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Donner plus de pouvoir aux filles pour mettre fin à la pauvreté

Ravi Kumar's picture

Girl Rising. Banque mondialeSokha est cambodgienne et orpheline. Pour survivre, la jeune fille frêle devait faire les poubelles. Puis, par un heureux concours de circonstances, elle a pu entrer à l’école et devenir l'une des meilleures élèves de sa classe. Son histoire et celle de neuf autres personnages sont racontée dans le documentaire Girl Rising (a), un projet conçu pour sensibiliser l’opinion à la situation des filles dans les pays en développement.

Le film a été projeté le 18 avril au siège de la Banque mondiale, à Washington, à l’occasion d’un événement (a) organisé afin de mettre un nouveau coup de projecteur sur le combat en faveur de l’éducation des filles dans le monde. De nombreuses personnalités y ont assisté, dont le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et Justine Greening, ministre du Développement international du Royaume-Uni, mais aussi Holly Gordon, productrice exécutive de Girl Rising, l’actrice Freida Pinto et Shabana Basij-Rasikh, fondatrice de SOLA (a), une organisation qui milite pour l’accès à l’éducation et aux opportunités des femmes afghanes. Cet événement leur a permis d’échanger des réflexions sur la nécessité d'améliorer la condition des femmes, de faire respecter leurs droits et faire en sorte qu'elles participent à tous les processus de décision.

Pour revivre l’événement (en anglais) :

Le documentaire raconte le combat de jeunes filles qui, de l’Inde au Pérou, parviennent à faire des études alors que tout s’y oppose, soit parce que leur famille est trop pauvre soit parce que leur société n’encourage pas l’éducation des femmes.

L’éducation et l’autonomisation féminine sont des thèmes qui me tiennent à cœur. J’ai vécu de près les difficultés que rencontre une femme parce qu’elle n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Ma mère est illettrée. La moindre démarche — ouvrir un compte en banque ou utiliser un téléphone pour m’appeler en cas d’urgence — est un problème.

Juste avant la projection, j’ai discuté avec Shabana Basij-Rasikh. La championne intrépide de l’autonomisation des jeunes Afghanes m’a affirmé, sans l’ombre d’une hésitation, qu’il n’existait pas de cause plus « inclusive » que l’investissement dans l’éducation des filles, parce que cela profite à tout le monde. Sous le régime des talibans, née et élevée à Kaboul, Shabana avait l’habitude de s’habiller en garçon pour accompagner sa sœur aînée dans une école clandestine. Aujourd’hui, elle aide les jeunes afghanes à faire des études. Sa crainte ? Que l’on réduise à une « norme culturelle » le fait d'interdire aux filles d'aller à l'école, qu'on l'accepte sans s'interroger sur le bien-fondé d'une telle pratique.

Regardez l’intervention de Shabana Basij-Rasikh invitée à participer à une conférence TED :

Investir dans l’éducation des femmes est indispensable si l’on veut relever les défis mondiaux, qu’il s’agisse de la pauvreté extrême ou de la mortalité infantile. Une année d’études supplémentaires permettra à une femme de gagner jusqu’à 20 % de plus une fois adulte. C’est avéré. Comme le fait que le relèvement du niveau d’éducation des femmes a permis d’éviter plus de 4 millions de décès d’enfants entre 1970 et 2009.

Pourtant, sur les 62 millions d’enfants non scolarisés dans le monde, 32 millions sont des filles. Nous devons réagir et nous ne manquons pas d’exemples instructifs pour ce faire. Ainsi au Yémen, la mise en place de programmes d’allocations a contribué à accroître la fréquentation scolaire chez les filles. Au Bangladesh, la scolarisation des filles a augmenté de 44 % sous l’effet de l’introduction de cantines scolaires. Des programmes de ce type doivent être lancés partout où c’est possible.

L’éducation des filles profite à tous, pas uniquement aux principales intéressées. Une fille instruite gagnera mieux sa vie et sera mieux armée pour investir plus tard dans le bien-être de ses enfants. Et cet investissement favorisera l’avènement de sociétés plus prospères et plus responsables, plus à même de s’attaquer aux défis de la planète avec une efficacité accrue.

Le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a proposé cinq angles d'action pour faire en sorte que les enfants, partout dans le monde, bénéficient de bons apprentissages et, parmi elles, l’accès des filles à l’éducation figure en première place.

À nous d’agir pour que les filles n’aient plus à se battre, parce qu’elles sont nées filles, pour aller à l’école et pour réussir, comme ont dû le faire les neuf héroïnes du documentaire Girl Rising (a). Shabana Basij-Rasikh l’a rappelé, les bénéfices de l’investissement dans l’éducation des filles « sont tels que le monde ne peut se payer le luxe de s’en priver ».

Note : L'événement était coparrainé par 10X10, la société Intel, Vulcan Productions et le Groupe de la Banque mondiale.