrer les efforts à venir dans les actions visant l'accompagnement à la poursuite des réformes dans les pays où la réalisation a été faible, à la mise sur pied des mécanismes de suivi des réformes déjà abouties, à la mise en place des politiques économiques efficientes qui favoriseraient la croissance, à l'amélioration de l'accès à l'école primaire dans les centres ruraux et à la prévention de la délinquance des jeunes dans les villes grâce à la construction ou réhabilitation des écoles des métiers, au renforcement des capacités des enseignants dans ce domaine ainsi que grâce au développement des programmes de réinsertion des jeunes désœuvrés.

Soumis par Gueye sassy le

Mon ami je pense que le changement de mentalité doit découler de la volonté d'offrir le peuple africain:une bonne éducation de qualité.Elle est la base de toutes les sociétés fortes.Bon nombre des peuples africains ignorent les lois et règlements qui y régissent faute d'instruction.Nous n'hésitons pas à jeter nos ordures en plein rue,à jeter nos tasses de café en lieux public;tout ceci montre notre mauvaise éducation.

Soumis par KALISSA le

Les enjeux sont importants et les défis sont énormes pour une réduction à grande échelle de l’extrême pauvreté. Les réformes structurelles s'avèrent nécessaires à travers l'adéquation des politiques économiques aux besoins de la jeunesse, qui à son tour à travers des assistances techniques pour un transfert de connaissances par des personnes ressources ciblées, contribueront à l'aboutissement des formations professionnalisantes, afin de pouvoir compétir sur le marché de l'emploi et accroître le savoir faire.

Soumis par GUEYE le

Bravo a la banque mondiale pour votre dévouement et tous vos engagements de réduire à néant l’extrême pauvreté. Mais je m'attendais aussi à un bref analyse de l'inégalité dans le monde. La redistribution du revenu afin de donner plus de chance aux ménages de remplir leurs paniers de provisions et de vaincre l’iniquité des salaires. Ou en sommes nous sur la question de la corruption qui sévit bien dans les pays d'Afrique? Quelle suivi pour les étudiants africains qui arrivent à boucler le premier et le second cycle universitaire? Souvent ils abandonnent le cursus sans même soutenir le master 2.

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