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Une Afrique riche en eau : quelques réflexions à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2013

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Une Afrique riche en eau Alors que nous célébrons ce 22 mars la Journée mondiale de l’eau, il est une découverte qu’il convient de se remémorer : le robot Curiosity de la NASA nous a récemment apporté la preuve qu’il y aurait eu de l’eau sur Mars, comme il y en a aujourd’hui sur la Terre.

L’exploration du robot Curiosity a permis aux scientifiques de remonter le temps. Il y a trois milliards d'années environ, Mars a connu un bouleversement de ses conditions environnementales. La planète « rouge » se serait refroidie, les eaux auraient gelé ou se seraient évaporées dans l'espace, laissant derrière elles un paysage de désolation, froid et sec.

Un scénario inverse se produit aujourd’hui chez nous : en raison de l’évolution du climat, la Terre se réchauffe, et c’est une planète plus sèche et plus chaude qui nous attend… à moins de changer radicalement la gestion de la plus précieuse de nos ressources : l’eau, précisément.

L’eau et les villes

Avec un taux d’accroissement de 3,9 % par an, l’Afrique est le continent qui connaît actuellement l’urbanisation la plus forte. La ville de Lagos dépassera bientôt celle du Caire en nombre d’habitants. Près de 320 millions d’Africains vivent aujourd’hui dans des zones urbaines. Dans la plupart de ces villes, la couverture des réseaux de distribution d’eau est inférieure à 50 %, ce qui oblige les habitants à recourir à des sources d’approvisionnement en eau peu fiables.

La Banque mondiale a publié une étude innovante sur le sujet, intitulée Le futur de l’eau dans les villes africaines. Cette étude préconise la généralisation d’une approche de « gestion intégrée de l'eau en milieu urbain ». Il s’agit d’un concept pragmatique qui peut nous aider concrètement et très efficacement à fournir une eau propre et de qualité aux communautés urbaines du continent africain.

L’eau et l’énergie

L’utilisation de ses ressources en eau pour la production d’hydroélectricité pourrait constituer une solution durable aux carences dont souffre l’Afrique, sachant que seul un habitant sur trois a actuellement accès à l’énergie.

Les ressources hydroélectriques du continent se concentrent sur une même zone géographique. Les fameux « châteaux d’eau de l’Afrique » — Cameroun, République démocratique du Congo, Éthiopie, Guinée et Zambie — pourraient produire de l’électricité en masse, pour un coût trois fois inférieur à celui de l’électricité d’origine thermique. L’énergie ainsi produite serait « propre » et elle pourrait être distribuée, à un coût accessible, à l’ensemble de la population : particuliers, écoles, dispensaires et hôpitaux, commerces et entreprises.

Voilà pourquoi la Banque mondiale encourage vivement la réalisation de projets énergétiques qui apportent de véritables transformations, comme celui de Lom Pangar au Cameroun et de Kandadji au Niger. Propulser la production hydroélectrique et investir dans les réseaux d’électricité africains, c’est permettre aux ménages et aux entreprises de disposer d'une énergie fiable, abordable et propre.

L’eau, l'alimentation et l’environnement

L’Afrique est riche en eau, cependant ses réserves abondantes n'ont guère été exploitées.

Selon un nouveau rapport, le marché de l’alimentation et des boissons en Afrique pourrait connaître une croissance exponentielle pour atteindre, en valeur, 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2030. Pour répondre à une demande croissante, les agriculteurs doivent pouvoir compter sur la disponibilité d’eau. La généralisation de l’irrigation, en particulier dans les zones arides, permettrait de se tourner vers des cultures à forte valeur ajoutée, d’accroître le commerce alimentaire dans l’espace africain et, enfin, d'améliorer les revenus et d’éliminer la faim dans les communautés, tout en étant plus compétitif sur les marchés mondiaux.

Sur les 200 millions d’hectares cultivés en Afrique, 9 millions seulement sont irrigués, soit une proportion de 4,5 %, contre 44 % en Asie ! Face au défi du changement climatique, il est possible de développer une agriculture qui assure un essor de la productivité, dans des conditions durables et respectueuses de l’environnement et des hommes.

L’eau et la coopération

L'Afrique compte 60 cours d’eau transfrontaliers et de nombreux pays partagent un même bassin hydrographique. De fait, ces bassins « internationaux » représentent plus de 60 % du continent et presque tous les grands fleuves de la région traversent plusieurs frontières : dix pour le Nil, neuf pour le Niger, quatre pour le Sénégal et huit pour le Zambèze.

Afin de relever les défis que pose cet héritage politique et géographique, la Banque mondiale a lancé en 2011 un nouveau programme de long terme consacré à la coopération dans le domaine des eaux internationales. En s’appuyant sur les enseignements tirés d’interventions antérieures en Amérique latine et en Asie du Sud, ce programme a pour ambition de trouver de nouvelles approches aux besoins des organisations impliquées dans les eaux internationales en Afrique et d’encourager les opportunités de collaboration et de développement.

L’eau : source d’avenir

Nous pouvons faire beaucoup pour mobiliser les énergies dans le secteur de l’eau et renforcer la collaboration internationale, celle-ci constituant précisément le thème de la Journée mondiale de l’eau cette année.

Le réchauffement climatique est l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur le secteur de l’eau. Dans sa préface au rapport Baissons la chaleur : Pourquoi il faut absolument éviter une élévation de 4 °C de la température de la planète, le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, avertit que « si des mesures ne sont pas prises pour lutter contre le changement climatique, non seulement l’accession à la prospérité de millions d’habitants des pays en développement sera compromise mais les efforts de développement durable déployés depuis des décennies seront remis en cause ».

De l’eau découle la vie. Sachons l'utiliser avec sagacité.

Commentaires

Soumis par Anonymous le
la préservation des ressources en eau passe avant tout par la réduction de notre consommation alimentaire et particuliérement en Europe et aux états unis, au moins pour le moment car la chine est en route.

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