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Catastrophes naturelles : les réponses à vos questions

Saadia Iqbal's picture

Des étudiants de l'école préparatoire royale de Parramatta, en Australie, ont envoyé une série de questions à Youthink! au sujet des catastrophes naturelles et de la réponse de la Banque mondiale face à ces catastrophes. Rina Meutia et Anna C. O'Donnell, expertes du Dispositif mondial de réduction des catastrophes et de relèvement (GFDRR) de la Banque mondiale, ont répondu à ces questions.

Question (Q) : Quelle somme d'argent la Banque mondiale investit-elle chaque année dans la gestion des catastrophes naturelles ?

Réponse (R) : Entre 1984 et 2009, la Banque mondiale a dépensé 52 milliards de dollars dans des projets liés aux catastrophes naturelles, dont 10 milliards ont été spécialement alloués à des prêts d'urgence pour permettre aux pays de faire face après une catastrophe. Il est difficile de vous donner un coût moyen pour une catastrophe, car les montants peuvent varier considérablement d'une année à l'autre, en fonction notamment des différents types de catastrophes qui surviennent et des dommages causés.

Q : Quelle est l'ordre des priorités après une catastrophe ?

R : Dans un premier temps, il faut s'assurer que les populations soient mises à l'abri et prendre soin des blessés. Il faut tout mettre en oeuvre pour que chacun puisse avoir de quoi boire et manger. Le plus souvent ce sont les autorités nationales qui interviennent en premier, ensuite d'autres structures leur viennent en aide, comme les agences qui dépendent des Nations Unies (le PAM, l'UNHCR, l'UNICEF) et des organisations internationales comme la Croix-Rouge et Médecins sans frontières.

La Banque mondiale se charge essentiellement de fournir une assistance aux gouvernements des pays qui sont touchés afin de les aider à financer leur reconstruction. Cette assistance peut se présenter sous forme de soutien financer ou technique. Afin d'identifier les priorités, un Rapport d'évaluation des besoins après désastre (connu sous le sigle anglais PDNA) est conduit, sous la responsabilité du gouvernement et avec l'aide de la Banque mondiale, des Nations Unies et d'autres agences internationales. Le but de ce rapport est de définir une liste des dommages et des pertes qui ont résultés de la catastrophe, ce qui permet d'identifier les besoins d'intervention sur le cours et le moyen terme.

Q : Quelles sont les catastrophes qui coûtent le plus cher ?

R : Toutes les catastrophes majeures coûtent cher, quelque soit leur nature. Le coût de chaque catastrophe dépend principalement de son intensité et de l'emplacement géographique où elle est survenue—qu'il s'agisse par exemple d'une zone rurale ou urbaine–, de la densité de la population, et de la situation économique du pays avant la catastrophe. Les pays en développement sont généralement confrontés à des pertes bien plus importantes que les pays riches. Pourquoi ? Parce que la plupart des gouvernements dans les pays les plus pauvres et dans les pays en développement en général, ont des ressources financières et techniques très limitées, qui ne leur permettent pas de faire face aux impacts d'une catatstrophe.

Les séismes, les tsunamis et les cyclones sont responsables des dégâts les plus directs sur les infrastructures physiques (routes, système de distribution d'eau et d'électricité, réseaux de communication, etc.). Mais les sécheresses et les inondations peuvent infliger des pertes plus importantes à un pays, car elles sont des conséquences durables sur le secteur agricole qui est la source de revenus la plus importante dans beaucoup de pays en développement. Les séismes causent également un impact sur le long terme car ils détruisent des bâtiments indispensables au bon fonctionnement d'une société : les écoles, les hôpitaux, les logements et les routes. C'est pourquoi, même pour un type donné de catastrophes, il est difficile, voire impossible de déterminer un coût moyen.

Q : Quels sont les coûts individuels ? Par exemple, pour l'électricité, l'eau, les routes et les bâtiments, ou pour quoi que ce soit d'autres qui nécessite des financements ?

RLe coût par unité pour réparer une infrastructure–qu'il s'agisse d'électricité, d'eau, de route ou de bâtiments–dépend principalement de la situation du pays, de l'étendue des dégâts et des coûts de la main d'oeuvre et du matériel. Par exemple, le cyclone Sidr qui a frappé le Bangladesh en 2008 a surtout affecté le secteur du logement. Les besoins pour ce secteur étaient estimés à 839 millions de dollars, ce qui était considérable par rapport aux coûts liés au secteur des transports et de la communication (116 millions), à celui de l'agriculture (21,3 millions) ou de la distribution d'eau (2,3 millions), etc.

Pour ce qui est des logements, le coût de réparation ou de reconstruction pour chaque logement est déterminé par des spécialistes qui font le bilan de ce qui a été détruit, puis collaborent avec des experts nationaux pour déterminer quel sera le coût total de la reconstruction.

Souvent, on détermine en fait deux coûts distincts pour chaque projet, en fonction des modalités de reconstruction. Le premier est une estimation du coût pour une reconstruction à l'identique, pour que les bâtiments qui ont été détruits redeviennent "comme avant". Le second indique le coût d'une reconstruction comprenant une amélioration des logements qui ont été détruits, pour les rendre plus résistants à d'éventuelles catastrophes à venir. Améliorer les constructions engage peut-être des coûts plus élevés dans un délai immédiat, mais c'est un investissement très rentable surtout dans les régions où d'autres catastrophes naturelles risquent de se produire. Voici quelques exemples des avantages que représentent les constructions améliorées :

  • modernisation des salles de classe dans les écoles, conçues pour pouvoir servir d'abris aux populations en cas d'urgence,
  • amélioration des systèmes de drainage et de dégagement des routes,
  • renforcement des digues pour éviter des inondations,
  • mettre en place des systèmes d'alarme et des plans d'évacuation pour que les populations puissent se mettre à l'abri le plus vite possible lorsqu'une catastrophe survient.

Q : Y a-t-il d'autres informations que vous voudriez partager avec nous ?

R : Si vous voulez en savoir plus sur ce que nous faisons pour réduire l'impact des catastrophes naturelles, vous pouvez visiter le site www.gfdrr.org (en anglais).

Pour en savoir plus sur la gestion internationales des catastrophes naturelles, voici quelques liens utiles :

À titre d'exemple, la vidéo ci-dessous décrit la stratégie financée et mise en oeuvre par la Banque mondiale et ses partenaires pour aider Haïti à se reconstruire après le séisme du 12 janvier 2010.

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