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Eau : le point de rupture

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La Banque mondiale à la Semaine mondiale de l’eau 2015

Le thème ne pouvait être mieux choisi pour l’édition 2015 de la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm : « De l’eau pour le développement ». L’eau est en effet un secteur crucial et qui atteint un point critique dans les affaires internationales. Au cours des 20 prochaines années et au-delà, la course à la sécurité alimentaire et énergétique et à une urbanisation durable exercera des pressions nouvelles et croissantes sur les ressources hydriques. 

Notre civilisation est assoiffée – les besoins des secteurs agricoles et énergétiques entrant en concurrence avec ceux des villes. Dans le même temps, le changement climatique pourrait aggraver la situation en accentuant le stress hydrique et en multipliant les événements météorologiques extrêmes — signe que le couple « eau-climat » ne peut plus se contenter d’un rôle de figuration dans les négociations internationales sur le climat. Cette évolution intervient alors même que l’important dossier de l’accès aux services reste inachevé — malgré les avancées impressionnantes de ces dernières décennies — et appelle de toute urgence à redoubler d’efforts si nous voulons tenir la promesse de l’accès universel.

Le thème de la prochaine Semaine mondiale de l’eau est donc un choix judicieux. Le moment est venu de modifier notre vision des choses et de cesser d’envisager l’eau à travers ses composantes traditionnelles — approvisionnement, assainissement, irrigation ou ressources hydriques — pour en faire l’axe central du dialogue sur le développement. Ce changement indique que nous sommes désormais entrés dans l’ère de la sécurité de l’eau où la délivrance des services et la gestion des ressources hydriques ne peuvent plus être abordées séparément et où les intrications entre eau et développement se font plus étroites.

Selon le Forum économique mondial, la sécurité de l’eau s’est invitée dans les grands défis de notre époque et pourrait devenir le risque principal en termes d’impact sur le développement. Cela n’a rien de surprenant. Alors que nous devons focaliser nos efforts sur « l’eau pour le développement », nous ne parviendrons pas à tenir les objectifs de développement durable du 21e siècle sans garantir la sécurité de l’eau pour tous partout dans le monde.

À l’occasion de cette nouvelle édition de la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm, le Groupe de la Banque mondiale participe à plusieurs sessions et ateliers techniques visant à trouver des solutions aux grands défis du secteur de l’eau. Cette brochure (a) résume certaines des questions que nous espérons aborder à cette occasion dans le cadre plus large de la thématique « De l’eau pour le développement ». Cette année, nos priorités et celles de nos partenaires se déclinent en cinq axes principaux :
  • garantir pour tous, et en particulier pour les pauvres, l’accès à des services durables ;
  • édifier des villes résilientes capables de gérer un stress hydrique croissant, une urbanisation rapide et le changement climatique ;
  • gérer la coopération transfrontalière en matière d’informations, d’infrastructures et d’institutions ;
  • garantir l’égalité hommes-femmes dans l’accès à l’eau au service de la pérennité, de la santé et de l’éducation ;
  • attirer des financements commerciaux dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.
Tout au long des sessions officielles (a) et informelles (a), nous insisterons sur la nécessité de renforcer la visibilité de l’eau dans la perspective de la conférence de Paris sur le climat (COP21) fin 2015, et au-delà.

Je vous invite à consulter notre page Événements (a) et à suivre notre blog sur l’eau où, pendant la semaine, nos experts partageront leurs points de vue sur ces questions. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter @WorldBankWater (a) et @Banquemondiale, bien entendu, en utilisant le hashtag de la Semaine mondiale de l’eau #wwweek.

L’eau, dans toute sa complexité, demeure l’une des priorités de la Banque mondiale qui s’est fixé pour mission de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030 et de promouvoir une prospérité partagée. En tant que première source multilatérale de financement de l’eau dans les pays en développement et grâce au soutien de ses partenaires au développement, le Groupe de la Banque mondiale confirme son engagement constant pour assurer la sécurité de l’eau dans le monde. Mais nous avons bien conscience que, face à l’objectif de « l’eau pour le développement », il faut aller nettement plus loin. Nous espérons que la réunion de Stockholm sera l’occasion de sonner l’alerte pour faire en sorte que l’eau pleinement prise en compte dans le programme mondial de développement.

Nous sommes impatients de poursuivre cette discussion avec vous lors de la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm.


 

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