Youthink! The World Bank's blog for youth
Syndicate content

Au cœur des bidonvilles, des talents qui ne demandent qu'à éclore

Liviane Urquiza's picture
Also available in: English | العربية

Transformer les bidonvilles de l’intérieur
Des enfants du centre Mukuru Talent Development laissent s’exprimer leur créativité dans le bidonville de Lunga Lunga au Kenya.

De Bombay à Manille en passant par les favelas de Rio, plus d’un milliard de personnes vivraient actuellement dans les bidonvilles. D’après ONU Habitat, ce nombre devrait s’élever à plus de 2 milliards d’ici 2030.

Sans toit et sans murs solides, sans accès à de l’eau propre ni à des toilettes, les conditions de vie dans les bidonvilles sont insalubres et dangereuses. Sachant qu’environ 70 % des habitants des bidonvilles ont moins de 30 ans, l’avenir des bidonvilles est entre les mains des jeunes générations. De quoi ont-elles besoin pour inverser la tendance et améliorer le quotidien des habitants ?

Transformer les bidonvilles de l’intérieur

Lors d’un récent voyage à Bruxelles, j’ai fait la connaissance de Benedetta Mwongeli Kyengo, étudiante en Sciences sociales et fondatrice du centre Mukuru Talent Development (MTD). Basée à Nairobi au Kenya, cette organisation communautaire a pour but d’aider les jeunes des bidonvilles à développer leurs talents créatifs.

Benedetta a grandi dans le bidonville de Lunga Lunga. Elle avait 25 ans quand elle a lancé le projet Mukuru. Elle imaginait un lieu d’échange et de rencontre où  « les jeunes trouveraient la confiance nécessaire pour prendre leur vie en main ».

Je m’attendais à l’entendre m’expliquer comment son initiative devait aider ces jeunes à sortir des bidonvilles, mais je me trompais. Pourtant, lorsqu’on grandit dans un bidonville, l’urgence n’est-elle pas de trouver un moyen d’en sortir ?

« Sortir des bidonvilles ? Très bien mais pour aller où ? » Benedetta m’explique que dans les bidonvilles la plupart des jeunes abandonnent l’école très tôt, sans aucune qualification. Ils ne connaissent que la misère et pensent qu’ils ne peuvent rien y changer. Ce sentiment les amène parfois à sombrer dans la drogue et la violence. Pour éviter cela, beaucoup voudraient fuir, mais où peuvent-ils aller et seront-ils capables de se construire une nouvelle vie ?

Susciter des vocations

La mission de MTD n’est pas d’aider les jeunes à fuir la pauvreté, mais plutôt à la vaincre. En leur donnant les moyens et la confiance dont ils ont besoin pour oser s’exprimer et réaliser leurs projets, Mukuru leur offre une chance de prendre en main leur avenir et de transformer leur vie et celle de leurs proches.

Pour MTD, l’art, le sport et la mode font partie intégrante de l’apprentissage professionnel, parce que pour réussir il ne suffit pas d’apprendre à « faire », il faut avant tout apprendre à « croire » en soi.

Danse, musique, acrobatie, karaté, yoga, fabrication de bijoux et de chaussures font partie des nombreuses activités proposées par le centre. Régulièrement, des événements sont organisés pour mettre en avant le travail des jeunes et présenter leurs créations.

Grâce au soutien de MTD, des dizaines de jeunes déscolarisés ont pu tirer un revenu de leur activité au centre et plusieurs projettent de créer leur propre entreprise. Grâce à Benedetta et aux autres bénévoles de MTD, ces jeunes ont trouvé le moyen de faire quelque chose qui leur plait tout en participant au développement de leur communauté. Redonner confiance aux jeunes, n’est-ce pas le meilleur moyen de changer les choses en profondeur ?

Pour en savoir plus, visitez le site Internet et la page facebook de Mukuru Talent Development.Et pour aller plus loin sur la question de la lutte contre la pauvreté dans les villes, notamment en Afrique, consultez le site d'ONU Habitat.

Et vous, dites-nous quelle est votre stratégie pour agir contre la pauvreté ?

Add new comment