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Un mouvement mondial contre la corruption : c’est maintenant !

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Au vu des gros titres de la presse ces dernières semaines, il ne fait aucun doute que les efforts de lutte contre la corruption sont en train de porter leurs fruits. Il y a une décennie, seuls les pays qui, grâce aux avancées de la démocratie, pouvaient obliger les agents de l’État à rendre des comptes, réussissaient dans ce domaine. Aujourd’hui, cependant, il n’est pas facile de mettre un terme à la corruption, que vous soyez une multinationale de premier plan, un haut fonctionnaire ou une institution dont les activités sont suivies par des millions de personnes à travers le monde.

Au sein de notre réseau, l’International Corruption Hunters Alliance de la Banque mondiale (a), nous observons avec optimisme tout ce qui est entrepris pour soutenir notre mission : veiller à ce que chaque dollar consacré au développement soit dépensé de manière intègre. Nous nous employons au quotidien à empêcher les pratiques répréhensibles. À cette fin, au niveau du Groupe de la Banque mondiale, nous cherchons constamment à améliorer nos techniques d’enquête (a) et nos conseils pour l’élaboration de mesures préventives (a), nous assurons le suivi des règles de conformité applicables aux entités sous sanctions (a) et nous travaillons en partenariat avec des banques de développement multilatérales (a), les autorités nationales chargées de faire respecter la loi et des organisations de la société civile (a) pour renforcer ce récent mouvement mondial anticorruption. Il est essentiel que cette dynamique continue d’encourager le changement à l’échelle planétaire.

Nous sommes indéniablement confrontés à quelques problèmes, dont certains sont plus complexes que d’autres, mais qui peuvent tous être surmontés. Ainsi, sur l’exercice budgétaire 2015 (a), la Banque mondiale a empêché que quelque 138 millions de dollars, concernant 20 contrats, ne soient versés à des entreprises (a) qui avaient tenté de contourner la loi. Cela n’aurait pas été possible sans de longues années d’enquêtes qui ont permis de rassembler des preuves, de mettre au jour les schémas comportementaux inappropriés et d’en tirer des enseignements.

Aujourd’hui, nous sommes à même d’accompagner les équipes-projet pour concevoir des interventions plus pertinentes, qui tiennent compte du risque. Que ce soit au stade de la conception, de la supervision ou de l’évaluation d’un projet, notre groupe d’action polyvalent, composé d’enquêteurs et d’experts judiciaires/de spécialistes de la prévention, sait parfaitement interpréter les signaux d’alerte et les comportements inhabituels ou peu naturels de la part d’entreprises. Il apporte également une réponse efficace aux allégations d’activités répréhensibles qui ont un impact sur les projets financés par la Banque mondiale. 

Sur l’exercice budgétaire 2015, nos enquêtes ont conduit à sanctionner 71 entités (a). Nous avons fait face aux risques de fraude et de corruption liés à 61 projets et à 93 contrats représentant au total environ 523 millions de dollars. Cette approche intégrée est le fruit de relations plus étroites avec des chefs de projet qui sont en première ligne, avec des citoyens courageux qui n’acceptent plus que la corruption soit la norme, avec des entreprises privées qui sont exclues des appels d’offres portant sur des projets de développement et avec ceux qui ont pâti des effets du manque de jugement, ainsi qu’avec des entités nationales qui cherchent à améliorer leurs efforts visant à combattre la corruption.

J’aimerais insister ici sur quelques problèmes persistants, qui requièrent une coordination plus solide à l’échelle mondiale. La lutte contre les flux financiers illicites et la fraude fiscale, l’intégrité de la gestion des entreprises d’État, l’intermédiation financière, le rôle des agents dans le développement et la corruption dans les États fragiles constituent les grandes priorités. La réalisation de ces objectifs peut être facilitée par un renforcement des activités de plaidoyer et de l’action collective, ainsi que par des investissements plus substantiels dans les outils judiciaires et les outils d’exploration de données (a), afin de soutenir les efforts transfrontières et de lever les obstacles juridictionnels. 

Grâce à une coopération accrue au niveau de la Vice-présidence de l’intégrité de la Banque mondiale (a), dans le cadre d’accords négociés, nous disposons d’informations en temps réel qui sont cruciales pour remédier à une partie de ces problèmes. Ce n’est, bien sûr, pas suffisant. Notre stratégie opérationnelle nous met en contact avec un large éventail de bonnes pratiques (a), mais aussi avec des risques et des comportements répréhensibles dans différentes régions. Et, étant donné que nous sommes une institution de développement, il est indéniable que la corruption est un frein majeur à la réalisation de notre objectif qui consiste à mettre un terme à la pauvreté. C’est ce qu’a montré notre président, Jim Yong Kim, lorsqu’il a déclaré : « Quand de l’argent disparaît à cause de flux financiers illicites, il traverse souvent les frontières pour financer des activités criminelles, telles que le trafic de drogue et d’êtres humains. La réalisation de nos objectifs dépend des efforts de lutte contre la corruption, et c’est pourquoi nous devons être constamment vigilants. »

Que faut-il faire maintenant ? Nous allons continuer de souligner l’importance de notre mission de prévention, de dissuasion et d’enquête sur les cas de fraude et de corruption qui ont une incidence sur les projets financés par la Banque mondiale. Sur le nouvel exercice budgétaire, nous comptons travailler plus étroitement encore avec les chefs de file, à l’échelle planétaire, de la lutte contre la fraude et la corruption qui entravent directement tous les efforts de développement, et pas seulement nos projets. J’entends contribuer à un mouvement mondial de plus en plus vaste et de plus en plus puissant contre la corruption. Ce mouvement rassemble des organisations de la société civile, de jeunes dirigeants, un secteur privé plus responsable et des leaders d’opinion engagés. 

Lorsqu’en 2008, j’ai été appelé à diriger la Vice-présidence de l’intégrité du Groupe de la Banque mondiale, j’ai expliqué à mon fils que notre travail avait pour but de créer un monde meilleur. Sept ans plus tard, je pense que nous n’avons jamais été aussi près du but. 

Je demeure optimiste.
 

 

Commentaires

Soumis par mohamed mahmoud ould sidiba le

Vous méritez d'etre encouragé vivement pour votre optimisme; puisqu'il s'agit d'une plaie purulente universelle et prenant par endroits des proportions fort inquiétantes; au point de devenir parfois la norme.Comme aurait dit De Gaulle:"vaste programme!".Il est rassurant de constater les efforts entrepris et les résultats obtenus:71 entités sanctionnées et les bonnes pratiques développées et a diffuser largement,on espere.
Mais le probleme principal est que la majorité des gens s'imaginent que la corruption se réduit a la petite corruption d'un agent public sollicitant un petit montant.Alors que la grande corruption,sévit a travers les grosses commissions sur les grands projets et les grands marchés;qui entravent sérieusement le développement et maintiennent dans la pauvreté des populations censées etre la cible et les bénéficiaires de leurs bénéfices et impacts.La corruption dans les surfacturations et les fausses factures;l'appropriation du domaine public et des deniers publics; les marchés de gré a gré sans raison valable,mais par favoritisme; le népotisme qui octroie avantages et privileges a de non méritants au détriment de plus méritants;etc.Comme on le voit, c'est un vaste chantier et un vaste programme et l'hydre de la corruption a plusieurs tetes. Neanmoins, il est louable que la Banque Mondiale ait ouvert ce chantier et enregistré des résultats et je pense que des revues plus vigilantes pour ses programmes et des controles plus pontilleux de visu sur les effets sur le terrain et l'impact sur les populations concernées ne serait pas de trop.

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