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25 jeunes artistes d’Asie du Sud présentent leurs visions de l’avenir

Ravi Kumar's picture

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L’art peut-il modifier notre vision de l’avenir ?

C’est tout l’enjeu de l’exposition « Imaginons notre avenir ensemble » montée par la Banque mondiale. En ce froid mardi soir de janvier, dans l’atrium Wolfensohn, au siège de l’institution, on inaugure l’événement en présence des artistes. Ils sont jeunes, tous venus d’Asie du Sud. L’idée de cette exposition était de faire connaître le travail de 25 jeunes créateurs et de montrer leur vision d’une Asie du Sud plus unie et intégrée.

Je suis moi-même originaire de cette région et j’appartiens à la même génération. C’est donc avec un profond intérêt et une grande curiosité que j’ai visité l’exposition. Je voulais aller à la rencontre de ces jeunes talents et de leurs œuvres.

Dans l’atrium, les artistes étaient là pour commenter leur travail. Si toutes les œuvres exposées étaient en tant que telles impressionnantes, l’une m’a particulièrement frappé, par sa taille et par son originalité.

Sur un fond vert richement décoré, l’installation se divisait en quatre parties. Au centre, les « gardiens des quatre points cardinaux », inspirés de l’emblème national indien : le lion au nord, l’éléphant à l’est, le cheval au sud et le taureau à l’ouest.

Alors que je contemplais l’installation, son auteur est venu se présenter : un jeune homme efflanqué, aux cheveux noirs et au regard sombre. Comme son travail, Navin Chahande est unique et pourtant exemplaire.

Âgé aujourd’hui d’une trentaine d’années, il a grandi à Panchpaoli, dans le Nagpur, l’une des plus grandes villes d’Inde. Il me raconte comment, petit, il dessinait pour s’amuser. Il sourit en repensant à sa mère, qui le poussait dans cette voie, parce qu’elle le trouvait doué. Cela m’a surpris, car il est très inhabituel en Asie du Sud que les parents incitent leurs enfants à développer leurs talents artistiques.

Élevé moi-même au Népal et ayant fait un court séjour d’études en Inde, je sais que la plupart des parents rêvent de voir leur enfant devenir médecin ou ingénieur. Il y a dix ans, c’était même une norme culturelle. Mes parents, par exemple, voulaient que je fasse médecine mais j’avais quant à moi d’autres projets en tête — vous voyez d’ailleurs où ils m’ont mené. D’où ma surprise d’apprendre que les penchants artistiques du jeune Navin avaient été encouragés et, surtout, de voir combien il était optimiste quant à sa carrière artistique.

Aujourd’hui, il a son propre atelier et gagne correctement sa vie, en Inde. D’une voix pleine de confiance, il a évoqué ses études aux Beaux-Arts et s’est dit extrêmement fier de faire aujourd’hui partie des lauréats du concours de la Banque mondiale.

J’ai discuté avec quelques autres artistes et tous ont conforté mon propre optimisme pour l’avenir de l’Asie du Sud et de sa jeunesse. Une jeune femme du Sri Lanka et deux artistes du Népal ont évoqué, avec sérénité, leur vision d’un avenir radieux. Ils ont confiance dans leurs capacités à souder leurs sociétés et à les rendre meilleures, pour eux comme pour les générations suivantes. Ces jeunes artistes sont convaincus qu’ils sont mieux placés que les institutions établies ou les gouvernements pour faire changer les choses à leur niveau. Malgré toutes les difficultés que rencontre l’Asie du Sud, certains croient en l’avenir, forts de leur passion et de leurs talents pour faire bouger les choses et ouvrir des perspectives, pour eux et pour les autres.

Qu’en dites-vous ? Cela vous donne des idées ? Racontez-nous ce qui vous pousse à avancer, ces temps-ci…

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