Syndicate content

À proximité de l’épicentre du séisme au Japon, un nouvel élan pour « rendre le monde plus sûr »

Donna Barne's picture

Disponible en English, عربي

Sur une plaine côtière à proximité de Sendai, au Japon, s’élève un symbole de survie.

L’école de quatre étages était le bâtiment le plus haut du quartier. Avant la catastrophe, les enfants de cette localité de 980 habitations jouaient et allaient à l’école. Aujourd’hui, il ne reste plus que les ruines des fondations en béton. Le 11 mars 2011, plus de 300 personnes se sont réfugiées sur le toit de l’école primaire d’Arahama et ont survécu au gigantesque tsunami qui a frappé les côtes japonaises. Pour Takao Kawamura, le principal de l’école, ce jour-là, des vies ont pu être sauvées grâce aux exercices d’évacuation effectuées auparavant et au niveau de préparation de l’école et de la population.

L’histoire de cette école a trouvé un écho lors du Dialogue de Sendai (a), le 10 octobre, à l’occasion duquel des dirigeants, des experts des situations d’urgence et des spécialistes du développement ont débattu des moyens de mieux se préparer aux catastrophes dans un monde où les risques ne cessent d’augmenter et où le nombre de catastrophes a doublé en 30 ans.

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, le ministre des Finances du Japon, Koriki Jojima, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, et d’autres dirigeants mondiaux se sont arrêtés à l’école d’Arahama en se rendant à la dernière session de haut niveau du Dialogue de Sendai, consacrée à « la gestion du risque de catastrophe dans un monde en mutation ».

À l’issue de cette visite, Jim Yong Kim a déclaré : « C’était tout simplement terrible de voir un quartier ainsi réduit à néant. C’était très émouvant… Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu ».

« Tant de pays ne sont absolument pas préparés à l’éventualité d’un tsunami, ont si peu de moyens et ne disposent d’aucun fonds d’urgence pour financer les opérations de secours et les travaux de reconstruction. Nous devons en faire davantage pour eux », a déclaré le président de la Banque mondiale (voir la vidéo).

Koriki Jojima a quant à lui expliqué que les habitants de la région « émergent à peine de l’urgence. C’est pourquoi nous avons choisi Sendai pour ce dialogue. Dans le monde entier, les préjudices économiques provoqués par des catastrophes sont en progression. Il est très difficile de prévoir une catastrophe naturelle. Il est également difficile de prendre des mesures préventives et de les budgétiser, surtout dans les pays en développement. C’est pourquoi la gestion du risque de catastrophe n’est pas nécessairement la priorité de ces pays. »

Dans une déclaration conjointe, le Japon et la Banque mondiale exhortent au renforcement de l’assistance technique et financière aux pays vulnérables, qui doit s’appuyer sur le savoir-faire et l’expertise du Japon ainsi que sur le partage des enseignements tirés de la catastrophe japonaise. Jim Yong Kim et Koriki Jojima ont affirmé qu’ils porteraient ces messages en fin de semaine au Comité du développement à l’occasion des Assemblées annuelles 2012 du FMI et de la Banque mondiale.

« Œuvrons ensemble pour rendre le monde plus sûr et bâtir un avenir meilleur », a déclaré M. Kim.

Animée par le journaliste britannique Nik Gowing, la session de clôture de haut niveau du Dialogue de Sendai a bénéficié de la participation de Christine Lagarde, de Kristalina Georgieva, commissaire européenne pour la coopération internationale, d’Ilyas Moussa Dawaleh, ministre de l’Économie et des Finances de Djibouti, et de Haruhiko Kuroda, président de la Banque asiatique de développement. Ensemble, ils ont débattu des risques et des coûts croissants que présentent les catastrophes, ainsi que des moyens de renforcer la résilience des populations.

Au cours des trente dernières années, les interventions d’urgence et les travaux de reconstruction après une catastrophe ont absorbé environ un tiers de l’aide internationale.

« Lorsque la catastrophe est spectaculaire, il est plus facile de mobiliser les gens, mais il est difficile de les mobiliser pour empêcher la catastrophe de se produire », a expliqué Kristalina Georgieva.

Les pays à revenu intermédiaire, avec leurs villes en pleine croissance, subissent un préjudice économique proportionnellement plus important que les pays à revenu élevé. Selon le Rapport de Sendai, consacré à la gestion des risques de catastrophe pour un avenir résilient et élaboré pour le Comité du développement, les catastrophes coûtent à ces pays (pdf) (a) en moyenne 1 % de leur PIB, c’est-à-dire dix fois plus que pour les pays à revenu élevé en général.

Ce rapport montre par ailleurs que, lorsque les risques naturels se transforment en catastrophes, ce sont les pays en développement à faible revenu et les pauvres en général qui sont les plus durement frappés. Depuis 1980, les pays à faible revenu n’ont subi que 9 % des catastrophes, mais ils enregistrent 48 % des tués. Nombre de pays ne disposent pas des outils, de l’expertise ou des institutions nécessaires pour évaluer le risque de catastrophe et pour intégrer ces informations dans la planification du développement.

Liens connexes :

Envie de réagir ? Envoyez-nous vos questions et commentaires